Rechercher
Rechercher

Politique - Liban

La machine gouvernementale se remet enfin en marche

Le Conseil des ministres a tenu hier sa première séance après plus de trois mois de paralysie. Une nouvelle réunion est prévue aujourd’hui pour entamer l’étude de l’avant-projet de budget 2022.

La machine gouvernementale se remet enfin en marche

Le Conseil des ministres réuni lundi à Baabda. Photo Dalati et Nohra

Pour la première fois depuis plus de trois mois, le gouvernement s’est réuni hier au palais de Baabda sous la houlette du président de la République, Michel Aoun. La séance a pu se tenir après la décision du tandem chiite Amal-Hezbollah de revenir à la table du Conseil pour discuter du budget et des questions à caractère économique et social, alors qu’il conditionnait auparavant ce retour à la mise à l’écart du juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, ne serait-ce que du volet politique de l’affaire. Le chef de l’État et le Premier ministre se sont félicités, dans leurs allocutions respectives au début de la réunion, de la relance des activités du gouvernement. Michel Aoun a tenu, dans ce cadre, à souligner que « le blocage a impacté négativement la régularité du travail de l’exécutif et a accru les répercussions négatives sur la situation globale dans le pays ». Il a rappelé, une nouvelle fois, que « lorsque le gouvernement n’est pas démissionnaire, le président de la République et le chef du gouvernement ne peuvent pas émettre d’approbations exceptionnelles ». Une menace voilée réitérée afin que le cabinet continue de se réunir, en dépit des obstacles politiques qui pourraient de nouveau entraver son action. M. Aoun n’a en outre pas manqué de lancer une pique en direction du tandem chiite, dont son allié le Hezbollah, qui paralysait l’exécutif depuis octobre dernier, en répétant son attachement au principe de séparation des pouvoirs, prévu dans le préambule de la Constitution. « Ce qui s’est passé au cours des derniers mois ne respectait pas ce principe », a-t-il martelé. Mais pour le ministre de la Culture, Mohammad Mortada, « le président n’a pas évoqué la question Bitar ». « D’ailleurs, nous n’avons jamais dit vouloir nous débarrasser du juge. Nous voulions que le gouvernement demande au ministre de la Justice d’exercer un contrôle sur les décisions et choix que fait le juge dans le cadre de son investigation », assure-t-il à L’OLJ. « Le président n’a pas voulu relancer la polémique autour de l’affaire Bitar. Mais il ne pouvait passer outre une entorse à la Constitution qui a bloqué le cabinet pendant trois mois », rétorque un proche de la présidence.

Lire aussi

La hausse des indemnités des transports approuvée par le gouvernement

Prenant lui aussi la parole au début de la séance, Nagib Mikati a espéré que les ministres « coopèrent avec responsabilité », soulignant que « les Libanais ne supportent plus les querelles. Ils en ont assez des désaccords et veulent un travail productif, afin qu’on les sauve des dangers et des crises dans lesquelles ils se noient ». M. Mikati a enfin indiqué que les prochaines réunions du cabinet examineront « nombre de questions et de dossiers essentiels ». « Nous allons préparer une réunion spéciale du Conseil des ministres pour approuver des décrets d’application des lois émises », a-t-il encore indiqué.

Budget et nominations

Lors de sa première réunion de l’année, qui a duré environ deux heures, le cabinet n’a pas planché sur l’avant-projet de budget de l’année en cours, préparé par le ministre des Finances Youssef Khalil, proche du président du Parlement Nabih Berry. L’examen et l’approbation de la loi des Finances, qui devra par la suite être adoptée par la Chambre, est pourtant une question cruciale pour les négociations entre le Liban et le Fonds monétaire international. Une nouvelle réunion du Conseil est prévue aujourd’hui à 9h du matin, a fait savoir le chef de la diplomatie, Abdallah Bou Habib. « Il y aura des séances quotidiennes jusqu’à l’approbation de l’avant-projet et son envoi au Parlement », a précisé le ministre de l’Information par intérim et de l’Éducation, Abbas Halabi.

Lire aussi

« Les banques libanaises ont compris qu’elles devront prendre en charge une partie des pertes »

Selon notre correspondante à Baabda Hoda Chédid, les autorités sont déterminées à accélérer le processus de vote du budget. Des réunions marathon du gouvernement sont prévues au Sérail chaque matinée jusqu’à vendredi, les discussions avec le FMI se tenant l’après-midi par visioconférence. En attendant, le ministre des Finances s’est défendu contre les critiques visant le texte qu’il a préparé, affirmant que celui-ci ne « contient pas de nouvelles taxes comme cela a pu être dit ». Il a en outre affirmé que le taux de change du dollar adopté au niveau des douanes (le « dollar douanier ») « sera calculé sur la base du taux de la plateforme Sayrafa » que le gouvernement met à jour quotidiennement. Ce taux est actuellement fixé à 22 700 LL contre le dollar. « Jusqu’à présent, il n’ y a pas d’accord concernant la modification du taux officiel de la livre », a enfin souligné le ministre. Ce taux, toujours fixé à 1 507,5 LL pour un dollar, est largement inférieur au taux du marché parallèle, qui oscillait lundi matin autour de 23 000 LL. Un proche du président Aoun contacté par L’OLJ souligne que « le chef de l’État est toutefois parvenu à faire passer quelques questions urgentes à même d’améliorer le quotidien des résidents ». C’est ainsi que les membres de l’équipe Mikati ont approuvé l’augmentation des indemnités de transport pour les secteurs public et privé, ainsi que des aides sociales temporaires aux fonctionnaires. Ainsi, les indemnités de transport journalières sont désormais fixées à 64 000 livres pour le secteur public et 65 000 LL pour le privé, pour toute journée de présence au travail. Les ministres ont ensuite approuvé une indemnité de transport mensuelle fixe pour les militaires (armée, forces de sécurité, douanes, etc) d’un montant d’un million deux-cent mille livres libanaises. Les salaires des enseignants contractuels dans les écoles publiques et instituts techniques ont également été « modifiés », a indiqué le ministre Halabi, sans pour autant apporter de précisions sur cette modification. Il a en outre annoncé qu’un projet de décret a été approuvé pour accorder des aides sociales « temporaires » aux fonctionnaires, notamment ceux des hôpitaux gouvernementaux et de l’Université libanaise, ainsi qu’aux employés des municipalités.

Enfin, le gouvernement a nommé les membres de la commission nationale pour la lutte contre la corruption : la juge Thérèse Allaoui ainsi que MM. Ali Badran, Joe Maalouf et Kleib Kleib. La commission sera présidée par le juge Claude Karam, tandis que l’avocat Fawaz Kabbara a été nommé vice-président.


Pour la première fois depuis plus de trois mois, le gouvernement s’est réuni hier au palais de Baabda sous la houlette du président de la République, Michel Aoun. La séance a pu se tenir après la décision du tandem chiite Amal-Hezbollah de revenir à la table du Conseil pour discuter du budget et des questions à caractère économique et social, alors qu’il conditionnait auparavant...

commentaires (2)

Le gouvernement se remet au travail... hahahahaha... Quel merite, et quel travail..!!!

LeRougeEtLeNoir

17 h 38, le 25 janvier 2022

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Le gouvernement se remet au travail... hahahahaha... Quel merite, et quel travail..!!!

    LeRougeEtLeNoir

    17 h 38, le 25 janvier 2022

  • yaani a entendre le neo ministre walid nassar on craint le pire. ce monsieur est tellement susceptible qu'il prend a coeur d'attaquer-a peine gentiment- la thawra surtout pour son KELLON YAANI KELLON.... pas du tout de bonne augure notre ministre de la plage et des pistes de ski !

    Gaby SIOUFI

    11 h 20, le 25 janvier 2022

Retour en haut