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Politique - Parlement

La motion de censure contre Bou Habib au centre d’un bras de fer électoral

Faute de quorum, la Chambre ne parvient pas à se réunir pour examiner la demande FL de retirer la confiance au chef de la diplomatie, proche du CPL.

La motion de censure contre Bou Habib au centre d’un bras de fer électoral

De gauche à droite : Georges Adwan, Alain Aoun, Abdallah Bou Habib et Georges Atallah, hier, au palais de l’Unesco. Photo Hassan Ibrahim

À un peu plus de deux semaines des législatives, les guéguerres électorales battent leur plein. Elles ont même été transposées au Parlement. C’est dans ce cadre que s’inscrit la séance plénière qui devait se tenir hier au palais de l’Unesco pour examiner la motion de censure déposée jeudi dernier par le groupe parlementaire des Forces libanaises en vue de retirer la confiance au ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, chargé d’organiser le vote des expatriés les 6 et 8 mai. Finalement, la séance n’a pas eu lieu faute de quorum, car seuls 53 députés sur 128 s’étaient présentés alors que la majorité absolue (64 députés) est requise. La réunion, vouée d’avance à l’échec car personne ne serait disposé à jouer une carte qui mettrait en péril la tenue du scrutin, a été boycottée par le courant du Futur, dont les rapports sont rompus avec la formation de Samir Geagea. En outre, peu de députés relevant du Hezbollah et du Parti socialiste progressiste étaient présents, indique une source parlementaire.

Les FL accusent le palais Bustros d’avoir intentionnellement « compliqué » le vote des émigrés libanais en amont des législatives prévues à l’étranger les 6 et 8 mai. La problématique de la répartition des électeurs de l’étranger avait été soulevée récemment par des Libanais installés en Australie. Ceux-ci avaient dénoncé le fait que des bureaux de vote distants parfois de plusieurs heures de route avaient été assignés aux différents membres de certaines familles, ce qui pourrait rendre leur accès difficile, voire impossible. La diplomatie libanaise avait toutefois rejeté ces critiques, affirmant que les électeurs avaient été répartis géographiquement selon les codes postaux australiens, tels qu’ils apparaissaient sur les formulaires d’inscription.

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Dans la forme, Nabih Berry a rempli ses obligations en tant que chef du législatif en convoquant le Parlement cinq jours après le dépôt de la motion, comme le stipule l’article 37 de la Constitution. Mais dans le fond, la démarche de M. Berry est porteuse d’un message dans deux directions. « Il y a deux partis qui font du tort au pays, mais par des moyens différents », commente un proche de Aïn el-Tiné qui a gardé l’anonymat, dans une allusion aux Forces libanaises et au Courant patriotique libre. « Quel est le but d’une motion de censure à l’encontre d’un ministre qui expédiera les affaires courantes dans deux semaines ? » s’interroge-t-il. Comprendre : le président de la Chambre est hostile à la démarche des FL, même si elle vise principalement le duo Baabda-CPL, sous le feu duquel se trouve M. Berry depuis un moment. Mercredi, le chef de l’État était revenu à la charge contre le chef du mouvement Amal. « Certains manipulent les affaires financières et le taux de change de la livre, ce qui impacte négativement les citoyens, alors que des rapports de spécialistes locaux et internationaux signalent l’existence de parties qui cherchent à aggraver la situation. Certaines de ces parties sont au pouvoir, et c’est ce dont nous souffrons », avait-il lancé.

Aïn el-Tiné ne se sent pas concerné par ces propos. « Nous n’allons pas réagir, parce que nous n’allons pas régler des comptes avec un président dont le mandat expire dans quelques mois », se contente de dire un proche de M. Berry.

Gebran Bassil «  véritable ministre des AE »
S’exprimant à la sortie du palais de l’Unesco, Abdallah Bou Habib a expliqué que « la diplomatie libanaise a suivi un mécanisme clair concernant le vote des Libanais à l’étranger conformément au code postal ou à l’adresse des électeurs ». « L’inscription d’informations correctes relève de la responsabilité de l’électeur. Le ministère ne peut pas modifier les bureaux de vote et ne peut répondre à la volonté de toutes les parties », s’est-il défendu, en allusion aux FL.

« Notre démarche ne vise pas la personne du chef de la diplomatie. Il s’agit d’une façon de le pousser à rectifier le tir. Nous voulons donc protéger le vote des Libanais de l’étranger », répond de son côté Georges Okaïs, député FL de Zahlé. Au-delà de ces propos qui traduisent ce que les FL perçoivent comme une position de principe, il reste que la motion de censure semble cibler directement leur rival chrétien Gebran Bassil et sa formation dont M. Bou Habib est proche. « C’est une pure coïncidence. Si un ministre relevant d’un autre camp avait commis ces erreurs, nous aurions réagi de la même manière », se défend M. Okaïs.

Le CPL semble de son côté avoir bien reçu le message. « Nous nous sommes rendus à l’Unesco parce que cela est notre devoir. Mais je crois qu’il s’agit d’une manœuvre électorale », estime Alain Aoun, député CPL de Baabda, contacté par L’Orient-Le Jour. Gebran Bassil a pour sa part pris la défense de M. Bou Habib. S’exprimant peu après la levée de la séance parlementaire, il a dénoncé « un recours politisé » contre le ministre. « La loi électorale a été modifiée de sorte que la distribution des centres de vote à l’étranger s’effectue par le ministère de l’Intérieur en coordination avec les AE. Pourquoi retirer la confiance au ministre des AE, alors que la décision a été prise par celui de l’Intérieur ? » s’est-il interrogé. Et de poursuivre : « Ils (les FL) veulent faire porter au CPL la responsabilité de ce qui s’est passé, alors qu’une machine partisane a mal inscrit les électeurs. » La réaction des Forces libanaises a aussitôt fusé. « Gebran Bassil est le véritable ministre des Affaires étrangères. C’est un membre actif du système au pouvoir qui a amené le Liban à ce stade », a fustigé le député Georges Adwan, vice-président du parti. Répondant aux critiques, Abdallah Bou Habib a affirmé qu’il était à la hauteur des responsabilités de sa fonction. « Personne ne me dit quoi faire », a-t-il répliqué.

À un peu plus de deux semaines des législatives, les guéguerres électorales battent leur plein. Elles ont même été transposées au Parlement. C’est dans ce cadre que s’inscrit la séance plénière qui devait se tenir hier au palais de l’Unesco pour examiner la motion de censure déposée jeudi dernier par le groupe parlementaire des Forces libanaises en vue de retirer la confiance au ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, chargé d’organiser le vote des expatriés les 6 et 8 mai. Finalement, la séance n’a pas eu lieu faute de quorum, car seuls 53 députés sur 128 s’étaient présentés alors que la majorité absolue (64 députés) est requise. La réunion, vouée d’avance à l’échec car personne ne serait disposé à jouer une carte qui mettrait en péril la tenue du scrutin, a été boycottée...
commentaires (4)

Les plaintes de quelques freluquets en Australie contre le Ministère des AE ne sont vraiment pas sérieuses . Le Ministère a rempli avec un professionalisme rigoureux toutes ses obligations . Dans cette Australie que je connais bien pour y avoir travaillé longtemps , il y a des hystériques qui mettent la pagaille et la zizanie intentionnellement partout où lÀmbassade ou le Consulat bougent ! Il ne faut JAMA)S les prendre au sérieux .

Chucri Abboud

03 h 47, le 30 avril 2022

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Commentaires (4)

  • Les plaintes de quelques freluquets en Australie contre le Ministère des AE ne sont vraiment pas sérieuses . Le Ministère a rempli avec un professionalisme rigoureux toutes ses obligations . Dans cette Australie que je connais bien pour y avoir travaillé longtemps , il y a des hystériques qui mettent la pagaille et la zizanie intentionnellement partout où lÀmbassade ou le Consulat bougent ! Il ne faut JAMA)S les prendre au sérieux .

    Chucri Abboud

    03 h 47, le 30 avril 2022

  • comment en finir de ces fonctionnaires qui doivent fidelite aux diverses crapules qui les ont places ? facile, on applique l'usage americain :ceux nommes a des postes un tant soit peu delicats : exit ces gens des la fin du mandat de leurs patrons. NB. IMPOSSIBLE a appliquer vu que les mandats de ces crapules/patrons sont generalement quasi eternels !

    Gaby SIOUFI

    10 h 33, le 29 avril 2022

  • peux-t-on savoir le nombre exacte de familles libanaises dont les membres doivent se rendre a des centre de vote distants de plusieurs heures??? a aucun moment ce chiffre n'est evoque: une famille, deux familles , 10 familles?? sur Twitter il n 'est fait mention que d'une seule famille...

    Ventre-saint-gris

    09 h 36, le 29 avril 2022

  • SALATA ET BLA BLA BLA SIGNE - FL -EN MAJUSCULE...

    aliosha

    08 h 31, le 29 avril 2022

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