Le ministre de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad sur le site des installations pétrolières de Tripoli. Photo DR
Il s’agit de la dernière étape avant que la balle ne soit définitivement dans le camp de la Banque mondiale et des États-Unis : le Liban conclura le 21 juin le contrat avec l’Égypte pour l’importation de gaz, a confirmé hier une source au sein du ministère de l’Énergie et de l’Eau, dont le ministre se chargera d’apposer sa signature.
Selon Marc Ayoub, chercheur au Issam Fares Institute for Public Policy and International Affairs de l’AUB, « si cette étape est symbolique, elle reste nécessaire » pour que ce dossier soit ensuite transmis au niveau de la Banque mondiale et des États-Unis. Si la première est chargée d’assurer le financement, le second devra aménager ponctuellement son régime de sanctions imposées par la loi César entrée en vigueur en 2020 et visant tout pays, toute entité ou tout individu collaborant avec le régime du président syrien Bachar el-Assad.
Cette annonce survient quelques jours après les assurances relayées par l’administration américaine aux autorités libanaises. En début de semaine, le ministre de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad s’était réuni avec le médiateur américain Amos Hochstein, en visite au Liban dans le cadre du dossier de la délimitation de la frontière maritime entre le Liban et Israël. Lors de cette réunion, l’émissaire lui aurait fait part de son « enthousiasme pour la mise en œuvre de cet accord dans les meilleurs délais, si possible dans les deux prochains mois », et qu’il serait prêt à « coopérer et aider » aussi bien pour le volet des sanctions que pour celui du financement de la Banque mondiale.
Gazoduc opérationnel
Selon certains termes de cet accord, communiqués fin 2021, les quantités en jeu seraient de « 650 millions de mètres cubes par an », un volume suffisant pour subvenir aux besoins de la centrale de Deir Ammar (Liban-Nord) qui déploie près de 430 mégawatts. Dans ce cadre, le ministre de l’Énergie avait donné, fin décembre 2021, le coup d’envoi des travaux de réparation du gazoduc reliant l’Égypte au Liban pour le rendre opérationnel. Ces travaux, qui portaient sur un tronçon libanais de 30 kilomètres du gazoduc, ont depuis été finalisés par la société égyptienne TGS (Technical Company for Gas Pipeline Operation Services), pour une facture estimée à environ un million de dollars, payée par le pays du Cèdre.
Évoqué pour la première fois au cours de l’été 2021, ce projet s’inscrit dans le cadre d’une initiative soutenue par les États-Unis visant à remédier à la pénurie d’électricité qui frappe le Liban en utilisant du gaz égyptien qui lui sera fourni par gazoduc via la Jordanie et la Syrie. Second volet de cette initiative : l’acheminement de courant électrique en provenance de Jordanie vers le Liban via la Syrie et pour lequel les contrats avec ces pays ont été signés le 26 janvier 2022. Ce projet requiert également un financement de la part de la Banque mondiale et un allègement des sanctions américaines.
Facteurs politiques
Fin janvier 2022, un haut responsable du département d’État américain, qui indiquait à L’Orient-Le Jour que Washington était « très préoccupé » par la crise libanaise de l’énergie, avait précisé que le contrat avec l’Égypte était « finalisé à 98 % », mais que les détails restants sont « importants ». Les prévisions portaient alors sur une concrétisation de ces projets et une amélioration au niveau de l’approvisionnement en courant électrique vers fin mars, le contrat avec l’Égypte étant supposé être signé dans ces délais.
Toutefois, la mise en œuvre de ces deux projets, égyptien et jordanien, a pris du retard, notamment parce que la question du financement devant être assuré par la Banque mondiale n’a toujours pas été réglée. Ce retard, Walid Fayad l’attribue à des facteurs « politiques ». Si le montant exact requis n’a toujours pas été communiqué, le directeur régional de la Banque mondiale avait précisé fin janvier que la demande initiale du gouvernement libanais était de 250 millions de dollars pour les deux projets.
Outre ces deux volets, Amos Hochstein aurait également assuré à Walid Fayad, lors de la réunion du début de semaine, qu’il serait « prêt à intervenir auprès de Bagdad pour prolonger le contrat d’importation de fuel irakien au Liban », celui-ci prenant fin en septembre. À travers cet accord, le Liban importe chaque mois des quantités de fuel irakien incompatible avec ses centrales, mais qu’il échange ensuite avec du carburant conforme fourni par des acteurs sélectionnés via des appels d’offres. La première livraison a eu lieu en septembre dernier. Cet accord est actuellement le seul moyen pour EDL d’importer du carburant pour ses centrales qu’elle fait fonctionner a minima.




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Quelle cruelle ironie: nous avons assez de gaz pour être exportateur net, comme Israël et l’Egypte, alors que les prix sur le marché mondial atteignent des sommets… Elisons des corrompus, vendons nos âmes et regardons le Liban couler en se demandant à qui la faute. Voilà pourquoi il fallait Kellon ya3né Kellon. Pas compris pas bien voté, dommage.
20 h 13, le 18 juin 2022