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Culture - LIVRE

Le prix Nobel de la paix a-t-il vraiment servi la paix ?

« Nobel lil salam... Liman ? » (« Nobel pour la paix... Pour qui ? »), un ouvrage et une table ronde aujourd’hui qui interrogent et interpellent public, gouvernants, lauréats, primés et membres du comité de Norvège.

Le prix Nobel de la paix a-t-il vraiment servi la paix ?

Voilà un livre qui vient à point en ce moment de conflits internes et internationaux où la paix est constamment recherchée, boudée, négligée, voire menacée. Et pourtant, le prix Nobel de la paix, prix prestigieux et convoité (peut-être pour sa mission impossible !), n’est en fait qu’un sujet à débats, pour ne pas dire un sujet où abondent aussi, pour certains, les illusions. Le père Guy Sarkis se penche sur son histoire, pour une lecture nouvelle et une approche d’interprétation de son évolution, à travers un ouvrage en langue arabe intitulé Nobel lil salam... Liman ? (Nobel pour la paix… Pour qui ? – 376 pages - Dar el-Machreq). Un ouvrage qui interroge et interpelle public, gouvernants, lauréts, primés et membres du comité de Norvège.

Lire l’avenir

Originaire de Zahlé, cet enseignant à l’USJ et La Sagesse, âgé de 40 ans, est docteur canonique en théologie de l’Université pontificale La Grégorienne (Rome). Dépendant du diocèse maronite de Beyrouth, le père Guy Sarkis a déjà publié plus de huit opus d’inspiration religieuse oscillant entre réflexion, analyse, philosophie, dialogue et témoignage sur les croyances et la foi.

« L’histoire est utile non pour y lire le passé, mais pour y lire l’avenir » entame cette exergue de Filippo Pananti dès l’ouverture du livre. Le P. Sarkis dévoile ainsi le projet de son dernier livre, fait non seulement de compilation érudite et fouillée, et de sélections historiques pertinentes, mais surtout d’analyse et de réflexion, sur l’institution prestigieuse des prix Nobel. Et pose un regard critique sur une série de plus d’une centaine de lauréats associés à l’idée de la paix.

Ce Nobel de la paix est décerné à ceux ou celles qui ont contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou la réduction des armées, à l’aide humanitaire et à la propagation du progrès pour la paix et la liberté. L’idée initiale d’une telle récompense aurait été suggérée par la pacifiste autrichienne Bertha von Suttner, qui fut un temps la secrétaire particulière d’Alfred Nobel et qui sera aussi la première femme à recevoir le prix, en 1905.

Inspiré après avoir lu l’ouvrage de Keith Lowe, La peur et la liberté. Comment la Seconde Guerre mondiale a bouleversé nos vies, le père Guy Sarkis s’est penché sur les grandes orientations des 120 dernières années via l’analyse du prix Nobel de la paix.

Pertinents, les commentaires de l’auteur font également état de ses doutes quant au réel progrès de l’humanité vers le meilleur…. « Pouvons-nous affirmer que l’homme d’aujourd’hui est plus éthique que ses ancêtres ? Est-il moins hypocrite ? Moins imposteur ? Moins criminel ? s’interroge-t-il. Les barbaries commises aux XXe et XXIe siècles ont discrédité les théories qui chantaient le progrès espéré. Idées de progrès pourtant lancées et défendues par Auguste Comte et Hegel… »

Le père Guy Sarkis a choisi de s’arrêter sur quinze Nobel de la paix sur les plus cent lauréats. Non les plus méritants, ni les plus notoires ni les plus pacifiques, mais ceux qui reflètent le mieux, selon lui, la nouveauté de leur époque.

L’histoire est injuste

Ainsi, Andrei Sakharov, Mère Teresa ou Shirin Ebadi, par exemple, n’ont pas été retenus par l’auteur. Les lauréats récompensés n’ont probablement pas toujours été les plus méritants... On retrouve en revanche les noms de l’ancien vice-président américain Al Gore pour son combat en faveur de l’écologie et contre le réchauffement climatique ; le fondateur de la Croix-Rouge, le Suisse Henri Dunant, pour le droit à la neutralité ; le Français René Cassin pour les droits de l’homme ou encore l’activiste noir américain Martin Luther King pour les droits civiques.

« Un nom ne fait jamais l’unanimité, et il est sujet à de longs et houleux débats, et puis, lorsque le voile est levé, les réactions sont multiples : ovations, protestations, colères… » commente le père Guy Sarkis. « Aujourd’hui, quelques-uns de ces lauréats sont inconnus, d’autres méconnus et oubliés, pourtant, leurs apports n’ont pas été négligeables. L’histoire, il faut le reconnaître, est injuste. On peut apprécier quelques figures et mépriser d’autres, mais on ne peut nier le génie d’aucun », poursuit-il.

Devant ce livre interactif, guère iconoclaste mais exigeant dans son analyse, véritable tremplin de polémique et de discussion, épais et bien informé, il y a un authentique dédale de figures et de personnalités propulsées sur la scène internationale. Des noms qu’il faut savoir décrypter et à qui il faut quand même rendre justice dans le domaine du possible.

« Le lecteur est invité à puiser dans ces pages, conclut l’auteur, non pas de nouvelles informations à ajouter à son bagage culturel, mais une inspiration pour aller de l’avant, à l’exemple des personnalités retenues. »


Voilà un livre qui vient à point en ce moment de conflits internes et internationaux où la paix est constamment recherchée, boudée, négligée, voire menacée. Et pourtant, le prix Nobel de la paix, prix prestigieux et convoité (peut-être pour sa mission impossible !), n’est en fait qu’un sujet à débats, pour ne pas dire un sujet où abondent aussi, pour certains, les illusions. Le...

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