Photo d’illustration Yavdat/Bigstock
Jeudi soir, quatre associations, la Lebanese Transparency Association (LTA), l’Association libanaise pour les droits et l’information des contribuables (Aldic), l’Association des directeurs certifiés contre la corruption (Lebanon Certified Anti-Corruption Managers – Lebanon CACM) et l’ordre des experts-comptables au Liban, se sont dit « alarmés » par les discussions autour d’un changement des normes comptables. Selon elles, l’abandon des normes comptables internationales, actuellement IFRS9 (International Financial Reporting Standards), aura des conséquences sévères « sur la transparence, l’intégrité et la crédibilité » des audits financiers des entreprises, ce qui pourrait « décourager les investisseurs locaux et étrangers ». Or, ces derniers sont nécessaires en période de crise économique comme celle que traverse le pays depuis deux ans. Les auteurs mettent également l’accent sur le fait que le changement de normes ne permettra plus d’appliquer certaines lois, comme celle de la banqueroute (loi 2/67), à un moment où la restructuration du secteur bancaire est nécessaire.
Depuis plusieurs mois, des discussions avec plusieurs professionnels, dont des auditeurs, des banques et de grandes entreprises, ont lieu avec le ministère des Finances pour modifier les normes, étant sommées par ce dernier de suivre les normes comptables internationales depuis 2001. Mais, selon plusieurs sources, les principaux problèmes de l’application des normes comptables internationales surviennent en raison du taux de change, impliquant alors la nécessité d’appliquer la norme IAS 29 concernant l’hyperinflation, et des provisions instituées par la Banque du Liban (BDL) en août 2020. Mais d’autres acteurs appellent plutôt les responsables à assumer leurs responsabilités et à unifier les taux de change sur le marché. En effet, s’y côtoient notamment le taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, le taux des dollars bancaires de 3 900 livres et le taux du marché parallèle, qui frôlait hier les 23 000 livres.
La BDL a justement publié la circulaire n° 600 le 3 novembre courant, demandant aux banques d’appliquer les normes comptables IFRS9, une grande partie ne le faisant plus depuis 2019. Toutefois, alors que les établissements financiers devraient également provisionner selon les normes IFRS9, soit selon la valeur du marché, la banque centrale leur a demandé dans cette circulaire de ne pas respecter ces règles en leur imposant plutôt de les comptabiliser selon la devise de l’opération, par exemple en dollars pour les eurobonds (dette en devises) sur lesquels l’État a fait défaut en mars 2020.

