Rechercher
Rechercher

Agenda - Hommage Au Pr Roy Nasnas

Roy, notre As de Cœur

Du carabin au chérubin, quelle chance ont tous ceux que tu as rejoints au Paradis. Ils t’ont désormais parmi eux. Tu leur as, comme à nous, tout donné ; ils te le rendront au centuple.

Mais tu nous laisses la frustration, le désarroi, la consternation… et le souvenir. De la pellicule de souvenirs, c’est le talent et la modestie qui émergent.

Je me souviens ainsi de tes passages nocturnes au laboratoire, te croisant vers 23h, moi préparant les audits de certification, toi face à des automates que tu avais appris à manipuler pour en extraire les résultats de tes malades du jour, les retranscrivant de ta petite écriture sur tes fiches en veillant à ne pas déranger le personnel de garde que tu connaissais un à un ainsi que leurs familles.

Ton dévouement pour tes malades forçait le respect de tous ; depuis le portier du parking qui se réveillait volontiers à 1h du matin pour t’ouvrir la barrière et puis te voir revenir le lendemain vers 6h pour une journée pleine de défis...

Tu n’as jamais laissé passer un jour sans voir et revoir tes patients (ce qui est chose rare), même à des heures saugrenues ; des malades qui t’attendaient ou que tu réveillais pour leur expliquer en des mots simples les parcours compliqués de leur pathologie.

Tu as accompagné et continué de traiter, avec quel courage, tes malades qui te sollicitaient à partir de ton lit d’hôpital, alors que tu étais en réanimation ou à ta sortie du bloc opératoire, sous morphine, incapable de bouger. Ni le mal pernicieux ni la double explosion du 4 août ne t’aura démonté.

Heureusement pour le Liban, tu as eu le temps de former des générations d’étudiants et de médecins ; tes résidents en infectiologie ont eu la chance d’avoir un patron exemplaire qui leur a montré, dans sa pratique au quotidien, ce que la médecine représente de passionnant en tant que science au service de l’humain.

Ta famille a su être un pilier pour ton épanouissement. Graziella, qui a compris très tôt cette passion, a su porter admirablement les servitudes de ta vocation ; des enfants résilients, Stéphanie que tu réveillais la nuit pour réviser ensemble les maths, Patrice et Cédric qui reprennent le flambeau, tous fiers de leur père.

Brillant, intelligent, curieux, passionné, drôle, généreux, charitable, ingénieux, docte professeur en médecine interne et en infectiologie, unique. Tu as traité avec amour tant de malades et pris courageusement tellement de décisions que ta renommée et ta popularité ont vite dépassé le carré des patients et les murs des hôpitaux.

Il m’est arrivé de te dire, en voyant parfois ton regard triste à l’occasion du décès de l’un ou l’autre de tes malades, toi le croyant, que Dieu en a voulu ainsi pour cette fois-ci, face à des milliers de fois où il t’a laissé la chance de guérir et de sauver ; tu souriais...

Ta passion pour les voitures, la seule que je te connaisse à part celle de ta famille et de tes patients, traduisait bien ton sens de l’urgence. La vitesse n’était pas une griserie, mais un rythme de vie. Il fallait faire bien et vite. La médecine à plus de 100 à l’heure sans accrocs ni dérapages feront de toi l’As de Cœur d’une équipe et d’une génération confrontées à tant de vicissitudes. À ce rythme, les années ont filé à fond de train. Tu les as dévorées, elles t’étaient donc comptées.

Roy, tu n’es pas parti, tu t’es juste envolé.

Médecin biologiste

Directrice des laboratoires d’analyses médicales de l’Hôtel-Dieu de France

Du carabin au chérubin, quelle chance ont tous ceux que tu as rejoints au Paradis. Ils t’ont désormais parmi eux. Tu leur as, comme à nous, tout donné ; ils te le rendront au centuple.Mais tu nous laisses la frustration, le désarroi, la consternation… et le souvenir. De la pellicule de souvenirs, c’est le talent et la modestie qui émergent.Je me souviens ainsi de tes passages nocturnes au laboratoire, te croisant vers 23h, moi préparant les audits de certification, toi face à des automates que tu avais appris à manipuler pour en extraire les résultats de tes malades du jour, les retranscrivant de ta petite écriture sur tes fiches en veillant à ne pas déranger le personnel de garde que tu connaissais un à un ainsi que leurs familles.Ton dévouement pour tes malades forçait le respect de tous ; depuis le portier du...