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Nos Lecteurs ont la Parole

Je me suis fait une promesse...

Une promesse à moi-même, ça peut paraître peu, mais c’est essentiel dans une vie. Mon frère, grand reporter, a couvert la guerre civile de votre pays dans les années 1980. Il y faisait de très longs séjours, et très fréquemment, jusqu’au jour où il est décédé en septembre 1987.

Entre deux voyages au Liban, il me racontait à quel point il aimait ce pays, à quel point les Libanais étaient des personnes formidables. Il aimait ce pays comme le sien.

Je me suis donc fait la promesse qu’un jour, j’irai, qu’un jour, je connaîtrai ce pays qu’il aimait tant et ces Libanais si accueillants.

En mars 2020, je décide de venir, mon billet d’avion en poche, mon logement réservé et… patatras, le Covid en a décidé autrement, chacun chez soi, personne ne sort… le confinement.

Votre journal m’a permis d’être près de vous, du Liban, pendant tout ce temps, d’avoir des nouvelles, de bonnes et de très mauvaises, heu… surtout de très mauvaises.

Le 4 août a été terrible pour vous et pour moi dans mon petit village qui me tassais, de douleur, pour vous, mais rien n’a retiré une once de mon envie/besoin de venir.

J’aime votre journal, je le reçois vers minuit chaque soir. Une petite sonnerie me l’annonce et je me dis : « Tiens, voilà Beyrouth. »

J’aime votre journal et votre liberté de ton : ne rien laisser passer, tout dire … avec ce ton si particulier qui vous caractérise.

Mais ce n’est pas seulement cela, ce sont les articles que j’aurais pu laisser passer, mais qui ont attiré toute mon attention, sur ces artistes, ces personnes qui donnent envie d’y croire, de croire qu’un jour, la lumière reviendra, qu’un jour, l’essence sera redistribuée dans les voitures, qu’un jour, les Libanais pourront de nouveau manger à leur faim…

Ces bulles d’espoir me permettent d’espérer pour vous.

Alors, la lumière est rare, les denrées sont rares, finalement, tout est difficile au Liban aujourd’hui, mais je viens, je vais venir, dans quelques jours, je serai là, enfin, dans votre pays, et je connaîtrai ce pays que mon frère a tant aimé.

Merci à vous.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Une promesse à moi-même, ça peut paraître peu, mais c’est essentiel dans une vie. Mon frère, grand reporter, a couvert la guerre civile de votre pays dans les années 1980. Il y faisait de très longs séjours, et très fréquemment, jusqu’au jour où il est décédé en septembre 1987.Entre deux voyages au Liban, il me racontait à quel point il aimait ce pays, à quel point les...

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