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Nos Lecteurs ont la Parole

Le syndrome chinois

Le syndrome chinois

Les drapeaux américain et australien lors d’une réunion entre le Premier ministre australien Scott Morrison et le secrétaire d’État américain à la Défense, Lloyd Austin, le 22 septembre en Virginie. Drew Angerer/Getty Images/AFP

La décision de l’Australie de mettre un terme brutal au contrat du siècle avec la compagnie française Naval Group sur l’achat de douze sous-marins a fait l’effet d’une bombe en France. Dans la foulée de cette affaire, Paris a rappelé ses ambassadeurs en poste en Australie et aux États-Unis. Il s’agit d’une première dans l’histoire. De surcroît, cette affaire a fait des remous en Europe. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est sortie de ses gonds lors de son entretien exclusif avec Christiane Amanpour sur CNN le lundi 20 septembre 2021 en déclarant que « l’un de nos États membres a été traité d’une manière qui n’est pas acceptable… Nous voulons savoir ce qui s’est passé et pourquoi ».

Pour comprendre la décision australienne, il faut d’abord se rappeler qu’il n’y a jamais eu de guerre entre la France et les États-Unis, ou entre la France et l’Australie. Bien au contraire, des soldats américains et des soldats australiens sont décédés en combattant au côté des Français durant les deux guerres mondiales. Ils sont enterrés sur le sol français.

La raison profonde du désistement australien pourrait s’appeler métaphoriquement « le syndrome chinois ». En effet, le torchon brûle aujourd’hui entre l’Australie et la Chine. L’Australie pense qu’elle est soumise à des vexations économiques et technologiques de la part de la Chine. De même, la Chine pense que l’Australie lui mène la vie dure. C’est dans ce climat de méfiance extrême que l’Australie observe avec grande inquiétude la montée en puissance des capacités militaires de la Chine, en particulier de ses forces navales. Si la puissance maritime chinoise domine les voies navigables asiatiques, l’Australie serait à la merci totale du géant chinois dans un avenir proche.

C’est donc dans ce contexte d’eau trouble que se forme le partenariat, appelé AUKUS (acronyme des noms anglais Australia, United Kingdom, United States). Cet accord entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne se base sur des sous-marins à propulsion nucléaire. Cette alliance est exceptionnelle par le fait qu’elle ne se base pas sur une technologie traditionnelle, mais sur une technologie ultrasecrète et ultrasophistiquée, en l’occurrence des sous-marins à propulsion nucléaire. Par cet accord, les États-Unis consentent à partager leur technologie sous-marine fort précieuse avec l’Australie, après l’avoir déjà fait avec la Grande-Bretagne.

La décision de l’Australie de se désister du projet de sous-marins français n’est donc pas motivée par le fait que le projet est déjà trop onéreux ou trop en retard par rapport aux attentes initiales. Elle est surtout motivée par la volonté de l’Australie de faire front à la Chine via une coopération avec le tout puissant Oncle Sam tout en obtenant la pointe de la technologie sous-marine au monde. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la décision australienne.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


La décision de l’Australie de mettre un terme brutal au contrat du siècle avec la compagnie française Naval Group sur l’achat de douze sous-marins a fait l’effet d’une bombe en France. Dans la foulée de cette affaire, Paris a rappelé ses ambassadeurs en poste en Australie et aux États-Unis. Il s’agit d’une première dans l’histoire. De surcroît, cette affaire a fait des...

commentaires (1)

je propose une solution a m. Macron- je fais comme nos illustres neo ministres : -se joindre au trio du traite AUKUS . -cesser de flirter avec l'iran etant pt't recommande sinon conditionnel.

Gaby SIOUFI

10 h 38, le 24 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • je propose une solution a m. Macron- je fais comme nos illustres neo ministres : -se joindre au trio du traite AUKUS . -cesser de flirter avec l'iran etant pt't recommande sinon conditionnel.

    Gaby SIOUFI

    10 h 38, le 24 septembre 2021

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