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Environnement - Crise de déchets au Liban

Réouverture de la décharge de Jdeidé, incertitudes autour du ramassage au Metn et au Kesrouan

« On nous a promis en vain le virement d’un paiement consenti par le ministère des Finances, bloqué à la BDL depuis trois mois, mais nous n’avons encore rien reçu », déplore le président de Ramco.

Réouverture de la décharge de Jdeidé, incertitudes autour du ramassage au Metn et au Kesrouan

Des ordures amoncelées dans les rues du Metn. Photo d'archives Marc Fayad

Le ramassage des déchets dans le Mont-Liban-Nord et une bonne partie de Beyrouth est perturbé depuis lundi dernier par la fermeture, décidée par l’entrepreneur Dany Khoury, de la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé en raison « d’attaques » par de grands groupes de « scavengers » ou fouilleurs de poubelles, ces personnes appartenant au secteur informel du ramassage des déchets en vue de leur revente pour recyclage. Vendredi matin, le ministre de l’Environnement, Nasser Yassine, a annoncé dans un communiqué qu’en coopération avec son homologue de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui, une « protection sera assurée pour la décharge et que celle-ci rouvrira ses portes incessamment ».

Une source proche du dossier affirme à L’Orient-Le Jour que la solution passe par une protection du site qui sera assurée par la Sécurité de l’État, et que la réouverture de la décharge devrait avoir lieu vendredi.

Les crises des déchets se succèdent à un rythme effréné ces derniers mois, pour des raisons diverses. En effet, le ramassage dans les régions précitées avait à peine repris en fin de semaine dernière (il était interrompu depuis plusieurs jours suite à une grève début février des employés de Ramco, la société qui en a la charge dans cette partie du pays) qu’il a de nouveau été arrêté lundi dernier, en raison de la fermeture de la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé.

Ces attaques contre la décharge sont devenues monnaie courante depuis que la crise fait rage au Liban : les pilleurs, qui affluent par centaines sur le site, font fi des barrages dressés devant eux par les employés de la compagnie, qui gère la décharge pour le compte de l’État, et constituent désormais une menace pour le personnel, poursuit la source.

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Problème financier non réglé
La décharge fermée, le ramassage des ordures a une nouvelle fois été perturbé. Walid Bou Saad, président de Ramco, confirme à L’OLJ que la collecte est interrompue depuis lundi, ce qui explique les amas de déchets dans les rues du Metn, du Kesrouan et d’une partie de Beyrouth. Il ajoute que le problème initial qui avait causé la grève de ses employés n’a pas non plus été traité. « Nous avons été notifiés de la réouverture de la décharge, mais nos chauffeurs refusent de faire bouger les camions tant que le problème financier n’est pas réglé », dit-il.

Il s’explique : « On nous a promis en vain le virement d’un paiement consenti par le ministère des Finances, bloqué à la Banque du Liban depuis trois mois, mais nous n’avons encore rien reçu. » Il s’agit d’un virement de 1,7 million de dollars qui devait être débloqué depuis novembre, mais qui ne l’a toujours pas été, ainsi que le confirme la source précitée (voir L’OLJ du 2 février). En tout, l’État doit près de 20 millions de dollars à cette compagnie seule. Résultat : les employés non payés ont fait la grève début février et n’y ont renoncé qu’après avoir obtenu un demi-salaire, mais ils refusent de reprendre le travail aujourd’hui tant qu’ils n’ont pas été entièrement payés. Ce problème ne concerne que le Metn et Kesrouan, des régions pour le compte desquelles les contrats sont effectués par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), les factures de Beyrouth étant directement réglées par la municipalité (qui est à jour dans ses paiements).

« La fermeture de la décharge a interrompu notre activité de facto, mais si le virement tarde toujours à nous parvenir, nos employés ont décidé de se remettre en grève, poursuit Walid Bou Saad. Cela signifie que même en cas de réouverture du site de Jdeidé, je vois mal comment le travail pourrait recommencer. Sans ce virement, nous n’avons plus les moyens non seulement de payer les salaires, mais de nous acquitter des autres dépenses comme le mazout ou autre. »

Selon la source proche du dossier, la compagnie devra reprendre son activité coûte que coûte dès la réouverture de la décharge, parce que le ramassage des déchets doit s’effectuer pour des raisons de santé et de sécurité publiques. Elle estime par ailleurs que le problème du virement serait essentiellement financier, la BDL refusant de transférer en dollars une somme en libanais débloquée par le ministère des Finances, considérant que cette somme devrait être payée en devises étrangères directement par le Trésor. Une source de la BDL avait précédemment appelé notre journal à « consulter le CDR et les municipalités », estimant que le blocage ne venait pas d’elle (voir L’OLJ du 2 février), ce qui est démenti par les autres acteurs concernés.

Le secteur des déchets, longtemps miné par la corruption, les marchés douteux, la mauvaise gestion et l’incompétence, est actuellement en plein effondrement, comme du reste l’état du pays. Ce qui transparaît pour l’instant, c’est une incapacité des autorités compétentes à empêcher ces mini-crises successives et à faire face à la menace d’une crise plus grave à l’avenir, aucune solution durable n’étant sérieusement envisagée.


Le ramassage des déchets dans le Mont-Liban-Nord et une bonne partie de Beyrouth est perturbé depuis lundi dernier par la fermeture, décidée par l’entrepreneur Dany Khoury, de la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé en raison « d’attaques » par de grands groupes de « scavengers » ou fouilleurs de poubelles, ces personnes appartenant au secteur informel du ramassage des déchets en vue...

commentaires (4)

Tant mieux que ce dépotoir s'élargisse. Il y au plus de place pour enfouir cette crasse de politiciens dans de cimetière d'ordures.

Gemayel GABRIEL

16 h 42, le 12 février 2022

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Commentaires (4)

  • Tant mieux que ce dépotoir s'élargisse. Il y au plus de place pour enfouir cette crasse de politiciens dans de cimetière d'ordures.

    Gemayel GABRIEL

    16 h 42, le 12 février 2022

  • Morale de l'article (au profit de ceux qui iront voter), un dicton très anciens dans un pays pas si on que ça: rfik el k--ra téébèn, alors si l'on vote aux mêmes le pays tout entier ne sera qu'un dépotoire... à bon voteur salut!

    Wlek Sanferlou

    23 h 39, le 11 février 2022

  • MAIS LE PAYS EST DEVENU UN IMMENSE DEPOTOIR DE CORROMPUS, DE VOLEURS, DE MAFIEUX, DE CRIMINELS TOUS A LA SAUCE GOUVERNEMENTS ET FAMILLES, PARENTS ET AMIS SMALLAH EN SUS DES ZBELES NAUSEABONDS , CLASSE POURRIE A LAQUELLE ILS APPARTIENNENT.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    18 h 36, le 11 février 2022

  • Pourquoi ces "scavengers" viennent voler les déchêts? Si les déchêts étaient triés avant d'être jetés à la décharge, ça permettrait de récupérer une grande partie pour recyclage et compostage, et réduire pour autant le tonnage irrécupérable à mettre en décharge. Seulement voilà, les propriétaires des décharges sont payées à la tonne, et ça ne les arrange donc pas de recevoir moins de poids. Décidément, quand un pays est pourri, il est pourri jusqu'à la moelle...

    Gros Gnon

    15 h 43, le 11 février 2022

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