La Banque du Liban a lancé des avertissements à l’encontre de 188 bureaux de change. Photo P.H.B.
Dans un communiqué de presse publié samedi, la Banque du Liban (BDL) a annoncé avoir lancé des avertissements à l’encontre de 188 bureaux de change pour leur « non-respect de l’enregistrement des opérations de ventes et d’achats de dollars sur la plateforme Sayrafa ». Selon le communiqué, cette décision avait été prise le 4 janvier par le Comité bancaire supérieur, dirigé par le gouverneur Riad Salamé.
Conformément « aux délais légaux », les changeurs concernés recevront la décision de ce comité dans un délai de 40 jours, suite auquel, et « conformément à la loi », leurs licences seront révoquées si elles continuent à ne pas enregistrer sur la plateforme Sayrafa toutes les transactions opérées.
Cette dernière est une plateforme où sont supposées être enregistrées quotidiennement toutes les opérations de change réalisées via les agents de change agréés, les banques et la société de transfert d’argent OMT. Parmi les informations devant être enregistrées : les volumes échangés et les taux auxquels les transactions ont été réalisées.
De son côté, la BDL publie en fin de chaque journée le total qui a été échangé et le taux moyen des transactions. Vendredi, les opérations enregistrées ont atteint 24,9 millions de dollars, pour une parité moyenne de 24 300 livres libanaises pour un dollar. Parallèlement, le dollar s’échangeait contre plus de 30 000 livres sur le marché parallèle.
Dans ce contexte, Riad Salamé indiquait il y a plus d’un mois que « les cours réels du taux de change dollar/livre libanaise sont ceux annoncés quotidiennement par la Banque du Liban », en référence à ceux de la plateforme Sayrafa, aujourd’hui dans sa deuxième version.
Celle-ci avait justement été lancée mi-juin 2020 pour rétablir la confiance sur le marché et faire baisser le taux dollar/livre sur un marché dominé par les agents de change – légaux et illégaux – et les différents sites et applications qui ont vu le jour pour suivre le taux du marché parallèle, un objectif qu’elle ne réussira finalement pas à atteindre. Sa deuxième version avait été lancée le 10 mai 2021 à travers la circulaire principale n° 157 qui, en plus des changeurs, inclut pour la première fois les banques parmi les utilisateurs agréés pour effectuer des opérations de change.

