L’ONU a affirmé hier que l’Éthiopie retenait 72 chauffeurs du Programme alimentaire mondial (PAM) dans une ville du nord du pays située sur la seule route permettant l’acheminement d’aide humanitaire au Tigré, région ravagée par la guerre et la famine. Ces détentions interviennent au lendemain d’arrestations d’employés éthiopiens de l’ONU, en pleine intensification des efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit qui oppose depuis un an rebelles tigréens et forces progouvernementales. « Nous confirmons que 72 chauffeurs contractuels engagés par le PAM sont détenus à Semera. Nous sommes en contact avec le gouvernement éthiopien afin de comprendre les raisons de leur détention », a affirmé un porte-parole de l’ONU. « Nous plaidons auprès du gouvernement pour assurer leur sécurité et l’entière protection de leurs droits légaux et humains », a ajouté ce porte-parole. La veille, 22 employés éthiopiens de l’ONU ont été arrêtés après un vaste coup de filet ciblant des Tigréens dans la capitale Addis-Abeba. Six d’entre eux ont été libérés, mais 16 restaient en détention, selon le porte-parole de l’organisation à New York, Stéphane Dujarric. Ces arrestations font suite à l’état d’urgence décrété la semaine dernière par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, alors que les combattants rebelles ont menacé de marcher sur la capitale. La guerre a débuté le 4 novembre 2020 quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l’armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires. Le Prix Nobel de la paix 2019 a déclaré la victoire trois semaines plus tard. Mais les combattants du TPLF ont repris en juin l’essentiel du Tigré puis avancé dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, où se trouve Semera.
Monde - Conflit
L’ONU affirme que l’Éthiopie retient 72 chauffeurs du PAM dans le Nord en guerre
OLJ / le 11 novembre 2021 à 00h00

