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Nos Lecteurs ont la Parole

Les voyous en col blanc

Dans les Pandora Papers, nous sommes au top du palmarès. Notre prétendu système démocratique et libéral a permis tous les excès et tous les profits. Mais le système, ce sont des êtres en chair et en os et bien connus de tous. Leur principe est le suivant : si on ne peut pas tout acheter avec de l’argent, on peut tout acheter avec beaucoup d’argent. Sous couvert de défendre la misère des gens, nos dirigeants ont abusé, avec une gestion mafieuse, du pouvoir qu’ils avaient. Ils prétendent en plus corriger la justice. Nous les nommons tous en privé, sans les dénoncer légalement. La perversion qu’ils pratiquent est érigée en culture, presque recherchée par tous les Libanais. Et pourquoi pas moi, se dit tout un chacun. Nos pervers se flattent de leur savoir-faire, de leur malice. C’est, à la limite, une jouissance asexuée à laquelle succombe la majorité des responsables au Liban.

Dans notre malaise socio-économique, on ne peut ignorer la souffrance de chacun autour de nous. Nos symptômes font lien avec le social. Dans son livre Malaise dans la Civilisation, Freud nous rappelle : « Le sujet ou l’homme moderne est amené de plus en plus à s’installer dans un régime de répression contre ses pulsions sexuelles et ses pulsions agressives afin de faire face à une société de plus en plus exigeante vis-à-vis des tendances naturelles. » Nos dirigeants dominants ont abusé et bafoué notre société. Aucun consensus n’est établi pour un Liban prospère, un Liban harmonieux, un Liban apaisé. Aucune infrastructure après tous les dégâts de la guerre. Nous sommes face à une dictature du fait accompli. Il y a une mainmise sur l’État, sur l’administration. Il y a une neutralisation des forces armées, il y a terrorisme et menaces envers les magistrats, il y a blocage de tous les secteurs du pays. Cette violence sourde et sournoise fait des ravages sur le plan psychologique et une perturbation dans les relations intersubjectives. Le pays est envahi par un intégrisme rampant, combatif, arrogant, sans aucun dialogue.

Sans dialogue, c’est que l’autre n’existe pas, et toute approche rationnelle n’a pas sa place. Tous les rouages sont en souffrance, l’éducation en déclin, la liberté en veilleuse, l’économie en berne, aucune vision d’avenir. En fait une société fracturée, d’une part un groupe dominant avec armes à l’appui, de l’autre un groupe abusé, non défendu jusqu’à maintenant. Le soulèvement de la Thaoura n’est que le début pour éclairer l’avenir et corriger la voie à suivre. Avec un gouvernement sans plan et sans vision, les espoirs sont limités dans l’attente d’un soutien de l’extérieur. Le Liban a besoin d’un dialogue intérieur et d’un échange avec le monde libre. Nous devons définir quel Liban et quelle culture nous voulons, malgré nos convictions différentes. C’est un projet de société qu’il nous faut. Nous avons des compétences. Des personnes de bonne volonté pour dialoguer et trouver l’équation satisfaisante. Sinon notre malaise continue.

Malaise par la fuite des jeunes diplômés.

Malaise par la fuite de nos médecins.

Malaise par la perte des forces vives du pays (forces créatives et innovantes).

Malaise par la perte de toute possibilité de réflexion, d’échange et de construction.

Malaise par l’instauration d’un obscurantisme rétrograde.

Malaise du poids des déplacés et des étrangers sur notre territoire et leur possible naturalisation.

Malaise en empêchant la femme de participer activement dans le développement du pays.

Le Liban a besoin de bienveillance pour éviter l’agressivité dominante et les invectives. On a grand besoin de compréhension et de mesure. Des personnes de bonne volonté pourront travailler ensemble pour recouvrer l’indépendance et la liberté nationale. Ils pourront dessiner l’avenir du Liban, écarter et juger la mafia d’État qui sévit actuellement. Chacun d’entre nous peut agir en force et en clairvoyance. Une levée en masse peut agir et peut sortir le pays de son isolement imposé et de sa ruine économique. Une action pour lever l’hypothèque de l’avenir de nos jeunes, pour libérer leur rêve.

Les contacts avec les Libanais de l’extérieur ouvriront les voies aux échanges avec le monde libre. Les contacts avec les instances internationales nous aideront à profiter des nouveautés scientifiques. Car seuls les hommes libres peuvent négocier et établir un dialogue positif entre les peuples.

Psychiatre psychanalyste

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Dans les Pandora Papers, nous sommes au top du palmarès. Notre prétendu système démocratique et libéral a permis tous les excès et tous les profits. Mais le système, ce sont des êtres en chair et en os et bien connus de tous. Leur principe est le suivant : si on ne peut pas tout acheter avec de l’argent, on peut tout acheter avec beaucoup d’argent. Sous couvert de défendre la...

commentaires (1)

CE N'EST PAS DANS MES CAPACITES DE COMMENTER CETTE ANALYSE. MAIS JE PEUX QUAND MEME AJOUTER UNE PETITE NOTE: LES CRAPULES MAFIEUSES , LES VOYOUS AU COL BLANC COMME LES APPELLE DR .AKL N'EN N'ONT PAS L'EXCLUSIVITE . LES VOYOUS SONT PARTOUT AILLEURS, DANS CHAQUE COIN ET RECOIN DE NOTRE SOCIETE. POUR PREUVE LES CARTELS QUI POUSSENT 13 A LA DOUZAINE, DEPUIS L'EPICIER DU COIN JUSQU'A L'IMPORTATEUR D'ESSENCE .

Gaby SIOUFI

10 h 28, le 21 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • CE N'EST PAS DANS MES CAPACITES DE COMMENTER CETTE ANALYSE. MAIS JE PEUX QUAND MEME AJOUTER UNE PETITE NOTE: LES CRAPULES MAFIEUSES , LES VOYOUS AU COL BLANC COMME LES APPELLE DR .AKL N'EN N'ONT PAS L'EXCLUSIVITE . LES VOYOUS SONT PARTOUT AILLEURS, DANS CHAQUE COIN ET RECOIN DE NOTRE SOCIETE. POUR PREUVE LES CARTELS QUI POUSSENT 13 A LA DOUZAINE, DEPUIS L'EPICIER DU COIN JUSQU'A L'IMPORTATEUR D'ESSENCE .

    Gaby SIOUFI

    10 h 28, le 21 octobre 2021

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