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Société - Drame

Naufrage de Tripoli : comment récupérer les victimes restées prisonnières des eaux ?

Une source militaire indique à L'OLJ que la plupart des militaires impliqués dans l'opération ont été entendus dans le cadre de l'enquête. 

Naufrage de Tripoli : comment récupérer les victimes restées prisonnières des eaux ?

Une embarcation de la marine militaire recherchant des victimes du naufrage d\'un bateau au large de Tripoli, le 28 avril 2022. Photo Twitter/ @Lebarmy

Un mois après la catastrophe survenue au large de Qalamoun, au Liban-Nord, les corps d’une trentaine de personnes demeurent sous l’eau, à environ 400 mètres de profondeur. « Nous n’avons pas les moyens techniques, ni humains, pour pouvoir extraire ces individus », affirme une source militaire à L’Orient-Le Jour. Le 23 avril au soir, une embarcation de fortune avec à son bord près de 84 passagers, dont de nombreux Libanais, est interceptée par l'armée à environ 5,5 kilomètres des côtes libanaises. Les passagers, qui veulent fuir la misère au Liban, ont pour but de rejoindre clandestinement l'Europe. L’opération vire toutefois rapidement au drame en raison de la surcharge du bateau selon l’armée, tandis que de nombreux rescapés accusent les militaires d’avoir brutalement tenté de les arrêter jusqu’à entrer en collision avec eux. Quarante-cinq personnes ont pu être secourues tandis que sept victimes ont été repêchées. Les autres passagers, majoritairement des femmes et des enfants, sont restés coincés dans la cabine du bateau qui a coulé. Leur extraction requiert un engin sous-marin permettant de remonter l’épave jusqu’à la surface. « Nous avons demandé une aide auprès de la France, des États-Unis et de la Grande-Bretagne et sommes en attente de réponses », poursuit la source militaire selon laquelle le périmètre où se trouve l’embarcation a été délimité.

Colère des familles
« C’est au Premier Ministre Nagib Mikati de faire une demande officielle d’entraide, mais il ne fait rien ! Je lui demande d’imaginer que c’est son fils qui est sous l’eau actuellement », s'insurge Bilal Dandachi dont l’épouse et les deux enfants n’ont toujours pas été retrouvés. Ses deux frères, Raed et Mohammed, n’ont eux aussi toujours pas récupéré les corps de la quasi-totalité de leur famille. 

Pour mémoire

Dans Tripoli en deuil et en crise, un Fitr bien triste

Au lendemain de l’incident, la colère a éclaté à Tripoli notamment dans les quartiers de Kobbé et Tebbané dont sont originaires la majorité des naufragés. Plusieurs protestataires ont pointé du doigt l'inaction de la classe au pouvoir qu’ils jugent responsable du départ de ces migrants, poussés à l'exil par la crise sans précédent que traverse le pays du Cèdre. Le 13 mai dernier, des familles de victimes ont observé un sit-in devant le Sérail de Tripoli et la maison du Premier Ministre, le milliardaire Nagib Mikati, originaire de cette ville considérée comme la plus pauvre du Liban, pour réclamer l’extraction des corps.

Mais cette fois, la famille Dandachi indique à l’OLJ qu’aucune manifestation n’est prévue pour marquer le premier mois depuis le naufrage. « Nous avons été rassurés par le général Achraf Rifi qui nous a garanti qu’il travaillait sur une solution pour remonter le bateau », affirme Bilal Dandachi.

Initiatives parallèles
L’information a été confirmée à L’Orient-Le Jour par le principal intéressé. « Je suis actuellement en contact avec une compagnie indienne qui dispose d’un sous-marin spécialisé dans de telles opérations et nous sommes sur le point de signer le contrat », indique le député fraîchement élu à Tripoli. Il précise que l'opération serait financée par des expatriés libanais en Australie avec qui il est en contact. L’ancien chef des Forces de sécurité intérieure assure mener cette action parallèlement à celle de l’armée, qui est informée de ses démarches mais privilégie la collaboration avec ses homologues étrangères. « J’essaie d’assurer une alternative au cas où l’armée ne parvient pas à trouver l’aide nécessaire. Mais le rôle de celle-ci sera déterminant car il faudra assurer une barge militaire afin de transporter le bateau, ou ce qu'il en reste, vers la terre ferme », ajoute-t-il, sans toutefois être en mesure de donner une date pour le début de l’opération. « Nous suivons l’affaire de façon méticuleuse, il est important pour nous de sortir ce bateau et de retirer ces corps encore coincés pour les rendre à leurs familles », affirme de son côté l’armée libanaise à l’OLJ.

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Si l’enquête pour déterminer les causes de l’accident, confiée à la justice militaire par le gouvernement le 26 avril dernier, est toujours en cours, la famille Dandachi indique ne pas avoir encore été appelée à témoigner. « L'enquête a été ralentie par la tenue des élections législatives, mais nous avions déjà entendu tous les militaires impliqués dans l’opération et nous allons passer aux témoins civils à présent », précise la source militaire précitée. « Comme l’a déjà assuré le commandant en chef de l’armée, nous ne couvrirons aucun des nôtres si jamais leur responsabilité est avérée, mais d’abord il faut aller jusqu’au bout de l'investigation », conclut-elle. 


Un mois après la catastrophe survenue au large de Qalamoun, au Liban-Nord, les corps d’une trentaine de personnes demeurent sous l’eau, à environ 400 mètres de profondeur. « Nous n’avons pas les moyens techniques, ni humains, pour pouvoir extraire ces individus », affirme une source militaire à L’Orient-Le Jour. Le 23 avril au soir, une embarcation de fortune avec à son bord près...

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Investigations??hahahahaha...des poissons d Avril.

Marie Claude

08 h 37, le 25 mai 2022

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Commentaires (1)

  • Investigations??hahahahaha...des poissons d Avril.

    Marie Claude

    08 h 37, le 25 mai 2022

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