Le Parlement libanais réuni au palais de l'Unesco, le 19 octobre 2021 à Beyrouth. Photo d'archives Hassan Ibrahim/Parlement libanais
Le Parlement libanais a ouvert jeudi peu après 11h au palais de l'Unesco à Beyrouth sa session plénière, dont l'ordre du jour comprend 35 points, certains ayant trait à des questions budgétaires. Toutefois, ce sont les amendements à la loi électorale pour les législatives de 2022 qui doivent figurer en tête des débats, après que le chef de l’État Michel Aoun a refusé de signer ces amendements, renvoyant le texte à la Chambre.
"Je convoquerai des séances législatives tous les dix jours", a fait savoir le président du Parlement, Nabih Berry, selon notre correspondante sur place Hoda Chedid. "Je souhaiterai que l'ordre du jour soit entièrement débattu aujourd'hui car le Premier ministre Nagib Mikati doit se rendre à l'étranger pour assister à une conférence", a ajouté M. Berry, plaidant pour l'accélération des discussions dans l'Hémicycle.
Mardi, les commissions parlementaires mixtes s'étaient prononcées en faveur des amendements à la loi électorale qui prévoient, entre autres, l'avancement de la date du scrutin du 8 mai au 27 mars 2022, et le vote des Libanais de l'étranger en faveur de 128 députés au lieu de six. Le chef de l’État et le député Gebran Bassil, à la tête du Courant patriotique libre, s'opposent à ces amendements. La question avait provoqué un durcissement du bras de fer politique entre le CPL et le mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry.
Ces amendements devraient vraisemblablement être avalisés par la Chambre, aujourd'hui, la majorité absolue (65 députés) étant requise. Mais M. Bassil avait prévenu que sa formation comptait présenter un recours devant le Conseil constitutionnel. Une action qui risque de retarder, voir faire capoter la tenue du scrutin au printemps prochain, selon certains observateurs.
La date anticipée du 27 mars 2022 pour les élections législatives, approuvée par le Parlement le 19 octobre, avait été justifiée par le mois de jeûne du ramadan, prévu en avril, ce qui aurait risqué selon plusieurs formations politiques d'avoir un impact sur la campagne électorale dans le cas d'un scrutin en mai. Après avoir refusé de parapher le texte, le président Aoun a renvoyé la loi électorale au Parlement et dénoncé "des violations" "notamment le raccourcissement du délai constitutionnel de la date des élections législatives". Le chef de l’État reprenait ainsi les arguments avancés par Gebran Bassil. Le mouvement Amal avait accusé le CPL d'"exploiter la signature du président de la République et son droit constitutionnel" de renvoyer les lois au Parlement.
Les élections législatives sont perçues par nombre de Libanais comme un premier tremplin vers le changement de la classe au pouvoir, accusée par une importante partie de la population de corruption et d'incompétence.

