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Dernières Infos - Enquête sur les explosions au port de Beyrouth

Abbas Ibrahim prêt à comparaître devant le juge Bitar si le ministre de l'Intérieur l'autorise

Abbas Ibrahim prêt à comparaître devant le juge Bitar si le ministre de l'Intérieur l'autorise

Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. Photo d'archives ANI

Le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a assuré dans un entretien samedi à la station Radio Liban libre, qu'il  était "prêt à comparaître devant le juge Bitar", chargé de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth, si le nouveau ministre de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, autorise sa poursuite en justice.

Abbas Ibrahim a affirmé "qu'il se conforme à la loi dans l'affaire des explosions au port de Beyrouth", assurant qu'il n'a "toujours pas reçu une demande de comparution officielle en tant qu'accusé". "Lorsque la loi le permettra, je comparaîtrai devant le juge Bitar", a-t-il précisé. "Si le nouveau ministre de l'Intérieur Bassam Maoulaoui autorise ma poursuite en justice, je comparaîtrai (devant le juge) le lendemain", a ajouté le directeur de la Sûreté générale. "Si quelqu'un veut régler des comptes avec moi, je suis prêt", a-t-il poursuivi. "Certains parents des victimes ont demandé que je comparaisse devant le juge Bitar afin que toutes les personnes impliquées dans ce drame comparaissent devant lui, bien qu'ils aient reconnus qu'aucune responsabilité n'incombait à la Sûreté générale", a-t-il par ailleurs noté.

Commentant la mobilisation des proches des victimes en juillet dernier devant le domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur Mohammad Fahmi, qui avait dégénéré en heurts avec la police et fait plusieurs blessés, le général Ibrahim a affirmé que ces derniers étaient "pacifiques", notant toutefois que certaines personnes se sont infiltrées dans cette mobilisation et seront poursuivies par la justice.

En juillet dernier, des protestataires avaient pris d’assaut l’immeuble dans lequel réside M. Fahmi à Beyrouth, ce dernier ayant refusé d’approuver la comparution devant la justice du général Ibrahim, inculpé par le juge Bitar, au même titre que d’autres personnalités politiques et sécuritaires. La police avait eu recours à des gaz lacrymogènes et était intervenue sur les lieux pour apaiser les tensions, ce qui avait occasionné de nombreux blessés.

Abbas Ibrahim a par ailleurs rappelé qu'il avait déjà été entendu par le juge d'instruction et procureur général près la Cour de justice Fadi Sawan, avant que ce dernier ne soit dessaisi de l'enquête, assurant que M. Sawan n'avait pas déposé de plainte à son encontre. Il a enfin réaffirmé qu'il est "prêt à exécuter tout ce qui lui sera demandé" dans le cadre de l'enquête.

Plus d'un an après la double explosion de plusieurs centaines de tonnes de nitrate d'ammonium et qui a fait au moins 214 morts et plus de 6.500 blessés, dévastant des quartiers entiers de la capitale, l'enquête locale n'a toujours pas donné de résultats. De nombreux responsables poursuivis par le juge d'instruction refusent toujours de comparaître, et les diverses composantes de la classe dirigeante, qui ont rejeté une enquête internationale, sont accusées de tout faire pour torpiller l'enquête. M. Bitar a été confronté à une levée de boucliers après avoir demandé la levée de l'immunité de plusieurs responsables en vue de les inculper.

Le juge Bitar avait également émis deux mandats d'amener à l'encontre du Premier ministre sortant Hassane Diab, poursuivi pour négligence dans ce drame, mais celui-ci avait refusé de comparaître devant le magistrat, soutenu en cela par les figures de la communauté sunnite à laquelle il appartient. Le magistrat a fixé au 20 septembre la date d'une nouvelle audience. Hassane Diab a toutefois quitté le territoire libanais afin de se rendre aux États-Unis pour un séjour familial, selon ses proches. Ce départ a provoqué un tollé parmi les proches des victimes. Jeudi, le juge Bitar avait également émis un mandat d'arrêt par contumace contre l'ancien ministre des Transports et des Travaux publics, Youssef Fenianos, poursuivi pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" et qui a refusé une nouvelle fois d'être interrogé.


Le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a assuré dans un entretien samedi à la station Radio Liban libre, qu'il  était "prêt à comparaître devant le juge Bitar", chargé de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth, si le nouveau ministre de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, autorise sa poursuite en justice.Abbas Ibrahim a...