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Société - Crise au Liban

L'ONU a commencé à livrer du carburant aux établissements de santé et de l'eau

La coordonnatrice humanitaire de l'ONU appelle le gouvernement à n'épargner "aucun effort pour mettre en œuvre des solutions durables à la crise énergétique".

L'ONU a commencé à livrer du carburant aux établissements de santé et de l'eau

Une station d'essence fermée à Beyrouth, le 22 septembre 2021. REUTERS/Mohamed Azakir

La coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations Unies pour le Liban, Najat Rochdi, a annoncé jeudi que l'ONU a commencé à livrer du carburant aux établissements essentiels de santé et de l'eau à travers le Liban, plongé dans une crise sans précédent depuis deux ans.

Cette initiative a été faite dans le but "d'assurer la continuité des services aux populations les plus vulnérables touchées par la crise de l'énergie et du carburant", affirme un communiqué diffusé par le bureau de la coordinatrice. "Les graves pénuries d'électricité et de carburant qui ont touché le Liban au cours des dernières semaines entravent la fourniture de services essentiels, notamment les soins de santé et l'eau, et ont entraîné d'énormes difficultés supplémentaires pour toutes les populations, dénonce le communiqué. La pénurie de carburant a également posé des défis opérationnels supplémentaires à la communauté humanitaire qui aide les populations les plus vulnérables du pays". 

Plus tôt dans la journée, Électricité du Liban (EDL), en charge du réseau électrique du pays, avait prévenu que tout le territoire risquait d'être plongé dans un blackout total d'ici la fin du mois, en raison d'une insuffisance de production de courant.

"Afin d'atténuer les souffrances et de prévenir les pertes de vies humaines, j'ai demandé au Programme alimentaire mondial (PAM) au Liban d'élaborer un plan d'urgence d'approvisionnement en carburant pour maintenir les services essentiels de santé, d'eau et d'assainissement aux populations les plus vulnérables", a déclaré Najat Rochdi. 

Plan de trois mois

Selon le communiqué, "ce plan de trois mois, élaboré en collaboration avec l’Unicef, l'Organisation mondiale de la santé et les ONG travaillant sur les questions de santé et dans le domaine de l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), fournira du carburant à tous les hôpitaux publics, centres de soins de santé primaires et dispensaires desservant les collectivités les plus vulnérables dans les différentes régions du Liban". "Il fournira également du carburant à quatre établissements d'eau pour assurer un approvisionnement continu en eau à environ 2,3 millions de personnes à travers le pays", est-il ajouté.

Mme Rochdi a de son côté souligné que "la mise en œuvre de ce plan d'approvisionnement d'urgence en carburant n'aura pas d'impact sur les réserves nationales existantes de carburant, et le programme n'interrompra pas les futures livraisons nationales de carburant"."Tout le carburant sera acheté à un tarif non subventionné et s'ajoutera aux stocks nationaux existants de carburant", a-t-elle ajouté.

Il s'agit d'une "aide d'urgence exceptionnelle d'une durée maximale de trois mois". "La responsabilité d'assurer la fourniture ininterrompue des services de base incombe au gouvernement libanais" rappelle le texte. "J'appelle le gouvernement à n'épargner aucun effort pour mettre en œuvre le plus tôt possible des solutions durables à la crise énergétique actuelle et protéger les droits des familles libanaises à accéder aux services essentiels", a déclaré la responsable onusienne.

Le Liban, qui poursuit sa descente aux enfers depuis le début d'une grave crise à l'été 2019, n'a aujourd'hui plus de liquidités suffisantes pour se procurer le fuel nécessaire pour le fonctionnement de ses centrales électriques, et les générateurs privés, qui prennent normalement le relais lors des périodes de rationnement du courant public, ne parviennent plus à se procurer du mazout en raison de la pénurie de carburant. Pour ne rien arranger, et faute de liquidités suffisantes, la Banque du Liban a presque totalement levé ses subventions en place depuis deux ans sur les carburants et autres produits de première nécessité.

Entre-temps, les autorités continuent de miser sur des solutions à court terme, comme l'importation de fuel irakien. En vertu d'un accord conclu le 23 juillet, Bagdad a accepté de fournir au Liban, chaque mois et pendant un an, entre 75 000 et 85 000 tonnes de carburant. Ces quantités de fuel, dont la teneur en soufre est trop élevée pour les centrales libanaises, sont destinées à être échangées au même rythme contre du carburant compatible fourni par des entreprises tierces choisies selon un processus auquel le Liban et l’Irak prennent part. Le 18 septembre, une première partie d’une cargaison de 31 000 tonnes de gasoil à destination d'EDL a été déchargée.

Dernièrement, les ministres jordanien, égyptien, syrien et libanais de l’Énergie se sont entendus sur une feuille de route pour envoyer du gaz égyptien vers le Liban, via la Jordanie et la Syrie, afin d'alimenter les centrales électriques libanaises. Cette réunion était intervenue à la suite d’un feu vert exceptionnel accordé par les États-Unis pour permettre aux pays arabes de contourner les sanctions américaines (la loi César) visant le régime syrien.


La coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations Unies pour le Liban, Najat Rochdi, a annoncé jeudi que l'ONU a commencé à livrer du carburant aux établissements essentiels de santé et de l'eau à travers le Liban, plongé dans une crise sans précédent depuis deux ans.Cette initiative a été faite dans le but "d'assurer la continuité des services aux populations les plus...

commentaires (1)

Le nouveau gouvernement semble perdu devant l'énorme crise qui paralyse le pays.Soit on hausse les prix des carburants sans se soucier de la pauvreté des gens, soit on bavarde et on fait des projets à la façon de bâtir des châteaux en Espagne ! On attend de voir la suite avec patience.

Esber

23 h 08, le 23 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • Le nouveau gouvernement semble perdu devant l'énorme crise qui paralyse le pays.Soit on hausse les prix des carburants sans se soucier de la pauvreté des gens, soit on bavarde et on fait des projets à la façon de bâtir des châteaux en Espagne ! On attend de voir la suite avec patience.

    Esber

    23 h 08, le 23 septembre 2021

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