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Dernières Infos - Guerre Russie - Ukraine

La Russie frappe après le naufrage du Moskva, Kiev s'attend au pire


La Russie frappe après le naufrage du Moskva, Kiev s'attend au pire

Le croiseur russe Moskva, en mai 2013 dans le port de Sébastopol. REUTERS/Stringer/File Photo

La Russie a promis vendredi d'intensifier ses frappes contre Kiev en réponse à des attaques "terroristes" dont elle accuse l'Ukraine, et visé le fabricant des missiles avec lesquels les Ukrainiens disent avoir coulé la veille le vaisseau amiral de la flotte russe de la mer Noire.

Ce navire lance-missile de 186 mètres de long, le Moskva, a bien été touché par deux missiles ukrainiens, a déclaré le Pentagone.

Une responsable militaire ukrainienne a en outre affirmé que, contrairement aux propos tenus par la Russie, son équipage - environ 500 hommes selon les données disponibles - n'avait pas pu être sauvé. "Une tempête a empêché de sauver le navire et d'évacuer l'équipage", a raconté Natalia Goumeniouk, la porte-parole du commandement militaire du sud de l'Ukraine. La Russie, selon laquelle ce bâtiment a été "gravement endommagé" par un incendie et a coulé pendant son remorquage, a maintenu que l'équipage avait été évacué.

"Nous sommes parfaitement conscients qu'on ne nous pardonnera pas" la destruction du Moskva et donc ce coup porté aux "ambitions impériales" de Moscou, a ajouté Natalia Goumeniouk. "Nous sommes conscients que les attaques contre nous vont s'intensifier, que l'ennemi va se venger, qu'il y aura des attaques de missiles et des bombardements d'artillerie", a-t-elle poursuivi, signalant des frappes dans le sud, en particulier de la ville de Mykolaïv, proche d'Odessa.

La perte du Moskva est importante car il "assurait la couverture aérienne des autres vaisseaux pendant leurs opérations, notamment le bombardement de la côte et les manoeuvres de débarquement", a à ce sujet expliqué le porte-parole de l'administration militaire régionale d'Odessa Sergueï Bratchouk.

La peur d'une attaque nucléaire

Dans ce contexte, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé vendredi que "le monde entier" devait être "inquiet" du risque que son homologue russe Vladimir Poutine, acculé par ses revers militaires en Ukraine, ait recours à une arme nucléaire tactique. Il faisait écho aux déclarations en ce sens du patron du renseignement extérieur américain, William Burns, qui avait estimé la veille qu'il ne fallait pas "prendre à la légère" une telle menace.

La Russie avait donné le ton vendredi matin. "Le nombre et l'ampleur des frappes de missiles sur des sites de Kiev vont augmenter en réplique à toutes les attaques de type terroriste et aux sabotages effectués en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev", avait averti le ministère russe de la Défense.

Dans la nuit, c'est une usine d'armement de la région de Kiev qui a été atteinte par une frappe russe, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP sur place. L'usine Vizar fabrique les missiles antinavires Neptune, avec lesquels les Ukrainiens disent avoir tiré sur le Moskva. Un de ses ateliers et un immeuble administratif la jouxtant, situés dans la localité de Vychnevé, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale ukrainienne, ont été gravement endommagés, a vu l'AFP. Une cinquantaine de véhicules garés sur le parking à proximité ont eu leurs vitres soufflées.

Les Russes ont procédé à trois frappes ce vendredi sur la région de Kiev, a noté son gouverneur, Alexandre Pavliouk, sans préciser si cela incluait celle sur l'usine de Vychnevé.

Des cars visés

La Russie a affirmé jusqu'à présent que le croiseur Moskva avait été la proie mercredi, la veille de son naufrage, d'un incendie et d'explosions de ses propres munitions. Elle a par ailleurs annoncé jeudi que l'Ukraine avait bombardé des villages russes frontaliers, en particulier avec des hélicoptères de combat. Kiev l'a démenti et accusé en retour les services secrets russes de mener des "attaques terroristes" de l'autre côté de la frontière.

Le parquet général ukrainien a par ailleurs relevé que 10 personnes avaient été tuées et 35 autres blessées jeudi dans des tirs russes sur des cars évacuant des habitants de la région de Kharkiv, dans le nord-est.

A Boutcha, une localité proche de Kiev devenue le symbole des atrocités imputées aux forces russes, 95% des personnes retrouvées mortes ont été tuées par balle, a dénoncé vendredi le chef de la police de la région de la capitale Andriï Nebitov. "Pendant l'occupation (russe), les gens étaient abattus dans les rues (...) Au XXIe siècle, il est impossible de cacher de tels crimes". Des gendarmes français sont sur place pour travailler aux côtés d'enquêteurs ukrainiens à une procédure d'examen et d'identification des corps. Selon le maire de Boutcha, Anatoli Fedorouk, plus de 400 cadavres au total y ont été découverts depuis le retrait des troupes russes.

Frappes dans le Donbass

Dans la plus grande région du Donbass, celle de Donetsk, où "des combats se déroulent sur toute la ligne de front", trois personnes ont été tuées et sept blessées, a déclaré la présidence ukrainienne. L'autre région de ce bassin minier, celle de Lougansk, a quant à elle été le théâtre de 24 bombardements qui ont fait deux morts et deux blessés, selon la même source.

La Russie, dont l'offensive massive annoncée dans le Donbass n'a toujours pas commencé, peine toutefois à prendre le contrôle complet de Marioupol. C'est dans cette ville portuaire stratégique du sud-est que pourrait être enregistré dans l'immédiat le plus lourd bilan humain de la guerre. Les autorités ukrainiennes ont parlé de quelque 20.000 morts. Cette cité martyre, où l'AFP a pu se rendre à l'occasion d'un voyage de presse organisé cette semaine par l'armée russe, a subi un déluge de feu, qui a ravagé les infrastructures et les habitations du demi-million de personnes qui y vivaient lorsque Vladimir Poutine a déclenché son offensive contre l'Ukraine le 24 février.

Galina Vassilieva, 78 ans, y montrait du doigt un immeuble de neuf étages totalement incendié. "Les gens sont calcinés à l'intérieur", raconte cette retraitée en faisant la queue devant un camion de séparatistes prorusses distribuant de l'aide humanitaire.

Aujourd'hui, après plus de quarante jours, les combats sont limités à la vaste zone industrielle proche du bord de mer, les forces russes et les rebelles de Donetsk ayant peu à peu resserré leur étau.

Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) David Beasley a demandé vendredi un accès aux zones de conflit et villes assiégées où certains "meurent de faim", à l'issue d'une visite en Ukraine. Plus de cinq millions de personnes ont fui ce pays depuis le 24 février, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

"La guerre est partout", a déploré vendredi dans un entretien avec la Rai, la radiotélévision publique italienne, le pape François, qui avait demandé en vain une trêve pascale en Ukraine.


La Russie a promis vendredi d'intensifier ses frappes contre Kiev en réponse à des attaques "terroristes" dont elle accuse l'Ukraine, et visé le fabricant des missiles avec lesquels les Ukrainiens disent avoir coulé la veille le vaisseau amiral de la flotte russe de la mer Noire.Ce navire lance-missile de 186 mètres de long, le Moskva, a bien été touché par deux missiles ukrainiens, a...