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Campus - TÉMOIGNAGES

Un Nouvel An pas vraiment festif pour les étudiants libanais

Nombreux sont ceux qui ont passé le réveillon du 31 décembre en petit comité, en rêvant à de meilleurs lendemains.

Un Nouvel An pas vraiment festif pour les étudiants libanais

Céline Abou Khalil. DR

Ils avaient l’habitude de se réunir entre copains pour partager une soirée mémorable mais, depuis deux ans, la pandémie de Covid-19 et la crise économique jouent les trouble-fête. Dans ce contexte, certains jeunes n’ont pas souhaité célébrer le passage en 2022, estimant qu’il ne s’agit pas d’un moment exceptionnel de leur quotidien. « Comme de nombreuses personnes de ma génération, j’attendais, par le passé, la soirée du Nouvel An avec impatience pour la fêter avec la famille et les amis. À présent, la situation est différente.

Gretta Rouphael. DR

Je n’ai eu aucune envie de la célébrer ce 31 décembre à cause de la situation terrible par laquelle passe notre pays et qui nous vole notre insouciance, notre joie de vivre et notre jeunesse », souligne Yara Katrib. L’étudiante inscrite en 1re année de littérature française à l’Université libanaise (Tripoli) (UL) a passé la soirée à la maison, appréhendant de devoir vivre une autre année de désillusions et de craintes quant à son avenir au Liban.

Yara Katrib. Photo DR

Céline Abou Khalil, étudiante de master 1 en biochimie générale à l’UL (Hadeth), partage les mêmes angoisses que Yara. « C’est la peur de ce que nous réserve l’avenir qui fait que l’on est resté éveillé (la nuit du 31 décembre, NDLR), et non pas notre envie d’accueillir la nouvelle année dans ce contexte de crises. Nous sommes nombreux à craindre ce que 2022 nous réserve et, en tant qu’étudiants, nous nous inquiétons de ne pas pouvoir poursuivre nos études en devant travailler à plein temps pour survivre », confie la jeune femme.La vigilance reste, en outre, de mise chez de nombreux étudiants afin de limiter la propagation du coronavirus. Pour occulter le risque sanitaire, beaucoup de jeunes ont préféré célébrer le début de la nouvelle année en petit comité.

Marie-Christie Bazouni. DR

« Les circonstances actuelles ont fait que j’ai décidé de passer le réveillon à la maison. J’ai fait ce choix pour protéger les membres de ma famille et parce que pour dîner entre amis dans un restaurant, il faut dépenser beaucoup d’argent », explique Marie-Christie Bazouni, en 3e année de comptabilité à l’Université Sainte Famille de Batroun (USF).Rima Souki est étudiante en 3e année de doctorat en toxicologie à l’Université de Rennes 1. Elle est rentrée au Liban pour les fêtes de fin d’année. Elle aussi a célébré le Nouvel An à son domicile. « En raison de la situation sanitaire et économique, mes parents et moi n’avons pas passé la soirée dans un restaurant comme nous avions l’habitude de le faire. Comme la plupart des Libanais, nous devons sans cesse faire des concessions pour pouvoir survivre en cette période où notre pouvoir d’achat a vraiment baissé », regrette-t-elle.

Cynthia Moussa. DR

Loin des siens

Quant aux jeunes Libanais qui suivent leurs études à l’étranger, ils n’ont pas toujours les moyens de rentrer au pays pour les fêtes de fin d’année. C’est le cas de Cynthia Moussa qui a dû célébrer Noël et le Nouvel An loin de sa famille. « J’aurais aimé faire comme les autres, pouvoir retrouver mes parents et leur rapporter, de France, des médicaments et des cadeaux. Mais j’ai dû accepter un job étudiant pendant les vacances afin d’épargner de l’argent et de pouvoir passer l’été au Liban », explique-t-elle. Installée à Rennes où elle suit un master de recherche en didactique de l’éducation à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPÉ), la jeune femme a pu faire la connaissance des membres d’une famille française avec qui elle a fêté l’arrivée de 2022.

Ali Srour. DR

« De nombreux Français se montrent aimables avec les étudiants libanais et ont conscience de la gravité de la situation au pays du Cèdre », note-t-elle. Doctorant en automatique, productique et robotique à l’Université de Rennes 1, Ali Srour a également accueilli le Nouvel An loin des siens. « Au début, je prévoyais de passer la soirée seul devant mon ordinateur, puis je me suis dit que je devais plutôt faire quelque chose de particulier. J’ai décidé de fêter le Nouvel An à Paris. Ainsi j’ai pu profiter de ces jours de vacances pour découvrir la capitale française en compagnie de quelques amis », raconte le jeune homme.

Hassan Kabalan. Photo Zayan Kabalan

Marquer l’occasion en dépit de tout

Hassan Kabalan a quant à lui dîné avec sa famille avant de retrouver un petit groupe d’amis pour une soirée improvisée. « Bien que les célébrations en grand comité ne m’intéressent pas particulièrement, cette fête reste malgré tout l’occasion d’oublier, pour un moment, les problèmes qui nous écrasent et d’apprécier le moment que nous passons en compagnie des personnes que nous aimons », estime-t-il. Inscrit en 4e année de droit à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, le jeune homme confie : « 2022 ne sera pas une année facile pour moi car je serai amené à prendre des décisions déterminantes pour mon avenir, mais j’essaie de rester optimiste, comme de nombreux étudiants libanais, pour ne pas perdre de vue mes objectifs. »

Élie Achkar. DR

Élie Achkar, en 3e année d’études de gestion, option banque et finance à l’USF, a également rejoint ses amis pour célébrer le Nouvel An dans une ambiance festive. « Malgré les déceptions vécues en 2021, confie-t-il, j’ai souhaité fêter joyeusement l’année qui débute. Je sais que les problèmes ne vont pas disparaître par enchantement, mais je préfère garder intacts mon optimisme et ma joie de vivre pour pouvoir affronter les difficultés qui se présenteront à moi. » Gretta Rouphael est dans le même état d’esprit : « Chez moi, l’envie de sortir, de faire la fête est toujours présente. Voilà pourquoi j’ai passé la soirée du 31 décembre en famille puis avec mes amis. » L’étudiante en master 2 de littérature française à l’UL reconnaît que la crise sans précédent dans laquelle est plongé le Liban affecte le moral des jeunes. « Comme à chaque début d’année, remarque-t-elle, j’ai cependant l’espoir que les choses vont s’améliorer et que nous finirons par retrouver une vie normale. » Et c’est ce même espoir qui permet aux étudiants libanais de continuer à avancer malgré les nombreux défis auxquels ils font face et les obstacles qu’ils doivent contourner au quotidien.



Ils avaient l’habitude de se réunir entre copains pour partager une soirée mémorable mais, depuis deux ans, la pandémie de Covid-19 et la crise économique jouent les trouble-fête. Dans ce contexte, certains jeunes n’ont pas souhaité célébrer le passage en 2022, estimant qu’il ne s’agit pas d’un moment exceptionnel de leur quotidien. « Comme de nombreuses personnes de ma...

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