Rechercher
Rechercher

Monde - Focus

« Frères pour toujours » : de nombreux Serbes se rangent du côté de la Russie

Les Serbes entretiennent une animosité profonde envers l’OTAN en raison de la campagne de frappes aériennes que l’Alliance a menées contre le pays en 1999.

« Frères pour toujours » : de nombreux Serbes se rangent du côté de la Russie

Belgrade a été le théâtre le 4 mars 2022 d’une manifestation monstre en faveur de la Russie. Stefan Stojanovic/Reuters

Dans les rues de Belgrade, des manifestants ont lancé des slogans prorusses et hostiles à l’OTAN après le lancement par la Russie de son invasion de l’Ukraine, à rebours du tollé suscité dans le monde par cette opération accompagnée de bombardements meurtriers.

« Cela devait être fait », disait la semaine derniere Marko Vezmar, l’un de ces manifestants, portant un tee--shirt frappé du portrait de Poutine portant une veste d’aviateur et armé d’un fusil. « Le mal a atteint les frontières russes et sans ce qui s’est passé nous aurions eu une guerre mondiale », a-t-il ajouté alors que la foule scandait « Serbes – Russes, frères pour toujours. »

Dimanche, la manifestation pro-ukrainienne était bien moins importante. « J’ai honte de voir que mon pays n’ait pas rejoint le reste du monde et condamné l’invasion », a déclaré Dubravka Stojanovic, une historienne âgée de 59 ans.

Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont manifesté leur solidarité avec l’Ukraine. La Serbie est un des rares pays où une manifestation prorusse a eu lieu. Bon nombre de ses citoyens soutiennent ouvertement Vladimir Poutine et sa décision d’envahir l’ex-république soviétique.

La Serbie et la Russie entretiennent des liens fraternels profonds s’expliquant par leurs racines chrétiennes orthodoxes communes et aussi par leurs alliances lors des deux guerres mondiales du XXe siècle.

L’influence de Moscou en Serbie reste omniprésente, la Russie étant un partenaire crucial de l’économie serbe dans le domaine de l’énergétique.

Par ailleurs, la Russie est le principal allié, du fait de son droit de veto à l’ONU, de Belgrade dans son refus de reconnaître l’indépendance, proclamée en 2008, de son ex-province du Kosovo.

Cette manifestation de soutien ouvert à l’invasion russe intervient à quelques semaines d’élections générales en Serbie plaçant le président sortant Aleksandar Vucic face au dilemme de ne pas se mettre à dos les électeurs animés de sentiments prorusses.

La Serbie a officiellement condamné l’invasion de l’Ukraine à l’ONU, expliquant qu’elle défend ses droits au Kosovo justement sur le principe du respect de l’intégrité territoriale. Dans le même temps la Serbie refuse d’introduire des sanctions contre la Russie, en raison notamment du soutien de Moscou à propos du même Kosovo.

Tourner le dos à Moscou pourrait avoir des conséquences sérieuses lors du scrutin prévu le 3 avril pour M. Vucic et son parti, qui depuis des années vantent l’importance d’un partenariat avec Poutine.

L’Église, l’armée et le renseignement

À la suite de l’invasion russe, les médias progouvernementaux ont distillé des messages favorables au Kremlin. « Les médias progouvernementaux ont fait de Poutine une rock star », a estimé l’analyste Vuk Vuksanovic.

Aleksandar Vucic s’efforce de maintenir le cap européen du pays – la Serbie négocie son adhésion à l’UE – tout en évitant de fâcher sa base d’électeurs prorusses.

Pour l’analyste Vuk Vuksanovic, le gouvernement « craint surtout un chaos interne si la Serbie choisissait de s’aligner sur une des parties ». « Ils ont peur de se mettre à dos non seulement les électeurs prorusses, mais aussi l’Église, l’armée et le renseignement », a-t-il ajouté.

Jusqu’à présent, Vucic a réussi à jongler avec succès entre l’Est et l’Ouest, décrochant de substantiels soutiens financiers de l’UE tout en concluant d’importants accords économiques avec la Chine et la Russie.

Quelque 83 % des citoyens serbes considèrent Moscou comme « un ami » de Belgrade, selon un sondage réalisé en 2021 par l’Institut des affaires européennes. Poutine est citoyen d’honneur d’une dizaine de villes serbes. « Chaque jour la Serbie est plus attachée à Moscou », a estimé Srecko Djukic, ancien ambassadeur en Biélorussie.

De plus, les Serbes entretiennent comme la Russie une animosité profonde envers l’OTAN en raison de la campagne de frappes aériennes que l’Alliance a menées contre le pays en 1999 lors du conflit au Kosovo, dernier épisode sanglant du démantèlement de l’ex-Yougoslavie.

Source : AFP

Dans les rues de Belgrade, des manifestants ont lancé des slogans prorusses et hostiles à l’OTAN après le lancement par la Russie de son invasion de l’Ukraine, à rebours du tollé suscité dans le monde par cette opération accompagnée de bombardements meurtriers.« Cela devait être fait », disait la semaine derniere Marko Vezmar, l’un de ces manifestants, portant un tee--shirt frappé du portrait de Poutine portant une veste d’aviateur et armé d’un fusil. « Le mal a atteint les frontières russes et sans ce qui s’est passé nous aurions eu une guerre mondiale », a-t-il ajouté alors que la foule scandait « Serbes – Russes, frères pour toujours. »Dimanche, la manifestation pro-ukrainienne était bien moins importante. « J’ai honte de voir que mon pays n’ait pas rejoint le...
commentaires (1)

serbes & chiites libanais, freres dans la culture d'applaudir les exploits des autres....

Gaby SIOUFI

15 h 30, le 10 mars 2022

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • serbes & chiites libanais, freres dans la culture d'applaudir les exploits des autres....

    Gaby SIOUFI

    15 h 30, le 10 mars 2022

Retour en haut