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Société - Explosions au port de Beyrouth

Une nouvelle victime succombe à ses blessures

Hassane Diab assigne l'Etat libanais en justice afin de faire annuler les décisions du juge Bitar à son encontre. 

Une nouvelle victime succombe à ses blessures

Vue sur Beyrouth et des conteneurs du port, en juillet 2021. Photo AFP

Presque quinze mois après la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, une nouvelle victime vient de succomber à ses blessures. Abbas Mazloum avait 38 ans au moment des faits : il a été atteint à la colonne vertébrale et était resté paralysé depuis.

Il était chef cuisinier dans un restaurant de Mar Mikhaël, l’un des quartiers les plus touchés par l’explosion. Alité depuis le drame et vivant dans d’atroces souffrances, il est décédé mercredi selon notre correspondante Sarah Abdallah. Originaire de Hour Taala dans la Békaa où il a été inhumé cet après-midi, Abbas Mazloum était père de cinq enfants. Ce nouveau décès porte à 220 le nombre de victimes du cataclysme du 4 août 2020. 

Alors que, des mois après le drame, de nouveaux décès continuent d'endeuiller régulièrement l'actualité libanaise, l'enquête locale menée par le juge d'instruction près la Cour de Justice continue de faire l'objet d'obstructions de la part des dirigeants politiques. Les responsables poursuivis par le magistrat refusent en effet de comparaître devant la justice et utilisent tous les moyens légaux possibles pour mettre des bâtons dans les roues du juge Bitar, qu'ils accusent de "politiser" l'enquête. 

Action en responsabilité de l'Etat
C'est dans ce cadre que les avocats de l'ex-Premier ministre libanais Hassane Diab ont présenté mercredi devant la cour de cassation une action en responsabilité de l'Etat pour les "erreurs" commises selon eux par le juge Bitar. Le juge Bitar avait lancé un mandat d'amener à l'encontre de M. Diab, poursuivi pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements". Dans leur plainte, les avocats Rachid Derbas et Amal Haddad, qui représentent Hassane Diab, assignent en justice l'Etat libanais, "représenté par la présidente du département des contentieux au sein du ministère de la Justice". Via cette procédure, ils demandent à l'Etat d'invalider toutes les décisions prises par le juge Bitar à l'encontre de M. Diab, et notamment les poursuites lancées contre lui, estimant que l'ex-PM en a notamment été informé de manière contraire aux usages.
Contrairement aux demandes de dessaisissement des juges, le dépôt d'une telle plainte ne mène pas à la suspension totale de l'enquête, le temps que la cour statue, mais toutes les décisions du juge concernant Hassane Diab, sont, elles, suspendues. Cela concerne donc sa convocation à une audience programmée pour demain jeudi.

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De son côté, l'avocat Samer el-Hage, qui représente les députés Ghazi Zeaïter et Ali Hassan Khalil (chiites, membres du mouvement Amal), également poursuivis dans cette affaire, a présenté une nouvelle plainte devant la cour de cassation, afin que soit "déterminée la juridiction compétente concernant les demandes de dessaisissement du juge d'instruction près la Cour de Justice", selon des informations de la chaîne locale LBCI.

La Haute cour "n'est pas indépendante"
La question de la comparution des présidents, ministres et anciens ministres devant la Haute Cour fait actuellement l'objet de discussions politiques, mais cette éventualité a été catégoriquement rejetée par des comités représentant les victimes de la double explosion survenue le 4 août 2020. Dans un communiqué, les représentants des familles de victimes ont dénoncé de "nouveaux compromis qui placent le sang des victimes et des martyrs sur la table des négociations et des marchandages" entre les partis politiques. Ils ont réitéré leur volonté que l'enquête se poursuive au niveau de la Cour de Justice, et leur attachement à "l'indépendance de la justice". "Il faut que toutes les personnes recherchées, sans exception, se présentent devant Tarek Bitar, sans qu'aucun d'eux ne soit déféré devant la Haute cour". Cette juridiction n'est "ni indépendante ni neutre", ont-ils estimé.

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Le patriarche maronite Béchara Raï avait effectué mardi une tournée auprès des trois pôles du pouvoir et proposé, selon des informations rapportées par notre correspondante Hoda Chédid, un règlement selon lequel le juge Tarek Bitar poursuivrait son enquête mais sans le volet relatif aux présidents, ministres et députés qui seraient jugés devant la Haute cour (chargée par la Constitution de cette tâche). La démarche du chef de l’Église maronite était intervenue au lendemain de la notification du chef des FL, Samir Geagea, par les services de renseignement de l'armée, de sa convocation par la justice militaire pour être entendu à titre de témoin dans le cadre des affrontements de Tayouné du 14 octobre, et alors que l'action du gouvernement est bloquée par l'affaire Bitar. Les combats de Tayouné se sont produits en marge d'une mobilisation à laquelle avaient appelé Amal et le Hezbollah contre le magistrat, le 14 octobre. 

Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) français a réitéré dans la journée "son soutien fidèle et constant" aux magistrats libanais et "tout particulièrement" au juge Bitar. 



Presque quinze mois après la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, une nouvelle victime vient de succomber à ses blessures. Abbas Mazloum avait 38 ans au moment des faits : il a été atteint à la colonne vertébrale et était resté paralysé depuis.Il était chef cuisinier dans un restaurant de Mar Mikhaël, l’un des quartiers les plus touchés par l’explosion. Alité depuis...

commentaires (5)

Allah yirham Abbas et qu'il donne patience et réconfort à toutes les familles des victimes!

Wlek Sanferlou

20 h 04, le 27 octobre 2021

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Commentaires (5)

  • Allah yirham Abbas et qu'il donne patience et réconfort à toutes les familles des victimes!

    Wlek Sanferlou

    20 h 04, le 27 octobre 2021

  • RIP à cette victime. Qu'elle repose en paix.

    radiosatellite.online

    18 h 20, le 27 octobre 2021

  • En principe, il y a quatre pouvoirs, le pouvoir exécutif, le législatif, le judiciaire et celui de la presse et des médias. Au Liban, ils ont tous été mélangés et le pouvoir reste celui du plus fort comme au moyen-âge. Si ces quatre pouvoirs ne sont pas réhabilités et bien différenciés, le pays ne peut vivre ni se développer. Il va donc encore régresser ! Nous ne sommes pas encore au fond de la piscine !

    TrucMuche

    17 h 41, le 27 octobre 2021

  • L'on devrait renvoyer le patriarche à ses chères études de théologie, en circonscrivant l'enquête du juge aux simples balayeurs du port , il absout tous les responsables politiques de toutes mesures répressives. La vérité ne doit pas être sacrifiée sur l'autel d'intérêts personnels et le double langage, qu'il tient entre ses homélies du dimanche et à l'issue des entretiens avec ceux impliqués, au moins indirectement, dans l'explosion du port dénote une grande ambiguïté a l'égard du juge Bitar.

    C…

    17 h 18, le 27 octobre 2021

  • Que dieu ait son âme. Cependant les politiciens pourris continuent à protéger les assassins et inventent de nouvelles batailles pour faire oublier celle du port. Quel est donc le courant courageux et patriotique qui va mettre tout son poids pour aller appuyer le juge Bitar pour que tous ces barbares se retrouvent derrière les barreaux et pour qu’enfin nos morts puissent reposer en paix et que leurs familles, proches et amis puissent faire ce deuil impossible.

    Sissi zayyat

    17 h 16, le 27 octobre 2021

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