Poème d’ici

Malentendu

Poète libanais né à Khiam, Hassan Abdallah puise son inspiration dans les observations les plus anodines de notre quotidien. Auteur d’une soixantaine de livres pour enfants, lauréat du Prix de la création arabe en 2012, il a à son actif plusieurs recueils de poésie dont Je me souviens d’avoir aimé (1978), L’Orme (1981) et Le Berger du brouillard (1999). Son écriture sensible et épurée, réaliste et faussement naïve, n’est pas sans rappeler celle de Jacques Prévert.

Malentendu 

Contemple la beauté de cet oiseau

au-dessus de la mer

voir sa profonde quiétude

et son vol libre

dans ce crépuscule

que j’aimerais…

C’est ça… tu lis dans mes pensées

oui

oui

c’est bien l’oiseau qu’on appelle la mouette

au pluriel les mouettes avec s

Absence

sous une treille deux bancs

de la tranquillité et de l’ombre

et deux personnes qui ne s’assoient

ni se lèvent

une porte

et elles n’entrent

ni ne sortent

un jour et une nuit

et elles ne voient ni le matin

ni le soir

le nouveau mur est debout

les balafres qui défiguraient le lieu ont disparu

le chien boite encore

malgré plusieurs mois passés

depuis

le raid

des avions 

Poèmes extraits de Beyrouth Marseille, Un échange de poésie contemporaire (ouvrage collectif), Dar an-Nahar/ centre international de poésie Marseille, 2002.

Malentendu Contemple la beauté de cet oiseauau-dessus de la mervoir sa profonde quiétudeet son vol libredans ce crépusculeque j’aimerais…C’est ça… tu lis dans mes penséesouiouic’est bien l’oiseau qu’on appelle la mouetteau pluriel les mouettes avec sAbsencesous une treille deux bancsde la tranquillité et de l’ombreet deux personnes qui ne s’assoientni se lèventune...

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