Le Premier ministre Nagib Mikati reçu par le président Michel Aoun, le 7 janvier 2022, à Baabda. Photo Dalati et Nohra
Le Premier ministre, Nagib Mikati, a été reçu vendredi à Baabda par le président Michel Aoun dans le cadre des contacts qu'il entreprend avec les chefs des groupes parlementaires, qui seront conviés au dialogue national auquel il a appelé fin décembre.
"J'ai donné mon avis et la conversation va se poursuivre", s'est contenté de déclarer M. Mikati à l'issue de sa réunion tout en précisant que M. Aoun a demandé à se réunir avec lui "dans le contexte de son appel au dialogue".
Dans un message adressé à la nation le 27 décembre dernier, et dans un contexte politique tendu marqué par une paralysie gouvernementale depuis octobre 2021, M. Aoun avait appelé à un dialogue national urgent qui discuterait de dossiers épineux tels que la stratégie de défense, à savoir les armes du Hezbollah, une question sensible pour son allié chiite. Selon M. Aoun, le dialogue devrait également examiner le plan de redressement économique d'un pays en pleine crise, et la décentralisation administrative et financière élargie. Ce dernier volet a suscité une polémique dans les milieux du mouvement Amal du chef du Parlement, Nabih Berry.
Sans surprise, le Courant patriotique libre (CPL) fondé par M. Aoun a réagi favorablement à l'initiative du chef de l'Etat, et le Hezbollah s'y est montré ouvert, malgré les critiques acerbes du chef du CPL, Gebran Bassil, à l'égard du parti chiite. Quant aux autres protagonistes, notamment les Forces libanaises de Samir Geagea, ils ne soutiennent pas une telle démarche, y voyant un moyen pour M. Aoun de renflouer son mandat qui s'achève dans quelques mois, soit en octobre 2022, sur un bilan désastreux. L'ex-Premier ministre et chef du courant du Futur, Saad Hariri, a, lui, informé vendredi M. Aoun qu'il ne participera pas au dialogue estimant qu'une telle initiative devrait être prise après les élections législatives, prévues en mai prochain.


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