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Nos Lecteurs ont la Parole

Se rappeler qu’on s’aime

Je vous écris aujourd’hui pour semer un peu de lumière dans votre journée.

Je vous écris aujourd’hui pour vous dire que vous n’êtes pas seuls.

Je vous écris aujourd’hui pour vous dire que, malgré tout, on n’est jamais vraiment seuls.

Je ne vais pas faire semblant.

Aujourd’hui, rien ne va.

Ou presque.

On se lève tous les matins le cœur lourd.

On s’habille afin d’avoir l’air décent.

On va au travail et on salue ses collègues afin d’avoir l’air décent.

Mais, au fond, on le sait tous : la veille, on s’est endormis dans la crainte du lendemain et des jours à venir. Dans la crainte de l’avenir. Dans la crainte de la vie.

Voilà le quotidien de nous autres Libanais. Nous autres qui sommes toujours en cette terre incertaine.

Pas très joyeuses comme phrases à lire aux premières heures de la journée.

Et pourtant, je viens tenter de semer une lueur d’espoir en cette journée qui ne s’annonce peut-être pas très gaie.

Ceci est un mot pour se rappeler qu’on n’est jamais bien seuls.

Jamais, lorsqu’on est libanais.

Ce navire dans lequel on semble tous couler, on le partage.

Et jusqu’à la fin, il faut se protéger.

Jusqu’à la fin, il faut protéger ses bien-aimés.

La crise actuelle nous a privés de tant de choses, mais pourtant, il nous reste encore la capacité d’aimer.

Celle-ci est gratuite et infinie.

Permettons-nous d’en user à n’en pas finir.

Mais quand les choses vont mal, l’homme a tendance à filtrer le positif de sorte à se protéger.

Se protéger en s’attendant toujours au pire.

Et pourtant, ma collègue répète sans cesse que « la vie est belle ». La vie est belle.

Et sans cesse, comme seules réponses, ce sont les regards meurtriers qui disent haut et fort : « Est-ce qu’elle est vraiment si naïve que ça ? »

Et pourquoi pas ? Pourquoi serait-elle naïve de pouvoir encore espérer ? Pour ma part, je trouve ça magique. Je dirais même que je l’envie.

Parce qu’au fond, oui, on peut encore espérer.

Évidemment, on ne peut pas espérer que nos problèmes soient miraculeusement réglés après une bonne nuit de sommeil qui porte conseil.

On peut encore espérer d’être entourés.

On peut encore espérer d’aimer.

On peut encore espérer d’être aimés.

En ces temps bien moroses, en ces temps bien difficiles, je vous écris pour vous dire que vous n’êtes pas seuls. Je vous écris pour vous dire que, malgré tout, on n’est jamais vraiment seuls.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut se le rappeler, et le rappeler à ceux qu’on aime. Ceux qu’il nous reste.

C’est simple.

« Si tu as besoin de parler, tu sais où me trouver. »

« Tu fais ce que tu peux avec ce que tu as, et c’est déjà assez. »

« Je suis là, si jamais… »

Et tellement plus encore.

Parce que oui, il faut se le rappeler.

Il faut se rappeler qu’étant humains, nous ressentons les mêmes émotions.

Certes, à différentes échelles.

Mais nous ressentons tous le mal dans lequel nous nous trouvons actuellement.

Et aujourd’hui plus que jamais, il faut se protéger et protéger ceux qu’on aime.

Il faut se permettre d’être vulnérable.

Il faut se permettre d’aimer.

Et il faut se permettre de se le dire.

Aujourd’hui, nous sommes tout ce qui nous reste.

Pour l’instant.

Pour ceux qui sont toujours là.

Et ceux qui le resteront.

Alors permettons-nous de se le dire.

Permettons-nous de se dire qu’on s’aime.

Permettons-nous de prêter une épaule à qui aurait besoin de verser quelques larmes.

Permettons-nous de verser quelques larmes à qui nous prête son épaule.

Permettons-nous de prêter un sourire à qui aurait besoin de rire.

Permettons-nous de rire à qui nous prête un sourire.

Permettons-nous de prêter un cœur à qui aurait besoin d’amour.

Permettons-nous d’aimer à qui nous prête un cœur à enlacer.

Parce que nous sommes tout ce qu’il nous reste.

Et il faut s’aimer.

Et il faut se le rappeler.

En ce matin comme tous les autres, je vous souhaite de donner et recevoir de l’amour en ces visages qui vous sont presque habituels.

En ce matin comme tous les autres, je veux vous rappeler qu’on n’est jamais vraiment seuls, qu’on a toujours quelqu’un à aimer, qu’on a toujours quelqu’un qui nous aime.

Et je vous invite à vous le rappeler.

Théa CHAMMAS

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Je vous écris aujourd’hui pour semer un peu de lumière dans votre journée.Je vous écris aujourd’hui pour vous dire que vous n’êtes pas seuls.Je vous écris aujourd’hui pour vous dire que, malgré tout, on n’est jamais vraiment seuls.Je ne vais pas faire semblant.Aujourd’hui, rien ne va. Ou presque.On se lève tous les matins le cœur lourd.On s’habille afin d’avoir l’air...

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