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Politique - Législatives 2022

Fouad Siniora revient à la charge, sans dévoiler toutes ses cartes

L’ex-Premier ministre exhorte les sunnites à prendre part au scrutin, mais ne tranche pas la question de sa candidature. 

Fouad Siniora revient à la charge, sans dévoiler toutes ses cartes

Fouad Siniora (au centre) accompagné du Premier ministre Nagib Mikati, devant la tombe de Rafic Hariri, le14 février 2022. Photo Anwar Amro/AFP

Fouad Siniora n’en démord pas. L’ancien Premier ministre ne compte pas baisser les bras face au « projet du Hezbollah d’exercer son hégémonie sur tout le Liban », comme il le souligne à L’Orient-Le Jour. D’où son appel lancé d’abord en direction de la communauté sunnite à « ne pas boycotter, mais plutôt à participer aux législatives » prévues en mai prochain. C’est en ces termes qu’explique M. Siniora le message qu’il a voulu adresser mercredi lors de sa conférence de presse à une communauté sunnite toujours sous le choc après le retrait du leader du courant du Futur Saad Hariri de l’arène politique, annoncé il y a un mois jour pour jour.

« Les élections législatives sont une étape à ne pas manquer, car il n’est pas permis de se retirer de la scène nationale », a affirmé le leader sunnite lors de sa conférence de presse. Et d’ajouter : « J’appelle tous les Libanais, en particulier les sunnites, à prendre part au scrutin, que ce soit à travers le dépôt de candidatures ou le vote des électeurs. Ils ne devront pas répondre aux appels à bouder les urnes, pour ne pas laisser la scène vide aux arrivistes. » « La volonté des Libanais n’a pas été et ne sera pas brisée, c’est pourquoi le vote permet de dénoncer et de rejeter les pratiques d’hégémonie et de corruption (...) et c’est pourquoi je crois fermement qu’il est urgent que les Libanais se tendent la main et veillent à ne pas se diriger vers ce qui divise », a encore dit l’ex-Premier ministre. À une question portant sur son éventuelle candidature aux législatives, il a répondu que cette option était « toujours à l’étude », laissant explicitement la porte ouverte à cette éventualité, sans cependant dévoiler toutes ses cartes.

« Je crois que M. Siniora veut tâter le pouls de la rue sunnite avant de trancher », estime une personnalité sunnite beyrouthine, précisant que le Premier ministre Nagib Mikati et l’ex-chef de gouvernement Tammam Salam étaient informés des grandes lignes de la conférence de presse. « J’ai encore trois semaines pour prendre ma décision (avant l’expiration du délai de dépôt des candidatures, le 15 mars) Pourquoi dois-je me prononcer aujourd’hui et faire des cadeaux politiques ? », commente M. Siniora à L’OLJ.

Pour mémoire

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Au cours de sa conférence de presse, M. Siniora s’en est pris au Hezbollah, dont il est un farouche adversaire, lui imputant la responsabilité de la grave crise économique et politique que vit le pays depuis plus de deux ans. « L’hégémonie iranienne empêche l’État de recouvrer son pouvoir et sa souveraineté », a-t-il martelé. À travers ses satellites, Téhéran « entrave l’édification d’un État », a même accusé M. Siniora.

Le Futur mécontent
L’ex-chef de gouvernement a dans ce cadre rappelé comment Saad Hariri « s’est heurté à l’hégémonie iranienne », dans une référence à l’incapacité de former un gouvernement par le leader du Futur, qui s’est vu contraint de se récuser neuf mois plus tard, en juillet 2021. « Saad Hariri a tenté d’arrondir les angles, pour faire barrage aux discordes (communautaires, à travers son modus vivendi avec le Hezbollah), a estimé Fouad Siniora. Il a finalement dû prendre la décision de suspendre ses activités politiques. »

Ces clins d’œil lancés à Saad Hariri n’ont pas suffi à calmer pour autant le mécontentement des haririens. Car l’appel de Fouad Siniora – pourtant bras droit de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et ancien chef du groupe parlementaire du Futur – aux sunnites est aux antipodes de la décision du parti bleu de bouder les urnes. Ahmad Hariri, secrétaire général du Futur, n’a pas d’ailleurs tardé à réagir. Postant sur son compte Twitter, quelques minutes après la conférence de presse, une photo de son cousin Saad, il a écrit : « Seulement ce qui vient de toi me représente. » « Nous ne sommes pas en mauvais termes avec Fouad Siniora. Il est libre de dire et de faire ce qu’il veut », déclare à L’Orient-Le Jour le porte-parole du parti haririen, Abdel Salam Moussa. « Le chef de notre parti, Saad Hariri, a annoncé que la formation boycottera les élections. Nous nous conformons à cette décision », ajoute-t-il. « Je respecte les avis de tout le monde, dont celui du Futur. Mais je crois qu’il ne faut pas boycotter les élections », se contente de commenter Fouad Siniora.

« Cela ne suffit pas »
La conférence de presse tenue par M. Siniora intervient quelques jours après une réunion qu’il avait eue avec Nawaf Salam, ex-ambassadeur du Liban aux Nations unies et actuel juge à la Cour internationale de justice (CIJ), lors d’une visite de ce dernier à Beyrouth, selon des informations obtenues par L’OLJ. M. Siniora ainsi que d’autres figures politiques ont suggéré à M. Salam de se lancer dans la bataille électorale à Beyrouth II, mais l’intéressé n’a toujours pas tranché la question. Sans vouloir confirmer la tenue d’un tel entretien, Fouad Siniora s’est contenté de dire à notre journal : « Je suis ouvert au débat avec toute personne voulant mener le combat de la souveraineté du Liban. Point à la ligne. »

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La première prise de parole officielle de M. Siniora depuis le retrait de Saad Hariri intervient en outre au moment où d’autres ténors de la communauté sunnite se sont retirés eux aussi de la scène politique. Dernier en date, Nouhad Machnouk, ancien ministre de l’Intérieur et actuel député de Beyrouth, qui a annoncé mardi qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat parlementaire. L’ancien Premier ministre Tammam Salam avait ouvert le bal des retraits en janvier dernier, se prononçant en faveur de nouvelles figures. « Il est vrai que ces retraits ont perturbé la communauté sunnite et y ont créé un vide. Mais à travers ses déclarations, Fouad Siniora a tenté de remédier à cette faille », commente Rachid Derbas, ancien ministre des Affaires sociales et proche de M. Siniora. Mais, pour lui, cette démarche ne suffit pas à elle seule. « Il faut qu’elle soit suivie d’une prise de position de plusieurs personnalités sunnites mais aussi de Dar el-Fatwa », estime-t-il, dans une réaction au communiqué publié mardi par la plus haute instance sunnite du pays, qui avait affirmé qu’elle ne s’ingérait pas dans le dossier des législatives et qu'elle n’influencera pas le choix de la communauté.

Fouad Siniora n’en démord pas. L’ancien Premier ministre ne compte pas baisser les bras face au « projet du Hezbollah d’exercer son hégémonie sur tout le Liban », comme il le souligne à L’Orient-Le Jour. D’où son appel lancé d’abord en direction de la communauté sunnite à « ne pas boycotter, mais plutôt à participer aux législatives » prévues en mai prochain. C’est...
commentaires (5)

Que Hariri se retire de la vie politique après s’être heurté aux blocage de ses alliés ennemis qui se sont toujours servi de lui pour anéantir le pays est son droit le plus strict. Mais qu’il vienne imposer sa loi en demandant aux sunnites de ne pas participer aux élections est une connerie de plus dans son parcours qui a été nuisible au Liban et à son peuple puisqu’il a permis par son attitude de béni oui oui à ces truants de s’emparer de la nation et de l’anéantir. Ce que Siniora doit faire à présent c’est ne pas se représenter lui même mais mettre tout son poids et celui de ses alliés sunnites pour propulser Nawaf Salam et le consacrer pour qu’il puisse sauver l’honneur des sunnites en reprenant leur rôle de deuxième président dans ce pays dans toute sa puissance et ce sont les électeurs qui lui permettront d’accéder à ce poste pour les venger de toutes les humiliations subies à causes des atermoiements et la mollesse de leur ancien leader Saad Hariri. Le peuple sunnite ne devrait pas suivre leurs leaders mais prendre l’initiative d’aller voter pour le candidats patriotique et fort qui les sauverait de la misère et de l’ humiliation par la faute de celui qui eut les priver maintenant d’exercer leur droit le plus sacré d’un citoyen qui est de choisir en leur âme et conscience le leader qu’ils veulent qui les représente. De quel droit un démissionnaire déciderait de la liberté de penser des citoyens qu’il a abandonné sans leur venir en aide?

Sissi zayyat

12 h 53, le 24 février 2022

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Commentaires (5)

  • Que Hariri se retire de la vie politique après s’être heurté aux blocage de ses alliés ennemis qui se sont toujours servi de lui pour anéantir le pays est son droit le plus strict. Mais qu’il vienne imposer sa loi en demandant aux sunnites de ne pas participer aux élections est une connerie de plus dans son parcours qui a été nuisible au Liban et à son peuple puisqu’il a permis par son attitude de béni oui oui à ces truants de s’emparer de la nation et de l’anéantir. Ce que Siniora doit faire à présent c’est ne pas se représenter lui même mais mettre tout son poids et celui de ses alliés sunnites pour propulser Nawaf Salam et le consacrer pour qu’il puisse sauver l’honneur des sunnites en reprenant leur rôle de deuxième président dans ce pays dans toute sa puissance et ce sont les électeurs qui lui permettront d’accéder à ce poste pour les venger de toutes les humiliations subies à causes des atermoiements et la mollesse de leur ancien leader Saad Hariri. Le peuple sunnite ne devrait pas suivre leurs leaders mais prendre l’initiative d’aller voter pour le candidats patriotique et fort qui les sauverait de la misère et de l’ humiliation par la faute de celui qui eut les priver maintenant d’exercer leur droit le plus sacré d’un citoyen qui est de choisir en leur âme et conscience le leader qu’ils veulent qui les représente. De quel droit un démissionnaire déciderait de la liberté de penser des citoyens qu’il a abandonné sans leur venir en aide?

    Sissi zayyat

    12 h 53, le 24 février 2022

  • associes depuis plus d'une decennie au hezbollah, le leadership sunnite a fini par lacher prise... une debacle, des coups assenes de droite et de gauche. les sunnites libanais font face a la meme realite dure des ukrainiens. ceux ci laches de fait par les occidentaux , les sunnites libanais laches par leurs freres arabes du golfe et d';ailleurs aussi. la raison est pareille: lachete devant le hezbollah , par souci de comfort . il se mouvait gentiment le leadership sunnite a l'ombre omnipresente de khamenai le libanais. EH BIEN, DANSEZ MAINTENANT tous ceux parmi les Kellon qui acceptaient ce jeu malefique

    Gaby SIOUFI

    09 h 52, le 24 février 2022

  • La bataille sera dure, elle l'est déjà, ce n'est pas le moment de se retirer de la scène politique et de laisser le champ libre au Hizbollah et au CPL. La souveraineté du Liban est en jeu, elle devrait passer avant tou!

    CW

    08 h 36, le 24 février 2022

  • Tous les souverainistes doivent participer et s’impliquer dans les elections. L’heure est grave , il ne faut pas laisser le champ libre a la milice armee sectaire et retrograde ni a ses nombreux vassaux corrompus et vereux.

    Goraieb Nada

    06 h 41, le 24 février 2022

  • Commetout souverainiste Siniora do

    Goraieb Nada

    06 h 36, le 24 février 2022

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