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Dernières Infos - Enquête sur les explosions au port de Beyrouth

Des familles de victimes manifestent devant le palais de Justice

Des familles de victimes manifestent devant le palais de Justice

Vue sur les silos détruits au port de Beyrouth, le 29 juillet 2021. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Des familles de victimes de la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth ont manifesté jeudi matin devant le palais de Justice de la capitale, en signe de solidarité avec le juge d'instruction Tarek Bitar, chargé de l'investigation et qui fait face à de forte ingérences et obstructions de la part de politiques qu'il poursuit.

"Il est temps que la justice prenne une solution drastique et qu'elle ait recours à sa conscience afin que l'enquête se poursuive et pour que nous parvenions à la vérité", a affirmé l'un des porte-paroles des familles lors du sit-in.

"Vous avez commis un autre crime à notre égard et l'Histoire ne vous pardonnera pas", a lancé une autre proche de victimes, en s'adressant aux dirigeants politiques visés par l'enquête et qui tentent de la torpiller.

William Noun, un jeune homme qui a perdu son frère, pompier, lors de l'explosion, a accusé un officier de l'armée de falsifier l'enquête, montrant aux caméras des documents qui, selon lui, prouvent cela.

Plus de quinze mois après la tragédie du 4 août 2020 au port de Beyrouth, qui avait fait plus de 200 morts et 6000 blessés, l'enquête continue de piétiner, alors que la classe politique multiplie les bâtons dans les roues du juge Tarek Bitar. Plusieurs personnalités poursuivies dans le cadre de l'investigation utilisent les moyens judiciaires pour tenter de l'écarter, interrompant ainsi volontairement le cours de l'enquête qui est actuellement encore suspendue.

Le juge Habib Mezher, président par intérim de la 12e chambre civile de la cour d’appel, qui avait "abusivement", selon l’analyse de plusieurs personnalités de référence dans le monde judiciaire, suspendu l’enquête du juge Tarek Bitar, a été dessaisi de l’affaire mardi. Un dessaisissement qui ne permet pas pour autant au magistrat de reprendre la main sur le dossier du port, car il faut, entre autres, encore attendre la décision de Mezher concernant la notification de la demande de récusation du juge Bitar. Entre temps, une quinzaine de personnes, dont l'ancien directeur des Douanes, Badri Daher, restent en détention. Mais aucun responsable politique de premier rang n'a été arrêté jusque-là, malgré plusieurs mandats visant des dirigeants ou ex-dirigeants de premier rang, comme l'ex-chef du gouvernement Hassane Diab, ou les députés Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et Nohad Machnouk ainsi que l'ex-ministre Youssef Fenianos.


Des familles de victimes de la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth ont manifesté jeudi matin devant le palais de Justice de la capitale, en signe de solidarité avec le juge d'instruction Tarek Bitar, chargé de l'investigation et qui fait face à de forte ingérences et obstructions de la part de politiques qu'il poursuit."Il est temps que la justice prenne une solution...