Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d'archives AFP / JOSEPH EID
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a été entendu mardi pendant deux heures et demi par le procureur adjoint près de la Cour de cassation, Jean Tannous, dans le cadre de plusieurs affaires, y compris de détournement de fonds publics et d'évasion fiscale, et aucune décision n'a été prise à l'issue de cette audition, rapporte la chaîne LBCI.
M. Salamé, qui est soupçonné de "détournement de fonds publics, enrichissement illicite, blanchiment d'argent et évasion fiscale", a démenti ces accusations à plusieurs reprises. En Suisse, une enquête vise le gouverneur depuis plusieurs mois, pour "blanchiment d'argent aggravé en lien avec un éventuel détournement de fonds au détriment de la Banque du Liban". Deux plaintes ont, par ailleurs, été déposées en avril en France à l'encontre de M. Salamé, qui y possède plusieurs biens immobiliers. L'enquête a été confiée début juillet à des juges d'instruction anticorruption.
Arrivé à la tête de la Banque centrale en 1993, M. Salamé, 71 ans, est soupçonné par une grande partie de la population d'avoir, à l'instar des barons de la politique libanaise, mené le pays à la dérive et transféré d'importantes sommes à l'étranger lors de la contestation populaire d'octobre 2019. Il s'en est défendu dans les médias, estimant être un "bouc-émissaire" et affirmant avoir fait fructifier le patrimoine qu'il détenait en 1993, au moment de sa prise de fonction.


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