Le député Ibrahim Kanaan a accusé la Banque du Liban et l’État de vouloir « faire endosser leurs pertes aux déposants » en leur imposant une importante décote. Photo ANI
Moins de 24 heures après avoir été confirmée par la Banque du Liban (BDL), la prolongation pour quatre mois du mécanisme de retrait, en livres libanaises et au taux de 3 900 livres pour un dollar, des devises enregistrées sur les comptes bloqués par les restrictions bancaires depuis l’automne 2019, a suscité plusieurs réactions enflammées.
Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, a par exemple accusé la banque centrale et l’État de vouloir « faire endosser leurs pertes aux déposants » en imposant une décote de plus de 85 % de leurs dépôts. Il s’est aussi interrogé sur les raisons qui avaient poussé la BDL à ne pas augmenter le taux de conversion applicable aux retraits via la circulaire, voire autoriser qu’une partie puisse être retirée en dollars, deux demandes formulées par la commission selon lui. Il a enfin assuré ne pas avoir reçu de réponse claire à ce sujet de la part de la BDL à qui il réclamait une « étude » afin de fixer la position de la commission.
Si le député assure vouloir œuvrer dans l’intérêt des déposants en demandant depuis mi-juin de relever le taux de retrait adopté quand le taux dollar/livre était inférieur à 10 000 livres pour un dollar sur le marché parallèle, sa mobilisation peut à raison être jugée tardive dans la mesure où la monnaie nationale a dépassé cette barre depuis plusieurs mois.
Les banques prises pour cible
La circulaire a également fait réagir une partie des déposants ainsi que les banques. Dans deux communiqués publiés mercredi soir, l’Association des déposants au Liban, un rassemblement qui se veut défenseur des droits des clients lésés par les banques, a pour sa part appelé les Libanais à « occuper » les différentes banques du pays, avant de demander aux employés des établissements de ne pas se rendre à leur lieu de travail.
L’Association des banques (ABL) a rapidement réagi aussi en condamnant le fait que les établissements de crédit soient « pris pour cibles de façon systématique depuis plus de deux ans » par « ceux qui prétendent » protéger les déposants. Elle a aussi souligné qu’elle n’était pas « une autorité de régulation », mais qu’elle appliquait « les circulaires émises par la BDL et les lois approuvées par le Parlement ». Elle a enfin signifié son opposition à l’option du “haircut” (décote) et son soutien à l’instauration d’un contrôle formel des capitaux. Des vœux pieux qui, comme ceux des députés, ne se sont pas traduits par des actes en deux ans de crise, où la valeur réelle des avoirs des Libanais a fondu à cause de la dépréciation de la livre et des restrictions bancaires.
En réponse au communiqué de l’ABL, l’Association des déposants au Liban, a d’ailleurs accusé les banques de s’être « dérobées pendant deux ans à leurs responsabilités » qui consistaient à « protéger les dépôts » face au caractère “abusif” des circulaires de la BDL.
Pour rappel, la crise actuelle a été provoquée par un essoufflement du système financier libanais dans lequel les banques et la BDL ont trop investi dans une juteuse dette libanaise émise par un État qui s’est révélé gaspilleur et corrompu.


Tous des traîtres et des mafieux de la pire espèce. Ils sont maudits éternellement !
21 h 08, le 01 octobre 2021