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À l’AUB, un programme prône l’égalité des chances en éducation

Alors qu’une éducation de qualité est devenue un luxe au Liban, le projet Stream into College, initié à l’AUB, prodigue aux lycéens et étudiants défavorisés des ressources académiques, professionnelles, sociales et financières.

À l’AUB, un programme prône l’égalité des chances en éducation

En octobre 2021, les élèves du secondaire et ceux participant au programme Stream into College ont présenté leurs travaux de recherche et reçu le certificat de fin de formation lors de la conférence de clôture de ce cycle. Photo l’équipe Amalouna

Le projet Stream into College a été lancé en 2021 par l’AUB en collaboration avec Amalouna, organisation éducative à but non lucratif affiliée à l’AUB, et Princeton Review, société de services éducatifs, de tutorat et de préparation aux tests d’admission aux universités basée à New York. Financé par le programme de bourses Hopes-Liban initié par l’Union européenne dans le cadre du fonds régional Madad, il vise à améliorer les perspectives d’enseignement supérieur et continu pour les jeunes Syriens et Libanais en situation de vulnérabilité. Se composant de 3 cycles de 4 mois chacun, ce programme est actuellement à son 2e cycle. Dans chaque promotion, sont recrutés 30 jeunes, libanais et syriens, dont 20 lycéens en provenance d’écoles secondaires publiques et 10 étudiants choisis parmi le groupe bénéficiant d’une aide financière à l’AUB. En décembre prochain, le programme aura ainsi accueilli 90 étudiants au total. Après avoir lancé en 2016 le programme « Students as Researchers Initiative » (Initiative des étudiants en tant que chercheurs), qui immerge les élèves du secondaire dans l’expérience pratique de la recherche, les organisateurs ont voulu élargir l’étendue du projet en initiant Stream into College dans le but de répondre à plusieurs besoins nés de la situation actuelle du pays et des multiples crises qui ont eu un impact sur la réussite des jeunes. La Dr Rihab Nasr, professeure associée au département d’anatomie, de biologie cellulaire et des sciences physiologiques de la faculté de médecine de l’AUB qui est à l’origine du programme Stream into College, souligne : « Je suis une chercheuse, et je crois que l’éducation et la connaissance sont synonymes de pouvoir. Je voulais contribuer à ma communauté en créant des opportunités pour les jeunes, en particulier les plus défavorisés, afin qu’ils acquièrent plus de connaissances et qu’ils prennent conscience de l’importance de la recherche. » Le Dr Nasr, qui avait fondé en 2014 Amalouna, dont le but est de lutter contre le cancer en mettant l’accent sur l’éducation, la prévention et la recherche, évoque « la crise politique et la pandémie de Covid-19 qui ont entraîné d’énormes perturbations dans les écoles et les universités », le curriculum ayant été raccourci et la qualité de l’enseignement ayant diminué. La chercheuse pointe du doigt également la détérioration de la situation économique au Liban qui empêche les étudiants de payer les cours préparatoires ou les frais des universités. « En offrant aux lycéens et aux étudiants des formations professionnelles, une expérience de recherche et des opportunités de mentorat, nous espérons les préparer mieux à entrer sur le marché du travail », souligne-t-elle encore en indiquant que l’inflation a entraîné une diminution des opportunités d’emploi.

Un participant au programme Stream into College travaille sur son projet de recherche au laboratoire de la Dr Rihab Nasr, à la faculté de médecine de l’AUB. Photo l’équipe Amalouna

Des formations et des ateliers multidisciplinaires

Stream étant l’acronyme en anglais de sciences, technologie, recherche, ingénierie, arts et mathématiques, le projet propose aux élèves du secondaire et étudiants vulnérables une série d’ateliers d’orientation professionnelle qui les aident à explorer les différents cheminements de carrière dans les domaines liés à ces secteurs, de même qu’à la recherche. Le programme prodigue également aux élèves des classes secondaires des cours de langue, des formations sur des sujets importants, tels que l’analyse de données et les statistiques, ainsi que des cours proposés par Princeton Review, les préparant au SAT (Scholastic Assessment Test, examen standardisé pour accéder aux universités américaines). « Depuis que j’ai terminé le programme et que j’ai beaucoup appris sur le SAT, j’étudie davantage pour obtenir un score élevé », assure Jad Dia, 17 ans, en classe de terminale à l’École moderne de Ras Beyrouth. Stream into College encourage les participants à augmenter leurs chances d’être admis dans des établissements d’enseignement supérieur.

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Ce programme « m’a appris à préparer d’une façon adéquate ma candidature à l’université. Les sessions que j’ai suivies sur la façon de rédiger un essai augmenteront mes chances d’être acceptée », estime Nivine Raychouni, 17 ans, élève de première au lycée Zahiya Kaddoura. La jeune fille ajoute que maintenant qu’elle est mieux informée sur les bourses grâce aux sessions suivies, elle aura plus de facilité « à postuler dans les universités ». Afin de les aider à trouver plus tard un emploi, Stream into College prodigue également aux lycéens et étudiants des ateliers de compétences transversales, comme les compétences en communication, la rédaction de CV ou la rédaction de lettres de motivation. Au niveau social, les jeunes feront partie d’une communauté où ils sont encouragés à collaborer et à interagir avec leurs pairs. Enfin, ils recevront une aide financière qui couvrira le coût des livres, l’inscription aux examens et les frais de candidature à l’AUB. Le Dr Rihab Nasr dit ainsi espérer qu’en prodiguant aux jeunes des ressources académiques, professionnelles, sociales et financières, ces derniers « pourraient s’inscrire dans l’enseignement supérieur, obtenir un diplôme et rejoindre le marché du travail ».

La recherche, un domaine primordial à explorer

Le programme donne également aux participants l’opportunité de se familiariser à la recherche, et ce dans diverses disciplines scientifiques, comme la médecine, la chimie, la biologie et l’ingénierie. « Nous croyons que cette ouverture aide les élèves à éveiller leurs intérêts de recherche et à décider s’ils veulent poursuivre leur carrière dans la recherche scientifique », explique la Dr Rihab Nasr. Intéressé, entre autres, par cette partie du programme, notamment au niveau du travail accompli « dans le respect des règles des expériences scientifiques », Abbas al-Shab, 17 ans, en classe de terminale au lycée Shakib Arslan, confie que, comme son projet de recherche suivi dans le cadre de cette formation portait sur les neurosciences, il a créé chez lui un intérêt pour ce domaine, même s’il ne le choisira pas forcément pour ses études universitaires. Une autre participante, Alia al-Bush, 20 ans, en 2e année en sciences de laboratoire médical à l’AUB, raconte avoir voulu saisir « l’opportunité de faire l’expérience d’un travail de recherche à un si jeune âge ». Elle estime que le programme a ajouté une valeur à son parcours académique. « Il m’a fourni les bases de recherche qui me rendent unique parmi les gens de mon âge et qui m’aideront à m’engager plus facilement dans le domaine de la recherche », explique-t-elle. En outre, les jeunes participants travaillent en équipe dans des laboratoires rattachés à plusieurs facultés de l’AUB et mènent un projet de recherche sous la supervision d’un mentor du laboratoire. Comme l’explique Rihab Nasr, les élèves apprendront à formuler une question de recherche, et à sélectionner les informations pertinentes et utiles pour leur sujet. Ensuite, ils conduiront quelques techniques expérimentales puis analyseront leurs données et présenteront leurs conclusions lors d’une conférence finale qui clôture le cycle. « Le projet de recherche que j’ai présenté devant les professeurs me faciliterait la tâche lorsque je présenterai mon propre projet à l’avenir parce que j’ai vécu une telle expérience », note Nivine Raychouni. Les jeunes participants « expérimenteront la vie d’un scientifique, de l’élaboration d’une hypothèse à la présentation de données à la communauté scientifique », résume Rihab Nasr. Nivine Raychouni espère que sa participation au projet Stream into College l’aidera à préparer « un avenir meilleur et plus sûr », insistant sur la diversité du contenu qui a développé ses compétences générales. « C’est un programme tellement enrichissant qu’il a fait grandir la leader en moi », de même qu’il a été « une raison pour devenir une meilleure version de moi-même ! ». Quant à Abbas al-Shab, il confie que le programme l’a bien aidé avec ses problèmes « de confiance et (son) trac. Cela m’a permis d’agir avec responsabilité et bravoure, et ce sont des qualités que j’emporte avec moi dans différents aspects de ma vie », avoue-t-il.


Le projet Stream into College a été lancé en 2021 par l’AUB en collaboration avec Amalouna, organisation éducative à but non lucratif affiliée à l’AUB, et Princeton Review, société de services éducatifs, de tutorat et de préparation aux tests d’admission aux universités basée à New York. Financé par le programme de bourses Hopes-Liban initié par l’Union européenne dans le...
commentaires (2)

metiers dedaignes par pure snobisme qui, on le sait, rapportent bien assez de revenus, beaucoup plus que celui d'un avocaillon rate. mais surtout ces ecoles permettraient aux LIBANAIS d'effectuer des travaux dont seuls profitent les diverses nationalites d'emigres residents du Liban.

Gaby SIOUFI

09 h 20, le 14 avril 2022

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Commentaires (2)

  • metiers dedaignes par pure snobisme qui, on le sait, rapportent bien assez de revenus, beaucoup plus que celui d'un avocaillon rate. mais surtout ces ecoles permettraient aux LIBANAIS d'effectuer des travaux dont seuls profitent les diverses nationalites d'emigres residents du Liban.

    Gaby SIOUFI

    09 h 20, le 14 avril 2022

  • il est malheureux qu'au Liban on n'ait encore rien appris . continuer a fourrer les etudiants dans les universites- et quelles universites-les y encourager en leur creant des disciplines de plus en plus saugrenues quitte a ce qu'ils se retrouvent sans emploi faute d'opportunites et/ou de debouches au lieu de revoir les programmes des ecoles dits techniques, les moderniser,en creer beaucoup plus, pousser les jeunes vers elles avec force publicite sociale aux fins de donner aux diverses disciplines un respect du metier que les occidentaux ont applique depuis plusieurs decennies deja. quelle honte d'etre diplome/specialiste en plomberie , electricite,soudure,mecanicien experts en une multitude de sciences... mais non, mon fils est ingenieur, avocat surtout-quitte a ce qu'il vegete et fasse un travail de "serviteur" sous paye, ou finisse par etre embauche pour n'importe quel job encore moins bien paye. Ah j'oubliai, diplome universitaire equivaut a etre embauche dans une administration publique pour un boulot sans denomination utile -of course-

    Gaby SIOUFI

    09 h 15, le 14 avril 2022

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