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Campus - UNIVERSITÉ-ENTREPRISE

L’AUB tend la main aux PME libanaises

La faculté de génie et d’architecture Maroun Semaan de l’AUB organise un forum qui réunira les mondes industriel et académique. Et cela dans le cadre de son programme de soutien aux PME qui engage professeurs et étudiants dans la conception de solutions qui répondent aux besoins actuels du secteur.

L’AUB tend la main aux PME libanaises

Le Climate Design Lab de l’AUB. Photo Postray

Parmi les programmes de soutien aux industries qu’a lancés la faculté de génie et d’architecture Maroun Semaan (MSFEA) de l’AUB, figure l’initiative Recherche et Développement (R&D) qui a démarré en septembre 2020 pour aider les petites et moyennes entreprises (PME) à affronter la crise économique. « L’idée était que l’AUB contribue à la durabilité et la compétitivité des industries locales qui rencontraient des défis techniques », indique Riad Chedid, doyen associé et professeur de génie électrique et informatique à la MSFEA, qui est également le directeur du programme R&D. Et les besoins sont dans tous les secteurs industriels, du développement de logiciels à la gestion des déchets, en passant par l’énergie ou la production pharmaceutique.

Un rôle incontournable vient donc s’ajouter aujourd’hui aux responsabilités de l’établissement universitaire. « Les universités au Liban se distinguent par leurs professeurs de haut niveau et leurs étudiants talentueux, et sont équipées d’installations et de laboratoires qu’il serait injuste de ne pas utiliser afin de contribuer au soutien de notre économie », poursuit Riad Chedid. Au-delà des objectifs académiques, la MSFEA promeut ainsi un engagement civique, que ce soit auprès de ses futurs diplômés ou du secteur industriel. « Notre premier objectif est de soutenir l’industrie en ces temps difficiles. Nous souhaitons également permettre à nos professeurs de s’engager dans la recherche appliquée qui a un impact positif sur notre société et aux étudiants de s’impliquer dans des projets réels, pas seulement universitaires. Cela favorisera aussi leurs chances d’être employés après l’obtention de leurs diplômes », affirme le doyen associé de la MSFEA.

Durant l’année universitaire 2020-2021, 17 projets ont été financés par l’AUB à travers la donation Maroun Semaan (le don le plus important que l’AUB ait reçu au cours de ses 151 ans d’histoire et qui a été remis à la faculté d’ingénierie et d’architecture, renommée en son honneur) grâce à un budget d’environ 200 000 dollars, même si, dans un souci de viabilité financière, l’intention est que les entreprises puissent, au fur et à mesure, contribuer au coût du projet mené avec l’université. Ainsi, les masques chirurgicaux fabriqués par Indevco conformément aux standards de l’UE, lors de la pandémie de coronavirus, sont le résultat de l’une des premières collaborations entre la MSFEA et le secteur industriel. Les professeurs et les étudiants en génie avaient alors réussi à transformer l’une des gammes de couches de cette entreprise en masques, lui permettant de les commercialiser, le tout en moins de neuf semaines.

Ahmad Kourani. DR

L’apprentissage par l’expérience et la recherche appliquée

Pour l’année en cours, des équipes de la MSFEA travaillent déjà sur 6 projets, s’attendant à recevoir plus de demandes, surtout après le forum industriel que la faculté organise au printemps et qui réunira les mondes industriel et académique, et dont le but est de promouvoir le programme de soutien R&D et par conséquent de développer de nouveaux partenariats aux niveaux local, régional ou international. « Nous pensons que cela apportera une plus grande valeur au processus d’éducation et de recherche, et que cela aura un impact sur l’économie localement et régionalement », estime Riad Chedid.

Travaillant au sein d’une équipe de la MSFEA sur un projet pour l’entreprise S. & A.S. Co. Ltd., Ahmad Kourani, qui vient de compléter un doctorat accéléré en génie mécanique/parcours mécatronique, a contribué à la conception d’une programmation efficace pour les systèmes d’ascenseur. En plus d’avoir approfondi ses connaissances sur les systèmes mécatroniques, il avoue avoir appris à concevoir « des solutions industrielles réelles et à communiquer avec les partenaires industriels pour parvenir à une compréhension commune du problème et des solutions possibles ». Passer de l’environnement théorique et de simulation au monde pratique est ainsi primordial pour ce diplômé. « L’apprentissage est une chaîne de théories et de pratiques, il est indispensable de le rendre homogène pour maximiser sa force », considère-t-il.

La stratégie de la MSFEA est, en effet, d’intégrer l’apprentissage par l’expérience et la recherche appliquée dans sa mission. Selon Riad Chedid, l’intérêt des visites de terrain est d’exposer les jeunes à une ambiance qui n’existe pas dans le cadre académique. Cela leur permettra surtout de développer une compréhension interdisciplinaire des projets « parce qu’il n’y a pas de projet uniquement électrique, mécanique ou chimique. Les projets en général sont interdisciplinaires, et cela permettra aux étudiants d’élargir leur vision », précise le directeur du programme. Il s’agit par conséquent de « les former pour qu’ils soient conscients des enjeux industriels ».

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Ces enjeux, comme par exemple dans le cadre des derniers projets en date, consistent à réduire les coûts et améliorer la qualité de la bière pour le compte de la brasserie el-Mir, rendre recyclables les films souples pour emballage fabriqués par Indevco, utiliser la cendre des incinérateurs de l’usine Sicomo dans la fabrication du ciment afin d’améliorer sa qualité au lieu qu’elle ne soit déversée sous terre, polluant le sol et l’eau, ou encore développer un compost intelligent pour Compost Baladi en mettant des capteurs dans les bacs pour collecter des données et aider à mieux gérer le processus de compostage.

Pour Ahmad Kourani, la mise en œuvre de ces projets aidera « les étudiants à avoir confiance en leur capacité à fournir des solutions concrètes ». Par ailleurs, sur le long terme, il espère que cette initiative contribuera à améliorer « la qualité des produits industriels libanais pour qu’iils soient compétitifs dans le monde entier ».



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