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Auto - Pollution / Environnement

Engagements vers la fin des voitures thermiques neuves d’ici à 2040

Toyota explique pourquoi il ne signe pas un accord global.

Engagements vers la fin des voitures thermiques neuves d’ici à 2040

D’ici à 2040, les voitures neuves à moteur thermique, comme cette Ferrari F8 Tributo Spider circulant dans le centre-ville de Rome, doivent avoir disparu du paysage automobile. Alberto Pizzoli/AFP

Une trentaine de pays, plusieurs régions et une dizaine de constructeurs automobiles se sont engagés mercredi dernier à « travailler » pour faire en sorte que, d’ici à 2040, toutes les voitures neuves vendues soient zéro émission, selon un communiqué de la présidence britannique de la COP26 – la conférence climat de l’ONU. « Ensemble, nous travaillerons pour faire en sorte que toutes les nouvelles voitures et camionnettes soient zéro émission au niveau mondial d’ici à 2040 et au plus tard d’ici à 2035 dans les principaux marchés », peut-on lire dans cette déclaration qui insiste sur le fait que l’engagement n’est pas contraignant.

Parmi les signataires, figurent quelques pays développés, dont le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suède et Israël, qui s’étaient déjà engagés à la fin des ventes des voitures à moteur thermique d’ici à 2030, et la Norvège qui a pris cet engagement pour 2025. En revanche, les importants pays constructeurs que sont la Chine, les États-Unis, le Japon, la France ou l’Allemagne n’ont pas signé. « Sur 2035, nous sommes d’accord sur le principe de la fin de la vente des véhicules non électrifiés », a commenté la ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, soulignant toutefois qu’un débat était en cours au sein de l’UE sur le fait d’inclure ou non les hybrides dans cette catégorie. « L’Allemagne ne signera pas cette déclaration », a quant à lui confirmé à la COP26 le secrétaire d’État à l’Environnement Jochen Flasbarth, car le document exclut le rôle des carburants de synthèse reposant sur des énergies renouvelables. Le ministre a regretté que la présidence britannique de la COP26, à l’origine de cette initiative, ait ainsi « créé une difficulté qui n’était pas nécessaire ». Et « nous l’avons dit aux Britanniques ». L’objectif des États-Unis de 50 % de véhicules zéro émission vendus en 2030 intègre non seulement les véhicules entièrement électriques ou à hydrogène, mais aussi des hybrides rechargeables ayant donc toujours un moteur à explosion. Parmi les constructeurs, Toyota, Volkswagen et Renault-Nissan-Mitsubishi ne sont pas non plus signataires de la déclaration. Ford, Mercedes-Benz, General Motors et Volvo, qui avaient déjà des objectifs de sortie des moteurs thermiques, ont en revanche rejoint cette initiative.

Dans ces conditions, l’annonce a été accueillie avec scepticisme par les ONG défendant la cause climatique, les transports étant l’un des principaux secteurs d’émission de gaz à effet de serre. « Pour arrêter les énergies fossiles, nous devons mettre un terme à notre dépendance. Cela veut dire passer des moteurs à combustion aux véhicules électriques et créer des réseaux de transports publics propres sans délai », a commenté dans un communiqué Martin Kaiser, de Greenpeace Allemagne. « Ce qui est très inquiétant est que des économies majeures, comme les États-Unis, l’Allemagne, la Chine, le Japon et des constructeurs comme VW, Toyota et Hyundai, n’ont même pas voulu signer une déclaration sur les véhicules électriques qui promet moins que ce qui serait nécessaire pour conserver une certaine sécurité climatique », a-t-il ajouté.

Dans sa feuille de route pour parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050 et ainsi limiter le réchauffement à +1,5° C par rapport à l’ère préindustrielle, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) plaide pour la fin des ventes de voitures thermiques neuves dès 2035.


Toyota, redevenu n° 1 mondial, n’a pas paraphé la déclaration de la COP26 sur les voitures thermiques, expliquant qu’il lui était « difficile » de signer le texte « pour le moment ». Philip Fong/AFP

Rythmes différents

Le même jour, après la publication du communiqué de la présidence britannique de la COP26, Toyota – redevenu n° 1 mondial de l’automobile en 2020 – a justifié son choix de ne pas parapher la déclaration à laquelle ont adhéré General Motors, Ford, Mercedes-Benz ou encore Volvo Cars (appartenant au chinois Geely). Mais le japonais Toyota n’y figure donc pas, ni Volkswagen, Stellantis (PSA-FCA), Renault-Nissan-Mitsubishi ou encore Hyundai-Kia.

Dans un communiqué, Toyota a dit qu’il lui était « difficile » de signer le texte de la COP26 « pour le moment ». Dans un entretien à la presse, Kohei Yoshida, un haut responsable de ZEV Factory (la division de Toyota dédiée au développement de véhicules zéro émission), a estimé qu’il y avait « beaucoup de façons de se diriger vers la neutralité carbone ». « Il est très important de s’assurer d’avoir tous les pays et régions (...) en tête quand nous avançons vers la neutralité carbone », a déclaré cet ingénieur de formation. Or, « il faudra plus de temps pour installer et développer des infrastructures adaptées aux véhicules 100 % électriques ou roulant à l’hydrogène » dans certaines régions du monde, comme l’Afrique et l’Amérique latine, a-t-il ajouté. « Nous respectons la philosophie et les objectifs qui sont discutés à la COP26, et évidemment, nous voulons relever les mêmes défis », a-t-il assuré. « Mais les progrès se font à des rythmes différents selon les régions », a-t-il insisté. Le fait que chaque acteur « essaie de faire des efforts vers la neutralité carbone importe plus que d’avoir une déclaration commune ».

Toyota a écopé de la plus mauvaise note (ex aequo avec Stellantis) dans un récent rapport de Greenpeace évaluant les efforts et engagements environnementaux des dix premiers constructeurs automobiles mondiaux. L’ONG lui reproche surtout de miser toujours largement sur ses véhicules hybrides, qui composent actuellement l’immense majorité de ses ventes électrifiées. Toyota a écoulé près de 2 millions de véhicules hybrides dans le monde en 2020. « Les technologies hybrides vont être un moyen très important pour réaliser la neutralité carbone » dans les pays en développement, car elles améliorent l’efficacité énergétique des véhicules, a plaidé M. Yoshida. Toyota a tardé à se mettre sérieusement aux véhicules 100 % électriques, mais accélère désormais dans cette voie également. En septembre, il a annoncé qu’il allait investir l’équivalent de plus de 11 milliards d’euros dans le développement de batteries d’ici à 2030 pour véhicules électriques et hybrides. Il compte aussi lancer 15 modèles 100 % électriques d’ici à 2025.

L’hydrogène toujours balbutiant

Le groupe est aussi connu pour être un pionnier mondial des véhicules à hydrogène : sa première voiture à pile à combustible, la Mirai, est sortie en 2014, et la seconde génération en 2020. Cette motorisation n’émet pas directement de gaz à effet de serre, mais l’immense majorité de la production mondiale d’hydrogène est actuellement très polluante. En outre, ces types de véhicules demeurent encore onéreux et le nombre de stations à hydrogène dans le monde extrêmement faible.

Aussi, ce marché peine-t-il à décoller : quelque 43 000 véhicules à hydrogène circulaient dans le monde à la mi-2021, contre 11 millions de véhicules électriques, selon un récent rapport de l’AIE. Fin septembre, les ventes cumulées de la Mirai de Toyota depuis 2014 s’élevaient à peine à 17 000 unités, une goutte d’eau pour un groupe écoulant 9 à 10 millions de véhicules par an dans le monde. Mais Toyota n’a pas l’intention d’abdiquer. « Nous devons améliorer la performance » des véhicules à hydrogène, assure M. Yoshida. « Nous devons faire des efforts pour que la société dans son ensemble comprenne l’utilité » de cette énergie. En continuant de perfectionner son savoir-faire en la matière, Toyota sera en mesure d’offrir à ses clients les véhicules à hydrogène « appropriés » quand « le moment sera venu », a-t-il ajouté. En se gardant bien de prédire le jour de cet avènement.

Source : AFP


Une trentaine de pays, plusieurs régions et une dizaine de constructeurs automobiles se sont engagés mercredi dernier à « travailler » pour faire en sorte que, d’ici à 2040, toutes les voitures neuves vendues soient zéro émission, selon un communiqué de la présidence britannique de la COP26 – la conférence climat de l’ONU. « Ensemble, nous travaillerons pour...

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