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Inflation et élection au pays de l’Oncle Sam

Inflation et élection au pays de l’Oncle Sam

Les prix de l’essence s’affolent aux États-Unis, comme le montre ce cliché daté du 10 juin et pris à McLean, Virginia. Saul Loeb/AFP

Il n’y a pas si longtemps que ça, l’Amérique était un pays insouciant. Le citoyen américain moyen était optimiste sur sa situation financière et sur son avenir. Il faut dire que les Américains de moins de 60 ans ne connaissaient que la dolce vita avec des prix relativement stables, un chômage globalement faible et un salaire foncièrement élevé. Même la pandémie de Covid-19 n’a pas vraiment atténué ce sentiment de bien-être dans le pays de l’Oncle Sam. Elle a été considérée comme une disruption temporaire et des milliards de dollars ont été déboursés pour affronter cette crise sanitaire. Dans la foulée de l’élection de Joe Biden à la présidence, la situation économique aux États-Unis se détériora subitement et spectaculairement. Pour la toute première fois depuis belle lurette, les Américains se virent confrontés à une inflation galopante avec, pour conséquence, une diminution importante de leur pouvoir d’achat.

Prenons le coût de l’essence comme cas illustratif. L’Américain moyen est très dépendant de sa voiture qui, de surcroît, est souvent gourmande en carburant. Les prix de l’essence grimpent chaque jour et battent de nouveaux records aux États-Unis. Ils avoisinent aujourd’hui les 5 dollars au gallon (un gallon américain est équivalent à 4,55 litres), ce qui représente une hausse astronomique de plus de 60 % en l’espace d’un an. Un sondage Harris réalisé les 20 et 21 avril 2022 reflète le sentiment de désenchantement économique aux États-Unis : 60 % des électeurs considèrent désormais l’économie comme faible et 48 % disent que leur situation financière se détériore. Seuls 35 % des américains approuvent la gestion de l’inflation par le président Joe Biden.

Dans un article du Wall Street Journal du 30 mai 2022 intitulé « Mon plan pour lutter contre l’inflation » (My Plan for Fighting Inflation), le président Joe Biden affirme que son plan économique anti-inflationniste comporte trois volets. Premièrement, il prétend avoir nommé des personnes hautement qualifiées à la Réserve fédérale afin de contrôler l’inflation. Deuxièmement, il promet de prendre des mesures concrètes et pratiques pour rendre les choses plus abordables pour les familles tout en stimulant la production des entreprises américaines. Troisièmement, il s’engage à réduire le déficit fédéral par le biais d’une augmentation des recettes, dont notamment une réforme judicieuse du code des impôts.

Force est cependant de constater que le plan de M. Biden est très vague. Plus pertinemment, le président manque de crédibilité. Le départ chaotique des troupes américaines de l’Afghanistan n’a certainement pas contribué à améliorer son image de leader capable de bien gérer une situation de crise. En outre, il s’est malencontreusement bâti une réputation d’être un gaffeur compulsif. Ses remarques saugrenues sur des sujets graves comme la guerre en Ukraine ont dû être maintes fois rectifiées par son personnel de la Maison-Blanche. Il n’est donc point surprenant qu’il ait donné moins de conférences de presse que ses récents prédécesseurs.

Il y a de grandes chances que Joe Biden se déclare à nouveau candidat à la présidence américaine en 2024. Mais l’enthousiasme de voir l’actuel président briguer un second mandat n’est plus de mise au pays de l’Oncle Sam. Un profond sentiment de malaise se manifeste à l’intérieur même du Parti démocrate auquel il appartient. On murmure tout bas que son âge avancé est un gros handicap.Au vu de la situation économique actuelle, et qui a de fortes chances de persister jusqu’en 2024, une nouvelle candidature de Joe Biden probablement signifierait un raz de marée républicain qui engloberait non seulement la présidence, mais aussi le Sénat et la Chambre des représentants. Si les démocrates veulent éviter une défaite cuisante et humiliante, ils devraient dissuader Joe Biden de se représenter une nouvelle fois à la présidence. En l’occurrence, ils devraient lui dire sans ambages la chose suivante : « Goodbye Mr President and good luck. »


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Il n’y a pas si longtemps que ça, l’Amérique était un pays insouciant. Le citoyen américain moyen était optimiste sur sa situation financière et sur son avenir. Il faut dire que les Américains de moins de 60 ans ne connaissaient que la dolce vita avec des prix relativement stables, un chômage globalement faible et un salaire foncièrement élevé. Même la pandémie de Covid-19 n’a...

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