C’est une page d’amour et d’affection qui semble se tourner, une page de fierté et d’ambition. C’est une vie emplie de projets, d’énergie, mais aussi de valeurs, de courage et d’abnégation qui prend fin.
Mais l’immense patrimoine que Saloi a laissé ne peut se laisser oublier, un héritage d’amour et de force, de bonté et d’exigence, de volonté et de liberté, de sagesse et de légèreté.
Saloi savait résoudre des énigmes : Comment allier la bonté et l’exigence, l’élégance et la force ? Comment braver les épreuves ? Affronter les difficultés ? Elle savait le faire grâce à un système de valeurs inébranlable qu’elle avait établi et dans lequel elle puisait d’infinies ressources, un infini courage. Elle savait voler très haut tout en étant attachée à son sol natal, à sa famille, à son pays. Elle savait dire les choses sans paroles, avec un regard rempli d’amour et de confiance.
Elle pouvait vivre sans rien alors qu’elle avait tout. Une branche d’arbre à la courbure élégante, une fleur à demi éclose, un tronc puissant, le sourire d’un passant, la présence d’un ami, la chaleur familiale, la visite d’un voisin, le parfum d’une rose ou le rire d’un enfant lui suffisaient. Elle pouvait sentir la force vitale et l’amour de Dieu dans chaque pousse, dans chaque poignée de terre, elle savait surtout en remercier le Créateur.
Moi, maman, tu m’as toujours poussée mais protégée ; tu as posé des jalons, mais tu m’as aidée, et surtout tu m’as toujours donné l’exemple.
« Aimer les autres, c’est accepter leurs faiblesses, me disais-tu. Ta force, tu la puises dans la générosité et l’amour des autres. L’égoïsme est un mal qui tue. Dieu te rendra au quintuple chaque bonté et non chaque messe. »
Dans un de ces moments difficiles où la vie me jouait un petit tour, tu m’as dit : « Un jour, tu en riras ! Tu riras des malheurs d’aujourd’hui car ils sont insignifiants, mais tu ne le réalises pas, la vie te réserve des surprises dont tu n’imagines rien, de belles surprises, garde confiance, je suis là, rien ne peut t’arriver. N’aie pas peur ! » Ton appui était inconditionnel.
Ou encore, un autre jour : « Ne perds pas ton temps, résiste aux méandres de la haine car ils t’enfermeront, ignore les petitesses d’esprit, les apparences trompeuses, l’essentiel n’est pas là, le monde est à toi si tu sais donner. Sois généreuse. »
Mais surtout tu me disais : « C’est à toi seule de choisir ce que tu veux devenir. »
Voilà une page qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, ouverte au monde, à la vie, et qui m’aidera, je l’espère, à combler le grand vide dans lequel tu m’as laissée…


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