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Économie - États-Unis

L’emploi termine l’année 2021 sur une note mitigée

L’emploi termine l’année 2021 sur une note mitigée

Pour le président américain Joe Biden, retrouver le plein emploi et contrôler l’inflation qui flambe depuis des mois est fondamental en cette année électorale, alors que sa politique économique est sous le feu des critiques de l’opposition et jusque dans son camp démocrate. Jim Watson/AFP

Des créations d’emploi décevantes en décembre, un taux de chômage en nette baisse sauf pour les personnes noires : le marché de l’emploi aux États-Unis a terminé l’année 2021 sur une note mitigée, reflétant les défis qui attendent le président Joe Biden au cours de cette année de mi-mandat. La première économie du monde n’a créé que 199 000 emplois au cours du dernier mois de 2021, loin des 440 000 attendus par les analystes. Et le taux de participation au marché du travail est resté inchangé le mois dernier à seulement 61,9 %. Ces chiffres sont d’autant plus décevants que les données ont été collectées avant que le variant Omicron ne se répande dans le pays comme une traînée de poudre, provoquant fermeture de théâtres, de cinémas, de restaurants, d’usines ou encore d’écoles, et imposant la quarantaine à des centaines de milliers de personnes par jour. Ce rapport pourrait ainsi présager des chiffres bien pires en janvier.

Le taux de chômage a néanmoins continué de baisser en fin d’année dernière, et ce plus que prévu, tombant à 3,9 % (-0,3 point de pourcentage), se rapprochant ainsi de son niveau d’avant la pandémie (3,5 %). Il s’élève toutefois à 7,1 % parmi les personnes noires et à 4,9 % pour les Hispaniques. Joe Biden, qui a fait de l’emploi et de la réduction des inégalités une priorité, devait commenter ces chiffres en milieu de matinée. Pour le président américain, retrouver le plein emploi et contrôler l’inflation qui flambe depuis des mois est fondamental en cette année électorale, alors que sa politique économique est sous le feu des critiques de l’opposition et jusque dans son camp démocrate. « Le rapport sur l’emploi de décembre est le PIRE de la présidence de Joe Biden et juste le dernier signe que sa crise économique se poursuit », ont réagi les républicains de la Chambre des représentants. « Pure bêtise. C’est la seule explication aux chiffres de l’emploi sous l’administrateur Biden. (...) L’agenda socialiste raté de Joe Biden tue l’économie américaine », a réagi le sénateur républicain Rick Scott dans un tweet.

Pour le conseiller économique de la Maison-Blanche Brian Deese, au contraire, « il y a des millions de familles et de travailleurs américains dont la vie est meilleure grâce à la reprise économique historiquement forte en 2021 ». Les yeux sont désormais rivés sur la banque centrale américaine dont les responsables semblent déterminés à s’attaquer à la hausse des prix en augmentant les taux d’intérêt dès que possible, au risque de ralentir la croissance, et donc l’emploi. « Dans le contexte d’une situation sanitaire qui se détériore rapidement, l’accalmie de l’activité économique au premier trimestre va obliger le président de la Fed (Jerome) Powell à marcher sur la corde raide lors des prochaines réunions », a résumé Gregory Daco, économiste chez Oxford Economics.

Les États-Unis enregistrent actuellement plus de 550 000 nouveaux cas de Covid par jour, selon les estimations des CDC, principale agence de santé publique. Et sur la semaine achevée le 1er janvier, Omicron représentait 95 % des nouveaux cas. Ce variant est moins mortel que les précédents, mais la vague d’infections compromet sérieusement le retour au travail, notamment des femmes contraintes de garder leurs enfants.

Déséquilibre

« Cela met en évidence que les performances de l’économie restent étroitement liées aux vagues de la pandémie », a également souligné Mark Zandi de Moody’s Analytics dans un tweet tout en notant que les entreprises géraient de mieux en mieux les vagues d’infections. L’année 2021 a été marquée par un profond déséquilibre entre l’offre pléthorique d’emploi et la demande, en particulier pour les bas salaires, la pandémie ayant notamment modifié les aspirations des travailleurs américains. Et cette tendance devrait se poursuivre au moins au début de l’année.

Un phénomène baptisé « la Grande Démission » bat son plein depuis le printemps : des salariés essentiellement non qualifiés démissionnent pour trouver un meilleur emploi et partent souvent avec une offre d’embauche en poche. Ainsi en novembre, 4,5 millions de personnes ont démissionné, un record, selon les données du bureau des statistiques. Pour les employeurs, le marché du travail est ainsi devenu un casse-tête. Pour attirer les candidats, ils ont augmenté les salaires et multiplié les primes et avantages sociaux : en 2021, le salaire horaire moyen a augmenté de 4,7 %, insuffisant pour compenser la hausse des prix à la consommation.

Delphine TOUITOU/AFP

Des créations d’emploi décevantes en décembre, un taux de chômage en nette baisse sauf pour les personnes noires : le marché de l’emploi aux États-Unis a terminé l’année 2021 sur une note mitigée, reflétant les défis qui attendent le président Joe Biden au cours de cette année de mi-mandat. La première économie du monde n’a créé que 199 000 emplois au cours du dernier mois de 2021, loin des 440 000 attendus par les analystes. Et le taux de participation au marché du travail est resté inchangé le mois dernier à seulement 61,9 %. Ces chiffres sont d’autant plus décevants que les données ont été collectées avant que le variant Omicron ne se répande dans le pays comme une traînée de poudre, provoquant fermeture de théâtres, de cinémas, de restaurants, d’usines ou encore...
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