Dans cette photo datée du 3 mai 2010, l’acteur américain James Caan et son fils Scott Caan – lui-même acteur et jouant un des rôles principaux dans la série policière « Hawaii-5.0 » – arrivant pour la première du film « Mercy » à l’Egyptian Theatre de Hollywood. Chris Delmas/AFP
Il avait incarné l’un des fils Corleone dans le mythique Parrain et un écrivain séquestré dans l’angoissant Misery : l’acteur américain James Caan est mort à 82 ans après une longue carrière où il a joué pour les plus grands réalisateurs. « C’est avec une grande tristesse que nous vous informons du décès de Jimmy le soir du (mercredi) 6 juillet », a déclaré sa famille dans un tweet posté sur le compte Twitter de James Caan jeudi dans la nuit. Son manageur, Matt DelPiano, a aussitôt confirmé la nouvelle.
Dans cette photo datée du 18 mars 1975, l’acteur américain James Caan posant avec son épouse, l’actrice américaine Sheila Ryan-Caan (à droite), et l’actrice franco-américaine Lilyan Chauvin (à gauche) lors de l’avant-première à Paris du film « Funny Lady », réalisé par Herbert Ross. Photo AFP
Né à New York, dans le quartier du Bronx, en 1940 au sein d’une famille de Juifs immigrés d’Allemagne, James Caan avait démarré sa carrière par de petits rôles à Hollywood dans les années 1960, notamment dans Irma la douce de Billy Wilder (1963) ou Les gens de la pluie de Francis Ford Coppola (1969). Trois ans plus tard, le grand réalisateur américain va lui donner l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le premier volet de la trilogie Le Parrain, saga épique sur la mafia italo-américaine qui a marqué l’histoire du cinéma et célébré cette année ses 50 ans. James Caan y incarne Sonny Corleone, le fils aîné de « don » Vito Corleone (incarné par Marlon Brando), et son assassinat brutal sous une pluie de balles à un poste de péage routier est devenu l’un des moments les plus marquants du film. Le rôle lui avait valu une nomination aux Oscars. « Je continue à penser que si j’avais eu la monnaie ce jour-là, j’aurais pu devenir beaucoup plus riche », avait-il plaisanté des années plus tard, en allusion à sa mort au péage routier pendant qu’il attendait sa monnaie. « Si j’avais su qu’ils allaient tourner Le Parrain 2 (dans lequel il a eu un petit rôle pour un flash-back), j’aurais refusé de mourir », avait-il ironisé, jugeant que ce film avait été une « bénédiction » pour lui.
« Jimmy était quelqu’un qui a fait partie de ma vie plus longtemps et plus étroitement que toute autre figure du cinéma que j’ai jamais connue », a réagi le réalisateur américain Francis Ford Coppola, saluant dans une déclaration son « vieil ami » et « l’une des personnes les plus drôles que j’aie jamais connues ». « Jimmy était mon frère de fiction et l’ami d’une vie. C’est dur d’imaginer qu’il n’est plus de ce monde tellement il était plein de vie et d’audace », a déclaré de son côté l’acteur américain Al Pacino, qui jouait le rôle de Michael Corleone, le petit frère de Sonny. L’acteur américain Robert De Niro, qui a également joué dans la saga du Parrain, s’est dit, quant à lui, « très, très triste d’apprendre le décès de Jimmy ».
Dans cette photo datée du 5 décembre 2010, le réalisateur américain Francis Ford Coppola (à gauche) remettant un prix à l’acteur américain James Caan lors d’un hommage à la carrière de ce dernier au Xe Festival international du film de Marrakech, au Maroc. Abdelhak Senna/AFP
Une carrière prolifique
Comme un écho à ce rôle dans Le Parrain, James Caan avait été convoqué une première fois comme témoin en 1985 à un procès de mafieux à New York, parce qu’il avait connu l’un des accusés, membre de la famille Colombo, dans son enfance. Puis il avait témoigné, toujours à New York, en 1992 dans un autre procès, où il s’était présenté comme le meilleur ami d’un membre réputé de la famille mafieuse Bonanno encore sur le banc des accusés.
Après Le Parrain, sa carrière s’était poursuivie avec des rôles dans d’autres films restés des classiques, comme Rollerball (1975), du nom de ce sport violent pratiqué dans une société futuriste, ou Le Solitaire (1981) de Michael Mann. L’un de ses autres grands rôles lui est offert dans Misery (1990), un huis clos éprouvant, adapté du roman de Stephen King. Il y incarne magistralement l’écrivain Paul Sheldon, séquestré dans les montagnes du Colorado par une fan diabolique, jouée par Kathy Bates. « Ses films étaient les meilleurs des meilleurs », lui a rendu hommage dans un tweet l’acteur et scénariste new-yorkais Adam Sandler. « Je l’aimais beaucoup. J’ai toujours voulu être comme lui. Je suis si heureux de l’avoir connu. Je n’ai jamais cessé de rire quand j’étais avec cet homme », a-t-il ajouté.
Acteur prolifique, qui avait joué dans plusieurs dizaines de films sur six décennies, dont The Yards de James Gray (2000), City of Ghosts de Matt Dillon (2002), ou qui avait prêté sa voix dans Tempête de boulettes géantes (2009), James Caan avait été marié quatre fois et avait cinq enfants.
Andrew MARSZAL/AFP
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