Le parfait père Noël de la CWH Santa Claus School. Photo tirée de la page Instagram cwhsantaschool
Dans les années 30, des millions d’Américains se sont familiarisés avec l’image du père Noël, proche de ce qu’il est encore aujourd’hui, à travers les publicités de la firme Coca-Cola, qui mettaient en scène un homme bedonnant, barbu, les joues roses, vêtu d’un costume rouge bordé de fourrure blanche. Cette image ayant fait l’unanimité, des pères Noël, copiés de ce modèle, ont rapidement fleuri à travers le pays, le plus souvent dans les grands magasins, pour attirer les parents et les enfants, et booster les ventes. Souvent, il fallait faire appel à des employés sur place pour tenir ce rôle. Mais en 1937, Charles W. Howard, un fermier crémier, propose ses services à un grand magasin pour cette fonction qui lui rappelait son enfance, lorsque sa mère, le trouvant rondelet, lui avait cousu un habit de père Noël. Plus tard, en scrutant ce nouvel engouement durant la période des fêtes, il a senti la nécessité d’améliorer la performance de ces bonhommes rouges de plus en plus fréquents dans les grandes surfaces et les marchés. Selon lui, les costumes n’étaient pas, pour la plupart, bien conçus. De même que leurs timides interactions avec les enfants. Lorsque ces derniers leur posaient des questions sur l’environnement du père Noël, notamment sur ses rênes, ils ne savaient pas grand-chose. De même, qu’ils ignoraient comment leur expliquer habilement que certains de leurs souhaits soient parfois difficilement réalisables, qu’il s’agisse de cadeaux onéreux ou du désir de voir leurs parents divorcés se réconcilier.
Des pères Noël qui savent même danser. Photo tirée de la page Instagram cwhsantaschool
Des sessions de formation intenses
Tout en continuant pour un moment à distribuer ses bouteilles de lait, Charles W. Howard fonde alors en 1937 la Charles W. Howard Santa Claus School dans sa propre maison située dans sa ville d’Albion, dans l’État de New York. Relocalisée après son décès, à Midland, elle rencontre toujours du succès, puisqu’on la surnomme même la Harvard University du genre. La force de son créateur fut d’aller au-delà de l’apparence du père Noël et de l’immerger dans tous les aspects qui façonnent sa légende. Il avait commencé par sa propre éducation, passant beaucoup de temps à se documenter sur l’histoire du père Noël, puisant dans presque tous les livres traitant du sujet. Au fur et à mesure que ses connaissances augmentaient, il était de plus en plus sollicité par des magasins à la recherche d’un père Noël expérimenté. Puis, d’autres hommes déguisés en père Noël ont commencé à rechercher son expertise. Cette forte demande l’a finalement conduit à développer son école sans négliger aucun détail. Ainsi, Charles W. Howard avait engagé un ancien comédien pour enseigner l’art de tenir ce rôle et un expert des rennes pour que les élèves apprennent comment les atteler à son chariot. Howard a continué à faire appel à des spécialistes pour donner de la substance et une certaine réalité à la représentation du père Noël. Il fallait qu’il réussisse à impressionner sous toutes ses coutures. Pour cela, il ne lésinait sur rien, pas même les dépenses, conseillant à tous d’opter pour un habit richement orné de fourrure de lapin dont le prix était élevé à l’époque. Pour en arriver au résultat espéré, les premiers étudiants de son école payaient 15 dollars pour la session de trois jours de formation. Puis, avec le temps, la scolarité a augmenté jusqu’à atteindre aujourd’hui 550 dollars.
Apprendre son rôle jusqu’au bout des rênes. Photo tirée de la page Instagram cwhsantaschool
Le chemin du cœur
Après la disparition de Charles W. Howard en 1966, Tom et Holly Valent ont installé l’école dans le Michigan. Ce couple chevronné en la matière, eux-mêmes d’anciens élèves qui avaient créé une attraction à succès baptisée Santa and Mrs Claus, a appliqué à la lettre l’enseignement de son mentor qui préconisait avant tout d’inculquer aux aspirants l’esprit de Noël. Pour ce faire, l’école qui allait les accueillir avait été conçue par Valent comme une maison du père Noël, de style scandinave, peinte avec de joyeuses couleurs rouge et verte, et baignant dans un espace également verdoyant. Une ambiance parfaite créée par un Tom Valent qui, quand il n’est pas père Noël, officie comme ingénieur civil et entrepreneur… À l’intérieur de cette maison, la session de formation débute le mercredi soir avec une réception. Le lendemain, et jusqu’au samedi, les cours débutent à 8h30 et se terminent à 21h. Avec au total un programme d’environ 45 heures d’initiation étalées sur trois jours, doublées de sorties sur le terrain. Dans ces cours, la priorité est donnée à la familiarisation avec la psychologie des enfants : comment gérer les enfants agités, ceux qui pleurent, ceux qui ont peur… Et bien sûr, comment répondre à leurs questions les plus inattendues. Les pères Noël apprennent également les rudiments de la langue des signes, pour pouvoir communiquer avec tous les enfants sans exception, des cours de vocalises (pour bien émettre le célèbre son ho, ho, ho), des exercices pour acquérir une démarche débonnaire et rebondissante, et pour saisir la manière de se maquiller, d’entretenir barbe, moustache et costume. Autre indispensable, pour incarner pleinement le personnage, celui de bien retenir l’histoire de saint Nicolas et du pôle Nord. Valent répète souvent à ses élèves : « Sachez qui vous êtes. Connaissez votre légende. Sachez d’où vous venez. »Ne devient pas père Noël qui le veut. Mieux vaut s’abstenir, si l’on recherche uniquement un gain saisonnier… L’école refuse d’ailleurs les candidats n’ayant pas d’atomes crochus avec les enfants, car ils sont surtout là pour leur communiquer tout le bonheur du monde en cette période de l’année qu’ils attendent avec impatience. Le fondateur de l’école Santa Claus School, Charles W. Howard, avait tout compris lorsqu’il disait : « Celui qui pense que le père Noël arrive par la cheminée se trompe. Santa emprunte le chemin du cœur. »


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