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Environnement - Environnement

Massacre à la tronçonneuse devant le Palais de justice de Beyrouth

Quelque 30 % des arbres du célèbre bâtiment de Beyrouth ont été sauvagement élagués ou carrément abattus. Beaucoup estiment que la mesure n’était pas nécessaire.

Massacre à la tronçonneuse devant le Palais de justice de Beyrouth

Bien que poreux, ce tronc aurait pu ne pas être coupé. Photo fournie par le commandant de la brigade des pompiers de Beyrouth Maher Ajouz

Un scandale écologique tout à fait inattendu vient de secouer le Palais de justice à Beyrouth. Sous couvert d’élagage de leurs branches, de nombreux arbres centenaires plantés dans l’enceinte du palais ont été tronçonnés samedi en l’espace d’une matinée par la brigade des pompiers de Beyrouth. L’enquête ouverte par le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, devrait déterminer les responsabilités.

Ce que l’on sait à ce jour, c’est que le ministère de la Justice a demandé l’autorisation d’élagage au ministère de l’Agriculture vu « la menace que représentent les branchages denses et secs pour les passants », lit-on dans un communiqué publié lundi. « Un garde forestier avait été chargé d’inspecter le site et d’établir un procès-verbal dans lequel il avait répertorié 73 arbres à élaguer et 4 autres à abattre », souligne le communiqué, indiquant que « le mohafez de Beyrouth Marwan Abboud a confié à la brigade des pompiers de Beyrouth le soin d’effectuer les travaux ». « Le directeur du Centre des forêts de Beyrouth a établi un rapport (a posteriori) dans lequel il certifie la conformité de ces travaux au permis délivré par le ministère de l’Agriculture », s’est félicité le ministère de la Justice.

La conformité des travaux au permis, c’est ce dont doute fort le bâtonnier de Beyrouth Nader Gaspard. « Les pompiers de Beyrouth ont été chargés d’élaguer les arbres du Palais de justice dans le cadre d’un suivi sanitaire et sécuritaire du patrimoine arboré », indique-t-il à L’Orient-Le Jour. « Or il y a une différence entre élagage et tronçonnage », s’indigne-t-il, estimant que les arbres ont été coupés alors qu’ils n’étaient pas malades. « Au moment même où je vous parle, je regarde de la fenêtre de mon bureau le tronc d’un arbre atteignant près de 50 centimètres de diamètre. Il a été scié alors qu’il est blanc comme neige et ne présente aucune porosité qui serait le signe d’une quelconque maladie », déplore-t-il.

Contacté par notre journal, le colonel Maher Ajouz, commandant de la brigade des pompiers de Beyrouth, réplique que la saine apparence du tronc est le résultat du découpage de toute sa partie « pourrie ». « Les arbres que nous avons sectionnés constituaient un danger pour la sécurité publique », soutient-il, soulignant que « le choix ne se pose pas entre tenter de conserver un arbre centenaire qui risque d’être arraché à tout instant et préserver les passants et les automobilistes ». Samedi, ayant constaté l’ampleur des dégâts, le bâtonnier de Beyrouth a dû contacter le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, tandis que le secrétaire général du conseil de l’ordre des avocats, Saad Khatib, a joint le directeur général du ministère de la Justice, Mohammad Masri, pour que les tronçonneuses et scies électriques se taisent. Entre-temps, « 30 % des arbres avaient déjà été sauvagement élagués ou coupés », affirme M. Khatib à L’OLJ.

Une coupe qui aurait pu être évitée

Les arbres devaient-ils vraiment être coupés ? Marc Beyrouthi, ethnobotaniste, à qui L’Orient-Le Jour a soumis des photos d’arbres tronçonnés, estime que « la coupe aurait pu être évitée, d’autant que certains de ces arbres étaient d’espèces puissantes et ne risquaient donc pas de tomber, en dépit de la porosité qui les affectait ». « Quoi qu’il en soit, les troncs n’auraient pas dû être sciés de façon aussi barbare », tranche-t-il.

Dans son communiqué, le ministère de la Justice ne reconnaît aucune atteinte à l’environnement. Saad Khatib, quant à lui, adresse ses critiques autant au ministère de la Justice qu’à celui de l’Agriculture, qui selon lui « n’ont pas dépêché des éléments pour surveiller la bonne marche des travaux ». Il se demande par ailleurs « pourquoi ce n’est pas la municipalité qui a ébranché les arbres, alors qu’elle est la partie habilitée à le faire ». « Ce n’est pas aux pompiers de s’acquitter d’une telle tâche. Ils peuvent accessoirement accompagner les agents municipaux là où les arbres s’avèrent trop hauts », martèle-t-il. Réponse du colonel Ajouz : « La municipalité est en manque d’effectifs. » Il affirme qu’avec le lieutenant Mohammad Hadba, il avait fait il y a un mois une tournée d’inspection dans la cour du Palais de justice. « Des racines se ramifiaient au-dessus du sol et des arbres poussaient entre les marches des escaliers », avance-t-il. Suite à l’ordre d’arrêt émis par le procureur et l’enquête engagée, les travaux ne risquent pas jusqu’à nouvel ordre de recommencer, d’après des sources concordantes. Toutefois, une question subsiste : une bonne partie du bois coupé avait disparu au lendemain de l’abattage, n’ayant pas été entièrement dégagé par les pompiers. Le parquet de cassation devrait investiguer pour savoir qui s’en est emparé. M. Ajouz assure que son équipe n’y est pour rien et que des inconnus avaient déjà coupé des arbres avant sa prise en charge des travaux.


Un scandale écologique tout à fait inattendu vient de secouer le Palais de justice à Beyrouth. Sous couvert d’élagage de leurs branches, de nombreux arbres centenaires plantés dans l’enceinte du palais ont été tronçonnés samedi en l’espace d’une matinée par la brigade des pompiers de Beyrouth. L’enquête ouverte par le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan...

commentaires (15)

Dans les pays civilisés, et nous n'en faisons pas partie, loin s'en faut, on appelle de vrais experts et le cas échéant, on étaye les arbres qui presentent un risque. Ces arbres ont été coupés par pure cupidité, comme souvent, déboisement barbares et mise a feu. Sans commentaires supplémentaires.

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20 h 08, le 15 décembre 2021

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Commentaires (15)

  • Dans les pays civilisés, et nous n'en faisons pas partie, loin s'en faut, on appelle de vrais experts et le cas échéant, on étaye les arbres qui presentent un risque. Ces arbres ont été coupés par pure cupidité, comme souvent, déboisement barbares et mise a feu. Sans commentaires supplémentaires.

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    20 h 08, le 15 décembre 2021

  • Rien ne surprend dans ce triste pays...

    Fadi Chami

    20 h 00, le 15 décembre 2021

  • C'est vraiment triste... Rien d'autre à dire.

    Jean-Paul Khayat

    18 h 20, le 15 décembre 2021

  • Quelle honte …

    Eleni Caridopoulou

    16 h 58, le 15 décembre 2021

  • Des brutes épaisses, partout aux manettes de ce malheureux pays.

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    14 h 18, le 15 décembre 2021

  • Quelle honte ces pompiers, il faut qu’ils soignent leur vocabulaire et qu’ils étoffent le nombre de mots dans leur cervelle. Élaguer un arbre est une nécessité pour qu’il vive bien mais le tronçonner est un crime. Il n’y a dans ce pays aucun respect ni pour l’être humain ni pour l’environnement, les exemples sont tellement nombreux…scandale écologique honteux

    Karam Georges

    13 h 27, le 15 décembre 2021

  • Les crimes dans votre Pays , ne se limitent malheureusement pas aux arbres . Regrettable dans tous les cas.

    DRAGHI Umberto

    12 h 54, le 15 décembre 2021

  • Un crime contre l’environnement et donc contre l’humain ! Un de plus !

    nabil zorkot

    12 h 25, le 15 décembre 2021

  • WOW.....criminels ....les chiens aboient et la caravane passe....tous les crimes passent ici ?!?

    Marie Claude

    11 h 53, le 15 décembre 2021

  • Bande de C,,dégénérés !

    Wow

    11 h 29, le 15 décembre 2021

  • LA SAUVAGERIE EST DEVENUE PARTIE DU RITUEL FOLKLORIQUE DU PAYS.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    10 h 38, le 15 décembre 2021

  • L'ere de la terre brûlée et du mensonge qui assassine jusqu'aux arbres.

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    10 h 33, le 15 décembre 2021

  • Encore un crime contre la nature et contre ce qui reste de ces arbres qui se comptent sur les doigts et le comble autour du palais de Justice .La Honte .

    Antoine Sabbagha

    10 h 20, le 15 décembre 2021

  • """la menace pour ...les passants... ???"" OH DIEU QU'ILS SONT CONS ! VS AVEZ BIEN LU ? MENACES AUX PASSANTS ? """Un garde forestier a répertorié 73 arbres à élaguer et 4 autres à abattre, « le mohafez de Beyrouth Marwan Abboud fut convaincu""" mais oui vs avez bien compris: un garde forestier.... RIEN DE MOINS QU'UN GARDE FORESTIER A decrete.... ET LE MOHAFEZ D'Y ALLER TOUT DE GO , CE MEC C'EST POUR LUI QUE MONSEIGNEUR AUDI A FAIT DES PIEDS ET DES MAINS POUR LE NOMMER A CETTE FONCTION ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 04, le 15 décembre 2021

  • "Un garde forestier avait été chargé d’inspecter le site ". Depuis quand un simpe garde est-il compétent pour juger de l'état d'un arbre? Il n'existe pas d'ingénieurs forestiers au ministère de l'agriculture?

    Yves Prevost

    07 h 30, le 15 décembre 2021

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