C’est la baisse en glissement annuel des importations de dérivés du pétrole au premier semestre, passant de 3,49 milliards de tonnes à juin 2020 à 3,22 milliards à la même période cette année. Elle fait suite à une chute encore plus prononcée des importations de 13,83 %, alors qu’elles étaient de 4,05 milliards de tonnes en 2019.

Les importations de dérivés du pétrole incluent non seulement les carburants tels que le mazout ou encore l’essence utilisés au Liban pour alimenter les générateurs qui prennent le relais lors des nombreuses heures de rationnement de la part d’Électricité du Liban (EDL) et pour faire fonctionner les véhicules de transport routier (bus, camions, voitures, motos, etc.), mais aussi du kérosène utilisé par les avions ou encore l’asphalte. La baisse, débutée en 2019 et qui a continué en 2020 et en 2021, s’explique par de nombreux facteurs. Tout d’abord, des blocages de routes ont eu lieu entre octobre 2019 et janvier 2020, demandant la démission de la classe politique dirigeante jugée corrompue, et qui a donc limité les déplacements et par la suite la demande et donc les importations d’essence et de mazout. Depuis mars 2020, le gouvernement libanais décrétait de temps en temps des mesures de confinement pour enrayer la propagation du Covid-19 et a donc drastiquement réduit le besoin en carburant dans le pays. Toutefois, depuis juin 2020, les prix de l’essence et du mazout ont commencé à augmenter, en raison d’une baisse des subventions de la Banque du Liban depuis octobre 2019. Deux ans après cette date, le taux de change des devises fournies par la banque centrale est presque équivalent à celui du marché parallèle, provoquant de fortes hausses des prix mais diminuant les files d’attente d’automobilistes aux pompes. Cette mesure devrait donc permettre de réduire les importations de dérivés du pétrole, mais en parallèle, EDL a augmenté les heures de rationnement par manque de carburant, fournissant alors uniquement une à deux heures de courant par jour en été maximum, obligeant alors les Libanais à compter de plus en plus sur les générateurs privés, qui eux aussi n’arrivaient pas à se fournir en carburant au taux officiel. Mais durant la période des subventions, de longues files d’attente se sont formées aux abords des stations-service, plusieurs personnes ayant décidé de stocker du carburant chez elles ou de les revendre en Syrie voisine, profitant d’un très bas prix au Liban. Tout cela ne permet donc pas d’imaginer quelle sera l’évolution des importations de dérivés du pétrole à la fin de l’année.
À noter toutefois que le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé avait annoncé que les importations de carburant uniquement au premier semestre 2019 étaient égales aux importations totales de 2018, rejetant ainsi la faute sur la contrebande vers la Syrie. Le pays voisin subit en effet des sanctions internationales ne lui permettant pas d’importer assez de carburant. Les chiffres à juin lui donnent raison. Au premier semestre 2019, le Liban avait importé 4,05 milliards de tonnes contre 3,89 milliards l’année précédente à la même période.

