Les prix des carburants au Liban ont connu une nouvelle hausse considérable hier, en moins de 48 heures, sur fond de crise énergétique mondiale après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février dernier. Selon le dernier barème publié par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, les 20 litres d’essence 95 octane coûtent désormais 441 000 livres, après une hausse de 16 000 livres. Une augmentation égale pour le bidon d’essence 98 octane qui se vend à 450 000 livres. Les 20 litres de mazout (celui vendu aux véhicules et non celui utilisé par les générateurs privés) sont, eux, fixés à 460 000 livres après une hausse de 23 000 livres. Le prix de la bonbonne de gaz a augmenté de 5 000 livres, atteignant 302 000 livres. Enfin, celui du kilolitre de diesel utilisé pour les groupes électrogènes (982 dollars, assortis d’un supplément de transport de 325 000 livres) n’a pas été modifié hier, ne l’étant qu’une fois par semaine, le mardi.
La grille tarifaire du ministère se base à la fois sur le taux dollar/livre du marché parallèle, gravitant autour de 23 000 livres le dollar hier sur le marché parallèle, en hausse notable par rapport au taux qui oscillait ces dernières semaines autour de 20 000 livres, ainsi que sur les cours mondiaux du pétrole, en hausse donc au vu des tensions géopolitiques en Europe. Cette nouvelle hausse de prix est douloureuse dans un Liban en crise depuis plus de deux ans et où le pouvoir d’achat s’est effondré au rythme de la dépréciation de la monnaie nationale de près de 90 %. En conséquence de ces hausses rapides et successives, les automobilistes ont été pris de panique ces derniers jours et de longues files d’attente se sont formées devant les stations-service à travers le territoire, certaines refusant de vendre leur marchandise en attendant la nouvelle tarification.


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