Rechercher
Rechercher

Culture - Cinéma

« West Side Story » selon Spielberg : toujours enchanteur, davantage politique

« West Side Story » selon Spielberg : toujours enchanteur, davantage politique

« West Side Story » de Steven Spielberg. PhotoTwentieth Century Fox/Allstar

Un West Side Story fidèle à l’original mais davantage politique : Steven Spielberg livre le 10 décembre (sortie mondiale) sa relecture d’une comédie musicale new-yorkaise devenue un monument de la culture populaire américaine.

Les aficionados ne seront pas déçus : séquences chorégraphiées renouvelées et virtuoses, dont un prologue (l’un des moments cultes du premier film) à couper le souffle, chansons inoubliables (America, Tonight...), affrontements entre les Jets et les Sharks... Ils retrouveront les fondamentaux de ce Roméo et Juliette des temps modernes, dans le New York de la fin des années 1950.

Génie d’Hollywood âgé de 74 ans, Spielberg, qui a marqué des générations de spectateurs avec E.T., Jurassic Parc ou Il faut sauver le soldat Ryan, rêvait depuis des décennies de filmer l’amour tragique et impossible entre Maria, venue de Porto Rico, et Tony, ancien chef d’une bande de jeunes garçons des rues, venu de l’immigration européenne.

Le spectacle musical, créé à Broadway en 1957 et interprété depuis à d’innombrables reprises aux États-Unis et ailleurs, est resté célèbre par sa première adaptation cinématographique, signée Robert Wise et Jerome Robbins, quatre ans plus tard.

Elle avait remporté dix Oscars, dont deux pour l’interprétation, à George Chakiris (Bernardo) et Rita Moreno (Anita), première actrice hispanique à recevoir la statuette. À 89 ans, cette dernière assure la transmission d’héritage avec le film de Steven Spielberg : elle y joue la veuve du « Doc », un rôle nouveau et l’une des rares libertés que prend le scénario avec l’œuvre originale.

Visuellement, le West Side Story de Spielberg met un coup de vieux à la version de 1961 et la maîtrise de Spielberg, ainsi que les gros moyens à sa disposition (100 millions de dollars selon Variety), se ressentent à chacun des plans de cette ode au New York plein de vie des années 1950.

« La ville d’hier existe encore aujourd’hui (...) et nous avons tourné dans des endroits qui n’avaient pas changé », s’est amusé Spielberg en conférence de presse : les effets spéciaux ont simplement consisté à retirer « les climatisations, les antennes satellites et les barrières aux fenêtres », que la réglementation oblige désormais à installer. Les rôles principaux sont confiés à de jeunes talents, parfois novices devant la caméra, comme Rachel Zegler, repérée au lycée pour interpréter Maria, mais qui ne se laissent pas écraser par le rôle. Tony est interprété par Ansel Elgort, révélé dans The Fault In Our Stars (Nos étoiles contraires).

Mention spéciale aux seconds rôles d’Anita (Ariana DeBose) et Riff (Mike Faist), qui pourraient s’offrir là leur ticket pour les Oscars.

Plus politique

À soixante ans d’écart, alors que les questions de racisme et de violence continuent de tarauder les États-Unis, Hollywood pouvait-il filmer de la même façon cette histoire d’amour brisée par la haine raciale – la première version ayant été critiquée pour l’image qu’elle renvoyait des Portoricains ?

« Il aurait été bizarre de transposer les chansons en 2021 », a déclaré en conférence de presse le scénariste Tony Kushner, estimant qu’il n’y avait « rien de daté » dans la partition.

Passant quelque peu à l’arrière-plan dans le film de 1961, le contexte politique est remis à l’avant-scène par Steven Spielberg. « Le film est plus politique que le premier », a souligné Rita Moreno. Plus violent aussi.

Quant au casting, pas question, comme dans les années 1960, de faire jouer les jeunes Portoricains par des acteurs blancs – sauf Rita Moreno. Les interprètes d’aujourd’hui ont été recrutés dans la communauté latino.

De nombreuses répliques entre les Sharks sont prononcées en espagnol, avec le choix assumé de ne pas les sous-titrer, ni en anglais aux États-Unis, ni en français dans les salles tricolores. « La langue espagnole devait exister (à l’écran) dans les mêmes proportions que l’anglais », a souligné Spielberg.

Et le contexte socio-économique de l’époque, avec la destruction de quartiers pauvres de New York pour y édifier de nouveaux bâtiments réservés à des classes plus aisées, ou encore le racisme de la police, est davantage développé.

« Ils se battent à propos de leurs origines. Mais le territoire sur lequel ils se battent est lui-même sous la menace d’une démolition » par des promoteurs, a tenu à souligner Steven Spielberg.

Francois BECKER/AFP


Un West Side Story fidèle à l’original mais davantage politique : Steven Spielberg livre le 10 décembre (sortie mondiale) sa relecture d’une comédie musicale new-yorkaise devenue un monument de la culture populaire américaine. Les aficionados ne seront pas déçus : séquences chorégraphiées renouvelées et virtuoses, dont un prologue (l’un des moments cultes du premier...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut