Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, réitérant sur la MTV que la crise n’est pas due à la politique de la Banque centrale. Capture d’écran de l’émission « Sar el-Waqet »
Jeudi, le réseau journalistique OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) a publié sur son site l’information selon laquelle le Liechtenstein a officiellement ouvert une enquête pour « blanchiment d’argent » en relation avec le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé. Une information confirmée à l’OCCRP via un mail du procureur en chef du Liechtenstein, Robert Wallner. Cette enquête vient s’ajouter à celles déjà officiellement en cours pour plusieurs motifs au Liban, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg, concernant certains transferts d’argent de la BDL et la fortune personnelle de Riad Salamé et son entourage. Une source proche du dossier avait de fait indiqué à L’Orient-Le Jour que plusieurs pays européens enquêtaient et coopéraient actuellement de manière informelle et que les investigations tendaient à se formaliser au fur et à mesure.
Durant les deux dernières années de crise que traverse le pays, le gouverneur a démenti à de nombreuses reprises les accusations lancées contre lui, jusqu’à annoncer mercredi avoir fait appel à un cabinet « de premier rang » dans le but d’auditer les opérations de transactions et d’investissements le concernant. Alors qu’il en avait tu le nom dans un premier temps, Riad Salamé a finalement révélé jeudi soir sur la chaîne MTV que ce cabinet était BDO, Semaan, Gholam & Co, une entreprise fondée en 1930 selon leur site web.
Ce cabinet, qui audite notamment les bilans financiers de plusieurs banques libanaises, aurait donc été chargé de vérifier certains transferts de la BDL ayant eu lieu entre 2002 et 2014, notamment avec l’entreprise Forry Associates Ltd (Forry) dont le bénéficiaire économique est Raja Salamé, le frère de Riad Salamé, ainsi que la fortune personnelle du gouverneur. Ce type d’audit toutefois, mené sous « la norme internationale de services connexes 4440 (révisée) », ne vérifie pas tous les aspects d’une entreprise ou d’une transaction mais uniquement ceux demandés par le client, a expliqué un expert-comptable à L’Orient-Le Jour. En somme, dans le cadre de cet audit commandé par le gouverneur lui-même, celui-ci a simplement pu choisir ce qui pouvait être audité ou pas, poussant l’expert susmentionné à mettre en doute la crédibilité d’une telle procédure.
Lors de l’entretien accordé à la MTV, Riad Salamé a affirmé que cet audit prouve qu’aucun denier de l’État n’a été déboursé illégalement et qu’il en enverra une copie à la justice libanaise et aux justices internationales qui ont entamé des poursuites, ainsi qu’à la présidence du Conseil des ministres, soit Nagib Mikati. Cette dernière étape ayant été actée hier.
Interrogé au sujet de la possibilité d’une levée du secret bancaire sur les comptes de Raja Salamé, le gouverneur a insisté sur le fait que son frère n’occupe pas de poste public et ne travaille pas pour l’État. Ce qui implique donc, selon lui, qu’il est « comme tout le monde » et que cette levée ne peut être décidée que par la Commission spéciale d’enquête (SIC, en anglais), un organe dépendant de la BDL et également présidé par Riad Salamé. La loi n° 44 de 2015 relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme indique en effet que la SIC est la seule entité autorisée à lever le secret bancaire.
Pourtant, en sa qualité de frère du gouverneur de la Banque centrale, Raja Salamé est considéré comme une personne liée de près ou de loin à la fonction publique (les personnes politiquement exposées – PEP). Il doit donc lui-même déclarer son patrimoine selon la loi n° 189 de 2020. De plus, une source judiciaire rappelle que Raja Salamé, en tant que bénéficiaire économique d’une entreprise traitant avec l’État (la BDL), n’est alors plus considéré comme une personne ordinaire.
Enfin, démentant toute responsabilité de la politique de la BDL, Riad Salamé répète depuis près de deux ans que les causes de la crise sont d’une part l’instabilité politique et d’autre part le défaut de paiement sur la dette en devises en mars 2020.



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Ah non trop c est trop , cela devient de plus en plus lassant … Encore un pays le Liechtenstein qui vient s ajouter au Liban , la France , le Royaume Uni , la Suisse , l Allemagne et j en passe … Ce cirque organisé se transforme en véritable mascarade résultante d organisateurs d une cabale fomentés par certains soi disant protecteurs des déposants qui ne cessent de se noyer , de se tromper de cible à l encontre d une Institution financière dont leur seul but escompté : l assassinat de son Gouverneur .. Une cabale qui a ce jour se chiffre en Millions , rien qu à lire les articles modeler et remodeler , publiés par des rédacteurs considérés soi disant de haut niveau par une presse Internationale …. Il serait bon que cessent ces agressions destructrices répétées et faut savoir se calmer , quand même savoir faire confiance à la justice des pays étrangers qui a ce jour demeurent sous silence et ne se sont pas prononcés… Si les gouvernants de l époque avaient respecté les engagements a l échéance d un État qui se respecte , je signifie l échéance des Eurobonds grincements de dents et pleurs auraient été évité …
20 h 27, le 21 novembre 2021