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Nos Lecteurs ont la Parole

Omar Harfouch, un profil de sauveur ?

Peu de temps encore, nous étions pris, comme par défaut, dans l’engrenage des mêmes figures politiques libanaises, omniprésentes dans l’arène médiatique depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui, une nouvelle personnalité s’impose dans le milieu politique en se faisant connaître comme « chef du Parti de la troisième République libanaise ». Jusqu’alors peu connu des Libanais, Omar Harfouch d’origine libanaise a passé maintes années à l’étranger. Malgré le fait qu’il possède la double nationalité franco-libanaise, son attachement et son amour pour le Liban ne l’ont pas laissé indifférent. Ainsi ce quinquagénaire décide-t-il de se frayer un chemin périlleux mais digne d’efforts, selon lui, dans une vie politique profanée par les politicards du pays du Cèdre. Le samedi 6 novembre, l’homme d’affaires sunnite annonce officiellement sa candidature dans la deuxième circonscription de Tripoli, pour les élections législatives prévues en mars 2022.

De son ambition incommensurable, de son zèle presque inné, M. Harfouch se montre confiant et déterminé à bouleverser le statu quo qui ne cesse d’enfoncer le pays dans l’anarchie absolue, voire à décrocher ultérieurement le poste de Premier ministre du Liban, et ce dans le but de changer les lois qui mettent en sûreté les corrompus. Récupérer impérieusement les fonds volés des Libanais – puisque ses bonnes relations internationales le permettent –, balayer sur son passage la haine confessionnelle que le discours de la classe politique a depuis toujours semée, ratifier le droit de la femme libanaise à donner sa nationalité à ses enfants, revisiter la loi électorale qui garantit la pérennité des courants politiques actuels semblent être au menu du programme électoral de Harfouch.

Dans son discours prononcé alors qu’il est entouré de sa famille, M. Harfouch affirme fermement par le biais de phrases simples mais bien choisies qu’il est prêt à mener à bout ce combat politique pourvu que les Libanais récupèrent leur patrie. Cependant, il invite avec insistance ses compatriotes et la diaspora libanaise à participer au changement qui demeure le seul choix pour ranimer leur pays anéanti. Alors, les Libanais assoiffés de changement seront-ils au rendez-vous ? Ou bien la crise de confiance dont ils souffrent à cause de l’inertie du gouvernement face à leurs demandes les plus rudimentaires les comatera ? Le Libanais choisira-t-il la condamnation en retournant dans les bras de son bourreau ? Ou votera-t-il en faveur de celui qui a rendu hommage à Beyrouth lors d’un concert au Sénat français ? Omar Harfouch ne mérite-t-il pas une chance pour se prouver et peut-être apporter de nouvelles réformes ? Serait-il sincèrement fidèle à l’image qu’il prétend être en brossant le portrait d’une démarche prometteuse ? Ou bien serait-il un opportuniste dissimulé sous un profil de sauveur ?

Finalement, le peuple libanais détient lui seul le pouvoir de renverser la table grâce à sa voix électorale. Néanmoins, que choisira-t-il cette fois ? La liberté ou l’assujettissement ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Peu de temps encore, nous étions pris, comme par défaut, dans l’engrenage des mêmes figures politiques libanaises, omniprésentes dans l’arène médiatique depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui, une nouvelle personnalité s’impose dans le milieu politique en se faisant connaître comme « chef du Parti de la troisième République libanaise ». Jusqu’alors peu...

commentaires (1)

un peu trop clownesque pour etre serieusement suivi/ elu !

Gaby SIOUFI

14 h 47, le 13 novembre 2021

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Commentaires (1)

  • un peu trop clownesque pour etre serieusement suivi/ elu !

    Gaby SIOUFI

    14 h 47, le 13 novembre 2021

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