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Environnement - Méditerranée

Des milliers de méduses observées au large du Liban-Nord

La hausse de la population de méduses devient une menace pour l'écosystème méditerranéen.

Des milliers de méduses observées au large du Liban-Nord

Un pompier nageant devant une méduse au large de Tripoli, au Liban-Nord, le 12 juillet 2022. Photo AFP / Ibrahim CHALHOUB

Au large du Liban-Nord, la Méditerranée a quasiment viré au blanc. En cause ? La présence dans ses eaux de milliers de méduses. Si leur propagation n'est pas étonnante pendant la saison estivale, leur nombre "inédit" impressionne, et inquiète, cette année.

Sur une vidéo partagée par notre correspondant dans le Nord Michel Hallak, on peut voir ces animaux visqueux flotter par milliers au large de la région du Qalamoun, ce qui inquiète les baigneurs, qui ont déserté le bord de mer par peur de se faire piquer. Des pécheurs ont, eux, exprimé leur étonnement face à ce nombre de méduses et tenté, sans grand succès, de les éloigner en les attrapant dans leurs filets.

Ce phénomène avait déjà été observé ces derniers jours dans la baie de Jounieh, selon une vidéo ayant circulé sur les réseaux sociaux, ainsi qu'ailleurs en Méditerranée, notamment dans le sud de la France et sur les côtes corses.

Espèce invasive
L'espèce de méduses invasives qui prolifère au large du Liban est la "Rhopilema Nomadica" qui est arrivée en Méditerranée via le Canal de Suez dans les années 70, selon l'AFP. L'expansion de la population de cet animal, qui est due à la hausse de la température de l'eau, devient une menace pour l'écosystème méditerranéen, ont mis en garde des scientifiques. 

Des milliers de méduses au large du Qalamoun, au Liban-Nord. Capture d'écran d'une vidéo envoyée par Michel Hallak

Selon Miled Fakhry, le directeur du Centre national des sciences marines du Liban, le nombre de méduses qui envahissent les eaux libanaises chaque année en été est susceptible de changer car il dépend de la façon dont les méduses se déplacent au gré des courants marins.

M. Fakhry a expliqué à notre publication anglophone L'Orient Today que ce type de méduse, qui n'est pas originaire de Méditerranée, arrive de l'océan Indien et de la mer Rouge par le canal de Suez. Il a ajouté que les méduses resteront dans les eaux libanaises jusqu'à la mi-août ou sa fin. Il a enfin conseillé aux baigneurs de faire attention à l'endroit où ils se baignent, car la méduse est venimeuse, ce qui signifie qu'elle peut piquer les humains lorsqu'elle se défend, mais qu'elle n'entraîne pas de graves problèmes de santé.

Les méduses, apparues il y a 600 millions d'années, font partie des premiers habitants de la planète. Constituées de 95 à 98 % d'eau, dépourvues de cerveau, capables de flotter et nager mais pas de résister aux courants marins, elles font partie du zooplancton. Et "elles sont présentes toute l'année, dans un courant qui fait le tour de la Méditerranée et a tendance à rester au large", a expliqué à l'AFP Fabien Lombard, enseignant-chercheur au centre d'océanographie de Villefranche-sur-Mer, dans le Sud-est de la France. "C'est le flux de sud qui les a ramenées sur les côtes". Au niveau environnemental, leur prolifération serait telle qu'elle provoquerait une "gélification" des océans, selon un rapport de septembre 2019 du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Une affirmation qui divise la communauté scientifique : "On n'a pas de mesures fiables permettant de dire qu'il y en a plus", précise Fabien Lombard. Tout en reconnaissant que si "dans les années 80-90, à Villefranche-sur-Mer, il y avait 5 à 6 années avec des méduses et les 5-6 années suivantes sans, c'est la 25e année non-stop avec des méduses". Pour Lovina Fullgrabe, scientifique de la station de recherche sous-marine et océanographique (Stareso) de Calvi en Corse, "la surpêche, qui élimine leurs prédateurs comme les thons ou les tortues, est une des hypothèses" privilégiées pour expliquer cette plus grande fréquence.


Au large du Liban-Nord, la Méditerranée a quasiment viré au blanc. En cause ? La présence dans ses eaux de milliers de méduses. Si leur propagation n'est pas étonnante pendant la saison estivale, leur nombre "inédit" impressionne, et inquiète, cette année. Sur une vidéo partagée par notre correspondant dans le Nord Michel Hallak, on peut voir ces animaux visqueux flotter par milliers...

commentaires (3)

quelle est la difference entre une meduse et un politique de chez nous ? la meduse quoique venimeuse la méduse n'entraîne pas de graves problèmes de santé, alors que le politique libanais en nombre aussi invasif a entraine le pays a une mort plus ou moins lente.

Gaby SIOUFI

10 h 01, le 13 juillet 2022

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Commentaires (3)

  • quelle est la difference entre une meduse et un politique de chez nous ? la meduse quoique venimeuse la méduse n'entraîne pas de graves problèmes de santé, alors que le politique libanais en nombre aussi invasif a entraine le pays a une mort plus ou moins lente.

    Gaby SIOUFI

    10 h 01, le 13 juillet 2022

  • Ce n'est pas la premiere fois qu'une invasion de meduses est observee au large du Liban Nord.

    Michel Trad

    21 h 43, le 12 juillet 2022

  • Les méduses, qu'elles soient bleues ou blanches, ont toujours existé dans la baie de Jounieh et ce, dès les années 40, et sans doute avant, mais il est vrai en nombre bien moins important que ce que l'on voit sur ces photos impressionnantes ! On les appelle couramment les "lampes de la mer" (kandil bahr) car elles brillent la nuit.

    Honneur et Patrie

    19 h 38, le 12 juillet 2022

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