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Monde - Crise diplomatique

L’affaire des sous-marins, « un signal d’alarme » pour l’autonomie stratégique des Européens

Macron et Modi veulent « agir conjointement » en Indo-Pacifique.

L’affaire des sous-marins, « un signal d’alarme » pour l’autonomie stratégique des Européens

Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune (à gauche), et son homologue allemand Michael Roth lors d’une réunion à Bruxelles hier. Kenzo Tribouillard/AFP

« Signal d’alarme » pour les Européens, la crise des sous-marins australiens entre la France et les États-Unis alimentait hier le débat à Bruxelles sur l’autonomie stratégique de l’UE et faisait planer une menace sur des discussions commerciales avec Washington et Canberra.

Au-delà de la solidarité affichée par les Européens, Paris a mis sur la table la poursuite des négociations sur le traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie, ainsi que la tenue d’une première réunion du Conseil américano-européen sur les technologies et le commerce, la semaine prochaine aux États-Unis.

Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a appelé l’UE à une « prise de conscience » sur la nécessité de renforcer son autonomie stratégique vis-à-vis de son allié américain, à l’occasion d’une réunion ministérielle à Bruxelles. « Nous devons, sans agressivité ou sans être contre nos alliés, être plus souverains, plus autonomes, plus capables de défendre nos intérêts, de penser par nous-mêmes, on l’a vu dans la crise afghane, on le voit dans cette tension du moment », a-t-il déclaré. « On n’est pas dans un monde gentil, facile, et les Européens doivent être fermes et unis », a exhorté Clément Beaune, se félicitant du « soutien total » affiché la veille par l’UE dans la crise déclenchée par l’alliance indo-pacifique entre Washington, Londres et Canberra, qui a entraîné la rupture par l’Australie d’un contrat de construction de sous-marins par la France.

Il a souligné qu’il ne s’agissait pas d’« un sujet français » mais d’« un sujet européen ». L’affaire remet en question pour Paris la poursuite des négociations sur le traité de libre-échange UE-Australie, alors qu’une nouvelle réunion est prévue en octobre.

Son homologue allemand, Michael Roth, a indiqué comprendre « très bien la déception » française. C’est « un signal d’alarme pour tous dans l’UE », a-t-il jugé. « Une position commune de l’UE est primordiale (...) Nous ne pouvons pas toujours compter sur les autres », a encore souligné le responsable allemand. Dans cette affaire, « il faut regagner de la confiance et ce ne sera pas facile », a-t-il reconnu.

Le retrait chaotique de l’armée américaine d’Afghanistan en août avait déjà relancé la réflexion sur l’autonomie militaire des Vingt-Sept, un thème au cœur du discours de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononcé le 15 septembre devant les eurodéputés à Strasbourg.

Si les dirigeants de l’UE ont exprimé lundi leur soutien à la France, à l’occasion d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les Européens ne sont pas unanimes sur la question d’un gel des négociations avec l’Australie sur le traité de libre-échange.

Pas de « repli »

Le ministre suédois des Affaires européennes Hans Dahlgren a lancé une mise en garde : « Nous devons être ouverts sur le monde. Bien sûr, nous devons défendre nos intérêts stratégiques. Mais nous ne pouvons pas le faire en nous repliant sur nous-mêmes. »

La crise menace aussi la tenue, programmée le 29 septembre à Pittsburgh, du nouveau Conseil américano-européen chargé de coordonner les politiques des deux blocs dans le domaine des technologies et du commerce, qui incarnait un rapprochement transatlantique après des années de tension sous la présidence de Donald Trump. Réclamé par la France en signe de protestation, selon des sources européennes, le report de cette réunion suscite l’hostilité de plusieurs pays membres, dont les pays baltes, traditionnellement alignés sur Washington, mais aussi l’Allemagne. « Il revient à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de décider », a souligné un diplomate européen.

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont entretenus hier en pleine crise des sous-marins australiens et ont réaffirmé leur volonté « d’agir conjointement dans un espace indo-pacifique ouvert et inclusif », a annoncé l’Élysée. Le communiqué de l’Élysée ne fait aucune allusion à la crise diplomatique mais il indique que l’approche de Paris et New Delhi a « pour ambition de promouvoir la stabilité régionale et la règle de droit, tout en écartant toute forme d’hégémonie » dans la zone indo-pacifique, épicentre des tensions entre les géants chinois et américain.

Enfin, des discussions ont été engagées entre l’industriel français Naval Group et les autorités australiennes sur de possibles dédommagements financiers après la rupture du contrat de sous-marins par Canberra, a-t-on appris hier auprès du ministère français des Armées.

Source : AFP


« Signal d’alarme » pour les Européens, la crise des sous-marins australiens entre la France et les États-Unis alimentait hier le débat à Bruxelles sur l’autonomie stratégique de l’UE et faisait planer une menace sur des discussions commerciales avec Washington et Canberra.Au-delà de la solidarité affichée par les Européens, Paris a mis sur la table la poursuite des...

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ENCORE UN COUP HERITE DU TROUBLION D TRUMP , APPLIQUE AVEC FIERTE PAR LE POURFENDEUR DE CE MEME TRUMP, JOE BIDEN. D TRUMP AVAIT BIEN AVERT LES EUROPEENS QU'ILS DEVAIENT S'ATTELER A USER DE LEURS POCHES A EUX POUR SE DEFENDRE ?

Gaby SIOUFI

11 h 08, le 22 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • ENCORE UN COUP HERITE DU TROUBLION D TRUMP , APPLIQUE AVEC FIERTE PAR LE POURFENDEUR DE CE MEME TRUMP, JOE BIDEN. D TRUMP AVAIT BIEN AVERT LES EUROPEENS QU'ILS DEVAIENT S'ATTELER A USER DE LEURS POCHES A EUX POUR SE DEFENDRE ?

    Gaby SIOUFI

    11 h 08, le 22 septembre 2021

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