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Politique - Rencontre

Raï : Je crains que la décision de Hariri ne provoque un déséquilibre dans le tissu social

Raï : Je crains que la décision de Hariri ne provoque un déséquilibre dans le tissu social

Le patriarche maronite Béchara Raï avec les membres du conseil de l’ordre des journalistes présidé par Joseph Kossaïfi. Photo DR

« J’ai été surpris par la décision de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, car il a sa personnalité et son rôle. Nous ne pouvons pas oublier les années pendant lesquelles il a occupé des postes de responsabilité et au cours desquelles il suivait la ligne tracée par son père, celle de la modération. » C’est en ces termes que le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a commenté hier la décision du leader du Futur de suspendre ses activités politiques et celles de son courant, devant les membres du conseil de l’ordre des journalistes présidé par Joseph Kossaïfi.

Ce qu’implique le retrait de Hariri pour les principales formations politiques

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Le patriarche maronite a insisté sur le rôle des journalistes pour expliquer et analyser les événements, surtout en cette période de confusion et d’inquiétude. Il a aussi abordé des questions d’actualité, comme l’initiative koweïtienne, la crise sociale, l’inquiétude pour l’avenir et le rôle des chrétiens. Il a ainsi invité les Libanais à « rebâtir la confiance entre eux et avec la communauté internationale ». Selon lui, le peuple libanais a aujourd’hui besoin de sortir de l’état de désespoir dans lequel il est plongé. Les efforts doivent donc se concentrer sur le fait de redonner confiance à ce peuple dans son avenir et dans son pays. « Il faut sortir de la vision sombre et créer au contraire un courant positif qui combatte la tendance au pessimisme. Les Libanais ne croient plus aujourd’hui dans les nouvelles positives. Il faut donc les aider à les redécouvrir. C’est un peu votre rôle. Après tout, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles... » a dit Mgr Raï. Selon lui, les délégations étrangères qui se succèdent au Liban sont un indicateur positif de l’intérêt que porte la communauté internationale au pays. De même, la récente visite du ministre koweïtien des Affaires étrangères est selon lui un signe positif, surtout qu’il est venu au nom des États du Golfe. « Il a déclaré que le Liban est la force et l’icône des Arabes. Or il a une fonction officielle et il assume la responsabilité de ses propos. Qu’a-t-il voulu dire par le fait que le Liban est la force des Arabes ? Parlait-il des armes ? Sûrement pas ! » a souligné le patriarche.


Les dessous de la visite du chef de la diplomatie koweïtienne au Liban

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Le cheikh Ahmad Nasser al-Mohammad al-Sabah avait remis dimanche aux autorités une liste de « propositions » en vue d’apaiser la crise diplomatique opposant Beyrouth à plusieurs monarchies du Golfe depuis octobre. Le document comprend plusieurs points, notamment l’un concernant le respect de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige le désarmement de toutes les milices, particulièrement le Hezbollah. Mgr Raï a accueilli favorablement les propos du ministre sur la nécessité d’appliquer l’accord de Taëf. « C’est ce que nous voulons, ainsi que l’application des résolutions internationales. Nous voulons aussi la souveraineté du Liban et le renforcement de l’armée libanaise, pour préserver notre unité et protéger notre pays. »

Appel au dialogue

Au sujet de la décision annoncée la veille par Saad Hariri de se retirer de la scène politique, le patriarche maronite a confié qu’il ne s’y attendait pas. « Je crains que cette décision n’entraîne un déséquilibre dans le tissu libanais, a-t-il déclaré. J’aurais souhaité que Saad Hariri ne prenne pas cette décision, ni pour lui ni pour son courant. J’espère que cela n’aura pas de conséquences sur l’ensemble de la communauté sunnite, sachant que cette communauté doit savoir quelle place elle occupe au sein de la société libanaise. »

Et de lancer : « Pouvons-nous nier que la confiance ne règne pas entre les Libanais ? Nous ne devons pas avoir besoin de l’étranger pour nous rappeler que le Liban est notre patrie et que nous devons travailler ensemble pour le sauver. » Mgr Raï a dans ce contexte rappelé que le président de la République Michel Aoun a appelé au dialogue, mais la moitié des protagonistes ont rejeté sa proposition. « Pourtant, lorsque le président français leur demande de s’asseoir à une même table, ils accourent tous. Pourquoi ? Parce que la confiance ne règne pas entre eux, a-t-il déploré. Nous devons donc rebâtir cette confiance entre nous, car sans elle, le pays ne peut pas avancer. » Et de poursuivre : « Le point faible des leaders actuels est qu’ils ne peuvent pas s’asseoir ensemble, se regarder dans les yeux et dialoguer. Or c’est le dialogue qui rebâtit la confiance. Comment pouvons-nous dire que notre pays est une patrie-message alors que les protagonistes refusent de se parler ? Nous avons une responsabilité commune et nous pouvons nous entendre s’il n’y a pas d’arrière-pensée. Mais s’il y en a et s’il y a des allégeances extérieures, c’est autre chose. C’est cela notre problème au Liban. »

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Interrogé sur les armes du Hezbollah, Mgr Raï a précisé qu’il faut revenir à l’accord de Taëf, ajoutant que le problème réside dans le fait que cet accord n’a été que partiellement appliqué. « Nous réclamons la tenue d’une conférence internationale sur le Liban (non un congrès fondateur) pour appliquer Taëf et les résolutions internationales, annoncer la neutralité du Liban et résoudre le problème des réfugiés palestiniens et des déplacés syriens », a-t-il dit. « La neutralité signifie qu’il ne faut attaquer personne et que l’État protège le pays contre les agressions. L’armée nationale doit être forte et protéger la souveraineté à l’extérieur et à l’intérieur. Aujourd’hui, nous avons hélas des mini-États et beaucoup d’armes », a-t-il ajouté.

Évoquant le rôle des maronites au Liban et leurs divisions, Béchara Raï a précisé que « les maronites ne peuvent pas renoncer à leur rôle, défini au fil des ans par leurs ancêtres. Ils doivent toutefois unifier leurs visions et leurs propos et renoncer à leurs conflits. Mais on ne peut pas leur faire assumer la responsabilité de tout ce que traverse actuellement le Liban ». Le chef de l’Église maronite a enfin démenti l’existence d’une rupture entre Bkerké et les autorités chiites. Il a précisé que pour le patriarcat maronite, l’appartenance au Liban doit se faire sur la base de la citoyenneté. « En tout cas, a-t-il affirmé, le dialogue n’est pas rompu avec les chiites. Sur le plan des autorités religieuses, nous attendons l’élection d’un nouveau président du Conseil supérieur chiite. Nous avons une excellente relation et des contacts permanents avec le président du Parlement Nabih Berry. Avec le Hezbollah, nous avons une commission conjointe qui continue de se réunir. De plus, le cheikh Akl druze avait commencé à établir des contacts pour organiser un sommet spirituel. »


« J’ai été surpris par la décision de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, car il a sa personnalité et son rôle. Nous ne pouvons pas oublier les années pendant lesquelles il a occupé des postes de responsabilité et au cours desquelles il suivait la ligne tracée par son père, celle de la modération. » C’est en ces termes que le patriarche maronite, le cardinal...

commentaires (4)

UN AUTRE CAMELEON !

L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

10 h 22, le 26 janvier 2022

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • UN AUTRE CAMELEON !

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    10 h 22, le 26 janvier 2022

  • Cher Mgr Raï vous faites la même erreur que les haririens: ce n’est pas une conférence internationale ou un accord de Vienne avec croissants safavides qui est la première mesure à mettre en place pour arriver au désarmement du Hezbollah. La première chose à faire est que le peuple libanais élise une majorité parlementaire qui le représente et qui offre au Hezbollah la possibilité de partager le pouvoir en tant que parti chiite le plus important, mais uniquement si comme tous les citoyens libanais il se soumet à la loi et donc soumet ses armes à l’armée libanaise.

    Citoyen libanais

    08 h 22, le 26 janvier 2022

  • C’est tout ce qui intéresse sa béatitude! Maintenir à tout prix un système confessionnel dans ce pays que la religion a lardé de mille coups!

    PROFIL BAS

    07 h 43, le 26 janvier 2022

  • NOTRE RAÏ A DES EXCELLENTE AVEC NABIH BERRY RELATIONS. C'EST MERVEILLEUX...OÙ EST LE PROBLÈME ALORS ? SAVRÉ R...

    Gebran Eid

    01 h 55, le 26 janvier 2022

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