Le Premier ministre libanais Nagib Mikati lors d'une conférence de presse le 14 mars 2022. Photo fournie à L'OLJ
Le Premier ministre libanais Nagib Mikati a annoncé lundi qu'il ne sera pas candidat aux élections législatives prévues en mai 2022, tout en appelant tous les Libanais à voter lors de cette échéance.
"J'annonce que je ne me porterai pas candidat aux élections législatives", a déclaré M. Mikati en souhaitant "la réussite à tout le monde" et promettant de "soutenir les efforts de ceux qui ont été choisis par le peuple et et de coopérer avec tous dans l'intérêt public". "Je crois au caractère inéluctable du changement et à la nécessité de laisser la nouvelle génération s'exprimer et définir ses choix, à travers les prochaines élections législatives", a dit le Premier ministre libanais pour justifier sa décision.
"Je suis convaincu que le responsable ne devrait avoir aucun intérêt, surtout dans le cadre d'une échéance électorale, a-t-il encore dit. L'expérience de mon gouvernement de 2005 a fourni un modèle de la séparation entre candidature et organisation du scrutin, ce choix ayant été salué sur le double plan interne et externe".
Il a par ailleurs assuré qu'il continuera "à travailler au niveau gouvernemental pour remédier autant que possible aux conditions économiques, financières et sociales et mettre notre pays sur la voie du redressement avec l'aide de tous les amis et frères du Liban, et en coopération avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les organisations internationales affiliées aux Nations Unies". Il a dans ce cadre appelé "à coopérer avec le gouvernement pour surmonter cette étape difficile". "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que cette étape difficile soit brève, et nous avons espoir et confiance que ce que nous faisons aboutira", a-t-il assuré.
"Elections à temps"
M. Mikati a débuté sa conférence de presse en affirmant que "les législatives constituent une étape essentielle". Il a aussi assuré que son "gouvernement s'est engagé à tenir les élections à temps le 15 mai prochain, à les mener à bien avec intégrité et transparence"
M. Mikati a aussi encouragé tous ceux qui souhaitaient se porter candidats aux élections législatives à le faire. "Les expériences passées ont prouvé que personne ne peut annuler qui que ce soit, et que ce pays n'est gouverné que par le partenariat entre tous ses fils, aussi différents soient-ils en opinions et orientations", a déclaré le Premier ministre.
Il a aussi encouragé les Libanais à voter le jour venu. "Il n'est pas permis de s'abstenir d'accomplir ce devoir national, pour quelque raison que ce soit", a lancé M. Mikati. "Le vrai changement commence dans les urnes, et non seulement dans l'expression d'opinion à travers les médias et les réseaux sociaux, a-t-il dit. Chaque bulletin électoral dans l'urne est susceptible d'apporter le changement souhaité".
Il s'est également adressé aux habitants de Tripoli dont il est originaire. "Ce qui nous unit, c'est la famille, la fraternité sincère, une histoire de valeurs et de principes, a-t-il déclaré. Tripoli restera dans notre cœur où que nous soyons".
A la suite du retrait de la vie politique de l'ex-PM et leader sunnite, Saad Hariri, M. Mikati et l'ex-chef du gouvernement Fouad Siniora avaient fait savoir fin janvier qu'ils n'appelleront pas à un boycott sunnite des législatives". Il avait également assuré que "les législatives se tiendront certainement" le 15 mai prochain. "Les grands défis auxquels le Liban et les Libanais font face exigent en premier lieu une unité nationale entre toutes les composantes libanaises et l'union du rang musulman, et nous comptons sur la sagesse du mufti et tous les efforts visant au rassemblement", avait dit le Premier ministre.
La décision de Saad Hariri a eu l'effet d'un séisme sur la scène politique. Elle a mis dans l’embarras différents partis et alliés potentiels, comme le leader druze Walid Joumblatt, le président du Parlement Nabih Berry, mais aussi le Hezbollah qui entretenait ces dernières années un modus vivendi avec l’ex-chef du gouvernement. Si M. Siniora s'est aligné sur la position de M. Mikati, l'ancien Premier ministre Tammam Salam, connu pour sa proximité avec M. Hariri, avait, lui, annoncé qu'il renonçait à briguer un siège au Parlement.


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