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Lifestyle - This Is America

Le musée des sapins en aluminium, chantre d’éternels Noëls scintillants

Du naturel à l’artificiel, le sapin de Noël, éternelle vedette des fêtes, se dévoile dans une importante collection contant son histoire et son impact.

Le musée des sapins en aluminium, chantre d’éternels Noëls scintillants

Elvis invité du « Aluminium Tree Exhibit 2021 » au Transylvania Heritage Museum ATOM. Photo Creative Commons

Parmi les nombreuses institutions américaines qui traitent les aspects historiques qu’a pris au fil du temps la fête de Noël, les feux sont aujourd’hui braqués sur l’Aluminium Tree and Ornament Museum. Sa collection a ceci de particulier qu’elle est accueillie chaque année par différentes régions des États-Unis. Aujourd’hui, elle est l’hôte du Transylvania Heritage Museum en Caroline du Nord, où elle y est présentée sous le nom de ATOM Exhibit, pour Aluminium Tree and Ornament Museum. Une appellation que l’on a voulu associer à l’âge atomique en plein essor au milieu du XXe siècle et qui a coïncidé avec la date du lancement de l’arbre de Noël en aluminium. Un arbre à la blancheur métallisée dont on a voulu faire le reflet modernisé de la vision tant rêvée d’un Noël blanc, même en manque de neige, et destiné à perdurer. À leur début, en guise de décoration de ces arbres, on plaçait à leur côté une roue multicolore qui, en tournant, diffusait sa gamme de nuances de couleurs. Dans cet esprit, deux spécimens vintage de la collection ont été mis en relief : un arbre conçu sur le thème d’Elvis, qui projetait la flamboyance de l’icône du rock’n’roll, tandis qu’un autre baptisé Marilyn Monroe ruisselait de la beauté lumineuse de la star.

Plusieurs sapins en aluminium utilisaient des roues de couleurs rotatives. Photo Creative Commons

Un musée ludique tout en humour et fantaisie

Ces sapins font partie des 24 autres modèles composant cette exposition. Durant cet engouement pour le scintillant, des millions d’arbres de Noël en aluminium ont été produits par plus de 40 entreprises aux États-Unis, au Canada et en Australie de la fin des années 50 jusqu’au début des années 70. La tendance d’un Noël métallisé avait été donnée par un décorateur d’intérieur talentueux et enjoué nommé Steven Jackson, habitant la ville de Charlotte, en Caroline du Nord. En 1991, il reçoit en cadeau d’un ami, en guise de plaisanterie, un sapin de Noël en aluminium dans un piètre état, trouvé près d’une poubelle. Se souvenant de l’arbre argenté de sa maison d’enfance, Jackson a organisé une fête et a demandé à ses invités d’apporter avec eux les ornements « les plus esthétiques » qu’ils pouvaient trouver. Le résultat a été une grande réussite, dévoilant une décoration kitsch à souhait. Quelques années plus tard, prolongeant cette fantaisie, un ami confie à Steven un deuxième arbre déterré lors d’une garage sale en 1998. Paré de la même manière, l’initiative a fait boule de neige et Jackson a fini par en posséder sept. « C’était tout simplement trop d’arbres pour rentrer dans ma maison », avait-il déclaré. C’est ainsi qu’a été constitué l’Aluminium Tree & Aesthetically Challenged Seasonal Ornament Museum and Research Center, au fur et à mesure que ses amis lui livraient des arbres vintage. Cette première appellation du musée comportait un mot malicieux (challenged), insinuant qu’il ne s’agissait pas d’un musée savant et haut de gamme, mais plutôt d’une sélection de créations ludiques, drôles et hautes en couleurs destinée à illuminer les vacances de Noël des visiteurs. À leur tour, ces pièces vintage qui ont séduit sont réinterprétées dans un style plus sophistiqué et même détournées en bibelots.

Un sapin en aluminium des années 60 dans la collection du Children’s Museum of Indianapolis. Photo Creative Commons

Un pilote bombardier « Roi de l’arbre de Noël artificiel »

Malgré cette fascination pour l’éclat de l’aluminium, les sapins verts artificiels ont continué à essaimer grâce à l’Américain Si Spiegel qui a bien mérité le titre de « Roi de l’arbre de Noël artificiel ». À tel point qu’il a bénéficié d’un grand espace dans une édition du New York Times de la semaine dernière. Une belle renommée, toutefois précédée d’une autre, acquise au cours de sa carrière militaire. Pilote bombardier américain, Si Spiegel s’est fait connaître durant la Seconde Guerre mondiale aux côtés des alliés pour avoir réussi à détruire des points stratégiques dans le Berlin de l’Allemagne nazie. Aujourd’hui âgé de 97 ans, il est l’un des rares survivants des pilotes bombardiers de la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la guerre, il s’engage comme machiniste dans une firme nommée American Brush Machinery, qui fabriquait des petits pinceaux très appréciés par les décorateurs des vitrines qui les utilisaient pour dessiner des sortes de vagues.

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Une fois cette mode passée, les responsables de l’usine ont essayé de fabriquer des arbres de Noël artificiels, mais en vain, car la tendance était aux arbres de Noël en aluminium. Si Spiegel a alors pris les choses en main, déterminé à améliorer le produit. Il a bricolé ses machines et a pu vendre rapidement, sous son propre label American Tree and Wreath, des sapins de Noël artificiels aux formes parfaites et presque réelles. Au milieu des années 1970, son entreprise produisait environ 800 000 arbres par an. Il a finalement vendu cette entreprise et a pris sa retraite en 1993 en multimillionnaire heureux. Encore une fois, le bombardier avait visé juste…

Parmi les nombreuses institutions américaines qui traitent les aspects historiques qu’a pris au fil du temps la fête de Noël, les feux sont aujourd’hui braqués sur l’Aluminium Tree and Ornament Museum. Sa collection a ceci de particulier qu’elle est accueillie chaque année par différentes régions des États-Unis. Aujourd’hui, elle est l’hôte du Transylvania Heritage Museum en Caroline du Nord, où elle y est présentée sous le nom de ATOM Exhibit, pour Aluminium Tree and Ornament Museum. Une appellation que l’on a voulu associer à l’âge atomique en plein essor au milieu du XXe siècle et qui a coïncidé avec la date du lancement de l’arbre de Noël en aluminium. Un arbre à la blancheur métallisée dont on a voulu faire le reflet modernisé de la vision tant rêvée d’un Noël blanc, même en manque de...
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