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Société - Liban

Meurtre d'une pharmacienne à Mrouj : un suspect passe aux aveux

Un deuxième suspect, dont l'ADN a été retrouvé sur le corps de la victime, toujours en cavale ; des riverains pas convaincus par la version de la police.

Meurtre d'une pharmacienne à Mrouj : un suspect passe aux aveux

La pharmacie Mrouj dans le Metn, dont la propriétaire a été assassinée le 19 avril 2022. Photo Layal Dagher

Près de deux mois après le meurtre d'une pharmacienne dans son officine dans le village metniote de Mrouj, un suspect arrêté en avril et souffrant d'un handicap mental, est passé aux aveux, selon une version officielle de la police qui ne semble pas convaincre des riverains contactés par L'Orient-Le Jour. Un deuxième homme dont l'ADN a été retrouvé sur le corps de Leila Rizk, qui était âgée de 57 ans, est, lui, toujours en cavale. La pharmacienne avait été retrouvée tuée dans les toilettes de son officine le 18 avril dernier, le visage recouvert de sang. Le flou entourait jusque-là l'enquête, les autorités n'ayant plus communiqué depuis des semaines sur ce drame qui avait ému le Liban.

Deux suspects
Dans un communiqué publié mercredi, les Forces de sécurité intérieure (FSI) précisent que la victime a été tuée "entre 15h19 et 16h", rappelant que le médecin légiste a fait état de "coups sur le crâne" et indiqué qu'elle avait été "étranglée à mort". Après avoir interrogé plusieurs témoins, la police a identifié un "suspect principal" dans le cadre de ce meurtre, A.B., un Syrien de 19 ans, qui a un casier judiciaire pour des affaires de vol. Ce dernier "a quitté le Liban clandestinement après avoir commis le meurtre", précise le texte, sans dire si le suspect se trouve actuellement en Syrie. Après avoir perquisitionné son domicile, les agents ont prélevé des traces d'ADN sur ses affaires personnelles qui se sont avérées compatibles avec celles retrouvées sur le corps de la pharmacienne. Un mandat de recherche à son encontre a été émis.

Pour mémoire

Mrouj sous le choc au lendemain du meurtre d'une pharmacienne dans son officine

Un autre Syrien de 24 ans, M.B., qui "aurait vraisemblablement pris part au crime", avait ensuite été identifié par la police, qui note que cet homme souffre d'un "retard mental". Selon la version officielle des faits, ce suspect "se rendait parfois à l'officine de la victime et ne quittait les lieux qu'une fois que la pharmacienne avait contacté une tierce personne pour le sortir". Cet homme a été arrêté le 28 avril et a "avoué, dans le cadre de l'investigation, avoir commis le crime en étranglant la victime", affirme la police. Elle n'évoque pas toutefois les coups portés au visage de la pharmacienne. Un psychiatre a examiné ce suspect et a confirmé qu'il souffre d'un handicap mental, qu'il est "capable de comportements impulsifs et qu'il ne peut inventer des histoires".

Doutes sur la crédibilité de l'enquête
Cette version des faits, qui n'a émergé que plus d'un mois et demi après le crime, laisse perplexes des habitants de Mrouj. "Ce Syrien (M.B., ndlr), qui habite à Boulogne, une localité avoisinante de Mrouj, se promène souvent ici. Une carte sur laquelle figure son nom et un numéro de téléphone au cas où il se perdrait était accrochée à son cou", confie un riverain à L'Orient-Le Jour. "J'ai vu ce Syrien se rendre plusieurs fois chez Leila mais aucun incident n'a jamais eu lieu. La victime n'a jamais demandé à le faire sortir", insiste-t-il, contredisant ainsi la version de la police. Le villageois se demande par ailleurs comment cet homme "maigre et petit de taille, aurait eu assez de force pour étrangler la victime".

Même le président du Conseil municipal de Mrouj, Semaan Kharrat, ne semble pas convaincu par la version des faits avancée par la police. "A quel point les aveux d'un suspect souffrant d'un handicap mental peuvent-ils être crédibles ?", s'interroge-t-il. Il observe également que l'homme arrêté habitait Boulogne depuis des années, sans avoir jamais causé de problèmes à Mrouj.

Contacté par L'Orient-Le Jour, le président de l'Ordre des pharmaciens, Joe Salloum, n'était pas joignable dans l'immédiat. 

Ce crime avait fait réagir le Liban officiel, le chef de l'État Michel Aoun ayant appelé à ce que les auteurs du drame soient "sévèrement sanctionnés". Le ministre sortant de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, avait pour sa part promis de dévoiler la vérité, alors que le député du Metn Samy Gemayel (Kataëb) avait plaidé pour un renforcement de la sécurité.

Près de deux mois après le meurtre d'une pharmacienne dans son officine dans le village metniote de Mrouj, un suspect arrêté en avril et souffrant d'un handicap mental, est passé aux aveux, selon une version officielle de la police qui ne semble pas convaincre des riverains contactés par L'Orient-Le Jour. Un deuxième homme dont l'ADN a été retrouvé sur le corps de Leila Rizk, qui était...
commentaires (2)

En Tunisie, le président Kaïs Saïed s’en prend de nouveau au système judiciaire en limogeant 57 juges. Et au Liban ?????

Michel Trad

21 h 03, le 08 juin 2022

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Commentaires (2)

  • En Tunisie, le président Kaïs Saïed s’en prend de nouveau au système judiciaire en limogeant 57 juges. Et au Liban ?????

    Michel Trad

    21 h 03, le 08 juin 2022

  • Meme pour les meutrrs crapuleux, on ne trouve a se mettre sous la dent que le demeure mental du coin. Pour les meurtres politiques, par contre, jamais meme le debut d'indice ou de piste. Le fruit est pourri jusqu'a la moele securitaire et judiciaire. Rien ne se fera avant le nettoyage des ecuries d'augias des juges vereux aux ordres des politichiens corrompus. Kellon ya3ne kellon.

    Michel Trad

    17 h 14, le 08 juin 2022

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