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Politique - Crise au Liban

"Le budget fait exploser la relation entre Mikati et le Hezbollah", écrit Al-Akhbar

Le président de la République, Michel Aoun, qualifie de "honteux" le comportement des ministres chiites.

Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, le 27 janvier 2022 a Grand sérail à Beyrouth. Photo d'archives AFP / HO / DALATI AND NOHRA

L'approbation chaotique du projet de budget jeudi par le gouvernement de Nagib Mikati et celle de trois nominations administratives à la demande du chef de l'Etat, Michel Aoun, continuent de faire couler beaucoup d'encre, les milieux du tandem chiite Hezbollah-Amal ne décolérant toujours pas après cet épisode.

Selon le quotidien al-Akhbar, proche du parti chiite, "le budget fait exploser la relation entre Mikati et le Hezbollah". C'est ainsi que titre le journal, samedi, dans un article où il revient sur cet épisode mouvementé, dans un Liban en plein effondrement économique, miné par une crise politique aiguë qui avait paralysé le gouvernement pendant de longs mois en raison du boycott des ministres chiites. "Il est désormais clair que la crise de confiance s'aggrave entre le Premier ministre Nagib Mikati et le duo Hezbollah-Amal. Mais il semble que cette crise est plus grave avec le Hezb et menace de faire exposer la relation avec Mikati", écrit al-Akhbar.

"Nous t'aurons à l'oeil"

"Il ne s'agit pas uniquement de beaucoup de remarques concernant la gestion quotidienne de la crise par Nagib Mikati. La question cruciale concerne la façon de traiter le dossier du budget et les négociations avec le Fonds monétaire international", explique al-Akhbar. Le journal revient ensuite sur des propos tenus vendredi par le député Hassan Fadlallah, membre du Hezbollah, qui a accusé M. Mikati d'avoir "fait passer le (projet de) budget en contrebande. "Tu as outrepassé l'accord de Taëf. Ce que tu as fait en Conseil des ministres est inacceptable et en violation de la Constitution. Nous t'aurons à l'oeil encore plus dans la prochaine période et tu assumes la responsabilité de ce budget", a lancé M. Fadlallah, dans ce qui sonne comme une menace contre le chef du gouvernement.

Certains accusent le duo Hezbollah-Amal de faire de la surenchère politique, aucun parti au pouvoir ne voulant assumer les conséquences d'un budget, pourtant préparé par le ministre des Finances, Youssef Khalil (proche d'Amal), qui auraient des retombées catastrophiques sur une population dont les trois-quarts vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Jeudi, le ministre du Travail, Moustapha Bayram, proche du Hezbollah, était même allé jusqu'à dire qu'il considérait que le projet du budget "n'a pas été voté légalement". "Nous n'avons pas débattu du budget lors de la séance du gouvernement. Il n'y a pas eu de vote là-dessus. C'est pourquoi nous considérons que ce projet de budget n'a pas été adopté légalement", a affirmé le ministre dans des propos accordés à la chaîne al-Manar, affiliée au Hezbollah. Des sources proches du Premier ministre se sont défendues vendredi soir contre ces accusations, affirmant que le projet de budget a été adopté dans les règles.

Selon al-Akhbar, cette nouvelle crise "ne se traduira pas forcément par un nouveau boycott du gouvernement. Mais cela créera sûrement des problèmes à l'avenir, ce qui menacerait l'action du cabinet".

"Comportement honteux"

Lors de la réunion consacrée à l’adoption du projet de budget 2022, sous la présidence de M. Aoun, le Conseil des ministres a également approuvé, en dehors de l’ordre du jour, des nominations notamment au sein du Conseil militaire. Cette démarche a suscité la colère des ministres du tandem chiite Amal-Hezbollah, sans pour autant remettre en danger le cabinet Mikati qui vient de sortir d’une crise l’ayant bloqué pendant trois mois, entre octobre et décembre derniers. De source informée, L'Orient-Le Jour a appris que M. Khalil ne signera pas le décret relatif à ces nominations, un refus qui risque de faire monter de nouveau la tension au sein de pouvoir.

Dans un entretien, également au quotidien al-Akhbar, Michel Aoun a réagi aux critiques du Hezbollah et d'Amal, qualifiant de "honteuse" la réaction des ministres chiites. "Ils ont demandé le report des nominations jeudi afin qu'ils puissent proposer un nom. Je leur avais donné un délai d'une semaine pour le faire, afin que lors de la première séance du Conseil, nous procédions à cette nomination. Ils ont refusé. Cela m'a dérangé. Il y a eu une ambiance houleuse, mais le Conseil des ministres a procédé aux nominations. Ce qu'ils (les ministres chiites) ont fait est honteux. Ils doutent de qui et de quoi ? Leur excuse pour reporter ces nominations est inacceptable (...)", a affirmé le chef de l’État. "(...) Ce n'est pas grave s'ils sont fâchés. La semaine prochaine nous leur accorderons la nomination d'une personne", a ajouté M. Aoun. Pour lui, "ce qui s'est passé n'aura pas de conséquences sur le gouvernement qui poursuivra ses réunions. Il n'y aura certainement pas de retour au boycott", a-t-il prédit.


Lire l'intégralité de l'article d'al-Akhbar en arabe ici

L'approbation chaotique du projet de budget jeudi par le gouvernement de Nagib Mikati et celle de trois nominations administratives à la demande du chef de l'Etat, Michel Aoun, continuent de faire couler beaucoup d'encre, les milieux du tandem chiite Hezbollah-Amal ne décolérant toujours pas après cet épisode.Selon le quotidien al-Akhbar, proche du parti chiite, "le budget fait exploser la...
commentaires (11)

SO FAKE !

Wow

13 h 06, le 13 février 2022

Tous les commentaires

Commentaires (11)

  • SO FAKE !

    Wow

    13 h 06, le 13 février 2022

  • Il faut en finir avec cette mascarade de répondre aux 4 ministres qui font objection sur les 19 restants qui acceptent. Démocratie oblige.

    Esber

    10 h 31, le 13 février 2022

  • Le tandem Shiite gesticule pour ne pas prendre la responsabilité des reformes douloureuses avant les elections. Du populisme degueulasse.

    ..... No comment

    10 h 03, le 13 février 2022

  • Mikati cherche tant bien que mal, un sauvetage du pays en perte de vitesse, mais, ceci incommode ceux qui sont habitués à s'imposer dans tout, craignant un amenuisement de leur influence sur le terrain.

    Esber

    19 h 25, le 12 février 2022

  • QUE PETIT EST AL CAPONE EN COMPARAISON !

    LA LIBRE EXPRESSION

    19 h 01, le 12 février 2022

  • Le tandem chiite est pire que la mafia italiennes . ???

    Eleni Caridopoulou

    18 h 06, le 12 février 2022

  • La mafia du pouvoir, Hezb en tete, veulent amuser la galerie avec de pretendues divergences. Alors qu'ils s'entendent comme larrons en foire quand il s'agit de faire souffrir les Lubanais sous leur joug !

    Michel Trad

    16 h 39, le 12 février 2022

  • CE GOUVERNEMENT EST MIS SUR PLACE PAR QUI ? C'EST UN GOUVERNEMENT FRANCO/IRANIEN NON ? C'EST QUOI TOUT CE JEUX ALORS ! VOUS AVEZ CRÉEZ CE GOUVERNEMENT ET VOUS N'ÊTES PAS CONTENT ! VOTRE HOMME MIKATI A SES AFFAIRES ET MACRON SUR LE DOT EN PLUS. LAISSEZ LE RESPIRER UN PEU. ET REMERCIEZ LE DIEU QUE LES SUNNITES N'ONT PAS EU ACHRAF RIFI COMME PREMIER MINISTRE. MAIS ÇA VA VENIR UN JOUR JE L'ESPÈRE.

    Gebran Eid

    16 h 09, le 12 février 2022

  • Et la contrebande et autre fraude fiscale ça les connaît. Ils veulent bien le prêt du FMI mais surtout pas l'égalité devant l'impôt qui les ferait participer honnêtement à son remboursement

    M.E

    15 h 08, le 12 février 2022

  • L’unité du gouvernement.. l’unité…. hahahahahaha Oublié de dire : gouvernement de mission… mission de couvrir la mafia.. hahahahaha

    LeRougeEtLeNoir

    14 h 50, le 12 février 2022

  • C’est bien si le duo chiite faisait chuter le gouvernement. Ça prouverait une fois de plus que nous ne pouvons pas gouverner avec eux. Le mieux c’est de couper le pays en deux, le Liban et le Liran. Libre à chacun de s’affilier à sa version préférée…

    Gros Gnon

    14 h 20, le 12 février 2022

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