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Lifestyle - Archéologie

Deux études lèvent le voile sur le mystère de la fosse funéraire des croisés à Sidon

Une nouvelle thèse permet d’en savoir plus sur la mort des soldats au XIIIe siècle.

Deux études lèvent le voile sur le mystère de la fosse funéraire des croisés à Sidon

La fosse funéraire des 25 squelettes. Photo Claude Doumet Serhal

La découverte d’une fosse commune près du château Saint-Louis à Saïda, au Liban-Sud, remonte à 2015, lorsque la mission du British Museum, dirigée par l’archéologue Claude Doumit Serhal, menait sa 17e campagne de fouilles sur le site de l’ancien American College. Les archéologues avaient alors exhumé 25 squelettes d’hommes qui avaient péri de mort violente, comme en témoignent les blessures sur le crâne et les fractures des os. Leurs corps avaient été jetés dans une fosse et brûlés. Grâce à la datation au radiocarbone, les spécialistes ont pu attribuer ces restes humains aux croisés, décédés lors des batailles de 1253 ou 1260.

À la suite de cette découverte, les restes de neuf squelettes ont été transférés au laboratoire de l’institut britannique de recherche génomique, le Wellcome Sanger Institute, à Cambridge, où les chercheurs, parmi lesquels le Libanais Marc Habre, ont produit des séquences complètes du génome de l’ADN des os. Dans leur étude publiée en avril 2019 dans l’American Journal of Human Genetics (et reprise par L’Orient-Le Jour), ils confirment qu’il s’agissait bien de croisés qui avaient mené de nombreuses expéditions entre 1095 et 1291. « Les séquences de génomes donnent une vision sans précédent du passé. » L’équipe du Wellcome Sanger Institute a pu aussi déduire l’origine des défunts : trois étaient espagnols et sardes ; quatre étaient originaires du Proche-Orient, probablement recrutés pour la bataille; et deux autres possédaient des origines génétiques variées, « suggérant qu’ils étaient issus de mariages mixtes entre les croisés et les peuples du Proche-Orient », affirment les spécialistes dans l’American Journal of Human Genetics.

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Mais les traces génétiques des conquérants européens du XIe au XIIIe siècle n’ont pas perduré dans la région, selon l’étude britannique. Le séquençage de l’ADN des échantillons des personnes vivant au Liban il y a 2 000 ans, à l’époque romaine, et provenant du site Qornet el-Deir, à Jabal Moussa, a démontré que la population libanaise d’aujourd’hui est génétiquement similaire à celle des Libanais de l’époque romaine. Le Dr Marc Habre fait observer que la génération mixte issue de croisés s’est mariée à la population locale et ses traces génétiques ont été rapidement perdues. Ce qui ébranle sérieusement le mythe de descendants des croisés au Liban.

Des blessures caractéristiques

« Tant de milliers de personnes sont mortes de tous les côtés pendant les croisades, et pourtant, il est incroyablement rare que les archéologues trouvent les soldats tués dans ces célèbres batailles.

Les blessures sur leurs corps nous permettent de commencer à comprendre l’horrible réalité de la guerre médiévale », explique Piers Mitchell, chercheur à l’Université de Cambridge, dans une nouvelle étude publiée dans la revue PLoS ONE.

S’appuyant sur les résultats des recherches réalisées par le Wellcome Sanger Institute, Piers Mitchell, archéologue à l’Université de Cambridge, et Richard Mikulski, archéologue à l’Université de Bournemouth, apportent un éclairage sur les blessures infligées aux soldats, les caractéristiques démographiques des croisés, mais aussi les tactiques d’armement.

« Tous les corps étaient ceux d’adolescents ou d’adultes de sexe masculin, ce qui indique qu’il s’agissait de combattants ayant participé à la bataille lors de l’attaque de Sidon. Lorsque nous avons trouvé autant de blessures d’armes sur les os en les fouillant, j’ai su que nous avions fait une découverte spéciale », explique Mikulski.

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L’étude des squelettes a montré que les défunts avaient pour l’essentiel reçu des blessures dans le dos, ce qui pourrait indiquer qu’ils sont été tués alors qu’ils tentaient de fuir. D’autres hommes présentaient des blessures à l’épée dans le cou ; il s’agissait donc de soldats captifs exécutés par décapitation. Le Dr Martin Smith, de l’Université de Bournemouth, note que les observations des os n’ont pu être réalisées qu’au prix d’un travail colossal. « Distinguer autant de corps et de parties de corps mélangés a demandé une énorme quantité de travail, mais nous avons finalement pu les séparer et examiner le modèle de blessures qu’ils avaient subies », souligne-t-il. Mais ces fouilles ont également permis d’en savoir plus sur le traitement subi par les morts. « La façon dont les parties du corps étaient positionnées suggère qu’on les avait laissés se décomposer à la surface avant de les laisser tomber dans une fosse quelque temps plus tard. La carbonisation de certains os suggère qu’ils ont utilisé le feu pour brûler certains des corps », conclut le scientifique.

La découverte d’une fosse commune près du château Saint-Louis à Saïda, au Liban-Sud, remonte à 2015, lorsque la mission du British Museum, dirigée par l’archéologue Claude Doumit Serhal, menait sa 17e campagne de fouilles sur le site de l’ancien American College. Les archéologues avaient alors exhumé 25 squelettes d’hommes qui avaient péri de mort violente, comme en témoignent...
commentaires (3)

Apres avoir lu que Puigdemont etait en Sardinie, ou on parle dans quelques villes le Catalan, une conjecture tout a fait amateuriste de ma part c'est que ces soldats a Sidon/Saida n'etaient pas espagnols et sardes, mais que c'etaient des catalans. Le concept de Espagne est un peu un anachronisme. En fait les croissades a cette epoque se passaient au moyen-orient et au meme moment en Espagne qui n'existait pas encore a ce moment comme Espagne, il y avait la-bas plusieurs royaumes differentes (dont aujourd'hui seulement Portugal et Espagne existent encore). Mais d'apres quelques livres que j'en ai lu, Aragon (Cataluna et Aragon) a longtemps refuse de se battre contre les musulmans de Valencia, de Al Andalus et contre les arabes de Zaragoza. L'emirat taifa Zaragoza a tombe en 1110 dernier chef Banu Hud et puis tombe dans les mains des chretiens en 1118. Je pense que les rois chretiens tel que Ramiro I ou Sancho I de Navarra ou Aragon etaient actifs au meme moment en 'Terre Sainte' (Liban/Jeruzalem etc.) et en Espagne.

Stes David

21 h 39, le 27 septembre 2021

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Commentaires (3)

  • Apres avoir lu que Puigdemont etait en Sardinie, ou on parle dans quelques villes le Catalan, une conjecture tout a fait amateuriste de ma part c'est que ces soldats a Sidon/Saida n'etaient pas espagnols et sardes, mais que c'etaient des catalans. Le concept de Espagne est un peu un anachronisme. En fait les croissades a cette epoque se passaient au moyen-orient et au meme moment en Espagne qui n'existait pas encore a ce moment comme Espagne, il y avait la-bas plusieurs royaumes differentes (dont aujourd'hui seulement Portugal et Espagne existent encore). Mais d'apres quelques livres que j'en ai lu, Aragon (Cataluna et Aragon) a longtemps refuse de se battre contre les musulmans de Valencia, de Al Andalus et contre les arabes de Zaragoza. L'emirat taifa Zaragoza a tombe en 1110 dernier chef Banu Hud et puis tombe dans les mains des chretiens en 1118. Je pense que les rois chretiens tel que Ramiro I ou Sancho I de Navarra ou Aragon etaient actifs au meme moment en 'Terre Sainte' (Liban/Jeruzalem etc.) et en Espagne.

    Stes David

    21 h 39, le 27 septembre 2021

  • ARTICLE TRES INTERRESSANT MERCI OLJ

    LA VERITE

    13 h 51, le 27 septembre 2021

  • Merci à May Makarem pour ces détails historiques qui nous donne une idée de la sauvagerie des guerres des siècles passés. Qu’on le veuille ou pas, les Croisés ont fait partie de l’histoire du Liban.

    Le Point du Jour.

    12 h 44, le 27 septembre 2021

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