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Politique - Repère

Qui sont les nouveaux ministres du gouvernement Mikati

Une seule femme fait partie des 24 membres du cabinet du Premier ministre désigné.

Qui sont les nouveaux ministres du gouvernement Mikati

Le Grand sérail, siège de la présidence du gouvernement, le 10 septembre 2021 à Beyrouth. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Le gouvernement présidé par Nagib Mikati et qui a vu le jour vendredi, 13 mois après la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée des explosions du 4 août au port de Beyrouth, est composé de 24 ministres répartis à parts égales entre chrétiens et musulmans. Loin d'être une équipe de "technocrates indépendants", comme l'espérait la communauté internationale et une large frange de la population opposée au pouvoir, ces ministres sont tous, dans diverses mesures, affiliés ou proches des formations politiques traditionnelles.

Ci-dessous, un bref aperçu biographique* des ministres du gouvernement Mikati, le troisième dirigé par le milliardaire sunnite originaire de Tripoli, et au sein duquel seule une femme a été nommée.

Président du Conseil : Nagib Mikati (sunnite)

Le Premier ministre libanais désigné, Nagib Mikati. Photo STRINGER / DALATI ET NOHRA / AFP

Trois fois Premier ministre (2005, 2011-2014), Nagib Mikati, homme d'affaires et milliardaire sunnite originaire de Tripoli, est à la tête du Mouvement Azm, un parti politique. Il dirige également avec son frère Taha un vaste empire d'affaires, avec notamment la société M1 Group.


Vice-président du Conseil : Saadé Chami (grec-orthodoxe)

Capture d'écran al-Arabiya

Saadé Chami, affilié au Parti national social syrien (PSNS), fait partie de la quote-part du tandem chiite Amal-Hezbollah et de ses alliés. Vétéran du Fonds monétaire international au sein duquel il a travaillé durant 20 ans, il a également été le secrétaire général de l'autorité des marchés financiers au Liban durant cinq ans. En 2018, il rejoint la National Bank of Kuwait en tant qu'économiste en chef.


Ministre des Affaires étrangères : Abdallah Bou Habib (maronite)

Photo DR

Diplômé de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), Abdallah Bou Habib, considéré comme proche du président de la République, Michel Aoun, détient un doctorat en économie de l'université Vanderbilt dans le Tennessee. Il a commencé sa carrière en 1976 au sein de la Banque mondiale en tant qu'expert économique. Entre 1983 et 1990, il a occupé le poste d'ambassadeur du Liban aux Etats-Unis. De retour à Beyrouth en 2001, il sera jusqu'en 2005 le conseiller en chef du vice-Premier ministre de l'époque, Issam Farès.


Ministre de la Défense : Maurice Slim (grec-orthodoxe)

Photo ANI

Général de brigade à la retraite, Maurice Slim, originaire de Kfarchima, est considéré proche du président de la République. Il a servi en tant que médecin en chef de la troupe entre 2009 et 2011 et chef médical à l'Hôpital militaire.


Ministre de la Justice : Henri Khoury (maronite)

Photo Dalati et Nohra

Juge à la retraite depuis 2019, réputé proche du chef de l'Etat, Henri Khoury a été nommé président du Conseil d'Etat en 2017. Il a fait ses études à l'Université Saint-Joseph et a intégré le corps judiciaire en 1994.


Ministre de l’Énergie : Walid Fayad (grec-orthodoxe)

Photo DR

Consultant de longue date en énergies auprès des sociétés internationales de conseil Booz & Company, Partners in Performance et Booz Allen Hamilton (avec qui il a eu un litige judiciaire controversé), Walid Fayad fait partie de la quote-part du chef de l'Etat. Il est aussi membre du directoire de la compagnie Kyte Partners, basée à Beyrouth. Originaire du Koura, M. Fayad est détenteur d'un doctorat du Massachusetts Institute of Technology. Il est également détenteur de diplômes de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole centrale.


Ministre des Affaires sociales : Hector Hajjar (grec-catholique)

Photo tirée de sa page Facebook

Titulaire d'un doctorat en chirurgie dentaire de l'Université libanaise et d'une licence en activisme social de l'Université Saint-Joseph, Hector Hajjar, 65 ans, a travaillé dans le domaine social, notamment avec l'association Message de Paix qu'il dirige et qui s'occupe des personnes à besoins spécifiques. Il fait partie des ministres relevant du camp du président.


Ministre du Tourisme : Walid Nassar (maronite)

Photo DR

Walid Nassar, natif de Jbeil, est un ingénieur qui a à son actif plusieurs projets d'affaires au Liban et en Arabie saoudite. Il a dirigé la Fédération libanaise de basketball entre 2013 et 2016. Il est diplômé de l'Université Saint-Joseph. Il fait partie des ministres relevant du camp du président.


Ministre de l'Industrie : Georges Bouchikian (arménien orthodoxe)

Photo ANI

Affilié au parti Tachnag, parti allié du président de la République, Georges Bouchikian est propriétaire d'une société qui vend du matériel audiovisuel.


Ministre des Télécommunications : Johnny Corm (maronite)

Photo LinkedIn

Proche des Marada du leader maronite Sleiman Frangié, Johnny Corm est le PDG de la compagnie General Paint, basée au Liban et ayant des activités dans le secteur automobile aux Etats-Unis et en France. Il est détenteur d'une licence et d'un master de l'Université de West Virginia. Entre 1984 et 1990, il a travaillé dans les ventes à Nashville dans le Tennessee.


Ministre de l'Information : Georges Cordahi (maronite)

Photo DR

Figure du petit écran libanais et arabe pour avoir animé entre autres l'émission "Qui veut gagner des millions" dans sa version arabe sur la chaîne saoudienne MBC entre 2004 et 2010, Georges Cordahi fait partie du lot des ministres proches des Marada. En 2011, M. Cordahi a été débarqué de la MBC pour avoir publiquement affiché son soutien au président syrien Bachar el-Assad. Il rejoindra par la suite la chaîne al-Mayadeen, proche du régime syrien et du Hezbollah.


Ministre de la Jeunesse et des Sports : Georges Kallas (grec-catholique)

Photo tirée de sa page Facebook

Georges Kallas est un professionnel des médias et de l'Education. Il a été doyen de l'Université libanaise entre 2009 et 2014. Il a également été éditorialiste culturel au sein du quotidien an-Nahar. M. Kallas est détenteur d'un doctorat de l'Université Saint-Joseph. Indépendant, il fait toutefois partie du lot du Premier ministre Mikati au sein du gouvernement.


Ministre d'Etat pour le Développement administratif : Najla Riachi (minoritaire)

Photo ANI

Diplomate de carrière, Najla Riachi a été promue ambassadrice en 2003 et nommée émissaire du Liban à l'ONU à Genève entre 2007 et 2017. Elle a été directrice du protocole au sein du ministère des Affaires étrangères entre 2018 et 2020, avant de devenir directrice du cabinet du ministre des Affaires étrangères en août 2020. Indépendante, elle fait toutefois partie du lot du Premier ministre Mikati au sein du gouvernement.


Ministre des Finances : Youssef Khalil (chiite)

Photo DR

Le quotidien al-Akhbar (proche du Hezbollah et faisant partie du lot du tandem chiite) affirme que c'est le président du Parlement, Nabih Berry, qui a mis en avant sa candidature, alors que le journal An-Nahar affirme que c'est l'ex-Premier ministre qui l'a fait. Quoi qu'il en soit, Youssef Khalil, actuel directeur des opérations financières au sein de la Banque du Liban, est considéré comme l'architecte des "ingénieries financières" controversées de la Banque du Liban. M. Khalil est également enseignant à l'Université américaine de Beyrouth (AUB) et dirige l'Association libanaise de microfinance qui a reçu des fonds de la part du gouvernement américain.


Ministre des Travaux publics et des Transports : Ali Hamiyé (chiite)

Photo ANI

Proche du Hezbollah, Ali Hamiyé est consultant auprès de la commission parlementaire des médias et des télécommunications, dirigée par le député affilié au Hezbollah Hussein Hajj Hassan. Ali Hamiyé a suivi une partie de ses études supérieures en France et détient la nationalité française. Il enseigne notamment à l'Université libanaise.


Ministre du Travail : Moustapha Bayram (chiite)

Capture d'écran Al-Thaqalayn TV via YouTube

Gravitant dans l'orbite du Hezbollah, Moustapha Bayram est détenteur d'une licence de droit de l'Université libanaise, d'un diplôme général de droit de l'Université arabe ainsi que d'un master en droit financier de l'Université islamique. Il travaille au sein de la Cour des comptes depuis 1998.


Ministre de l'Agriculture : Abbas Hajj Hassan (chiite)

Photo tirée de sa page Facebook

Proche du mouvement Amal de Nabih Berry, Abbas Hajj Hassan est journaliste et travaille pour la chaîne France24 depuis 2010. Il est, entre autres, détenteur d'un doctorat en sciences politiques de l'Université de Toulouse et d'un diplôme en droit de l'Université de Perpignan en 2007. Il a également travaillé avec d'autres médias, notamment l'agence américaine Associated Press et Radio Orient en France.


Ministre de la Culture : Mohammad Mortada

Photo tirée de Twitter

Proche du Mouvement Amal, le juge Mohammad Mortada a servi en tant que magistrat au Mont-Liban. Entre 2015 et 2018, il était le plus jeune membre du Conseil supérieur de magistrature.


Ministre de l'Intérieur : Bassam Maoulaoui (sunnite)

Photo Ani

Juge ayant servi à Beyrouth et dans le Nord, Bassam Maoulaoui, originaire de Tripoli, a été le premier magistrat à organiser une audience en visioconférence en raison de la pandémie du coronavirus. Il fait partie de la quote-part de Nagib Mikati au sein du gouvernement et aurait été choisi par l'ex-Premier ministre Saad Hariri. Avant de prendre sa retraite en 2021, il avait été déféré devant l'Inspection judiciaire et la Cour de cassation l'avait écarté des dossiers qu'il avait entre les mains en raison d'une "suspicion légitime".


Ministre de l'Economie : Amine Salam (sunnite)

Capture d’écran al-Hadath via le compte Twitter du ministre @aminsalamusa

Amine Salam, qui reprend souvent des tweets de Baha' Hariri, frère de l'ex-Premier ministre Saad Hariri, a commencé sa carrière professionnelle en tant qu'avocat d'affaires au sein de la société Shearman & Sterling LLP aux Etats-Unis, après avoir été diplômé de la Harvard Kennedy School et de l'Université La Sagesse à Beyrouth. Il a également occupé le poste de vice-président de la Chambre de commerce arabo-américaine. Il fait partie de la quote-part de Nagib Mikati.


Ministre de la Santé : Firas Abiad (sunnite)

Photo d'archives AFP

Directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le docteur Firas Abiad est devenu un visage familier des Libanais depuis le début de la pandémie de Covid-19, l'établissement qu'il dirige étant en première ligne dans la lutte contre ce virus. Il fait partie de la quote-part de Nagib Mikati. Firas Abiad, chirurgien, a fait ses études à l'Université américaine de Beyrouth où il a également exercé.


Ministre de l'Environnement : Nasser Yassine (sunnite)

Photo DR

Professeur associé à l'Université américaine de Beyrouth et ayant dirigé l'institut Issam Farès de l'AUB entre 2019 et 2020, Nasser Yassine, connu pour sa sympathie pour l'ex-Premier ministre Saad Hariri, fait partie de la quote-part de Nagib Mikati. Il est détenteur de plusieurs diplômes, notamment de la London School of Economics et de la University College de Londres.


Ministre de l’Éducation : Abbas Halabi (druze)

Photo d'archives OLJ

Réputé proche du leader druze Walid Joumblatt, Abbas Halabi, est vice-président de la banque BBAC depuis 2005 et professeur à I'Université Saint-Joseph à Beyrouth (USJ). Ancien magistrat, il dirige aussi le département légal de l'institution. Selon le site de l'Unesco, Abbas Halabi est titulaire d’une licence en droit français et libanais de I'Université Saint-Joseph, d’un diplôme en droit européen communautaire du Centre européen universitaire de Nancy (France), d’un diplôme en droit comparatif du Centre international de droit comparé de Paris, d’un diplôme de l’Institut des Études judiciaires au Liban et d’un D.E.S.S en droit privé de Paris X Nanterre (France).

Ministre des Déplacés : Issam Charafeddine (druze)

Photo ANI

Proche du leader druze pro-Assad Talal Arslane dont il est le conseiller depuis 1991, Issam Charafeddine était pharmacien de profession avant de se convertir en industriel. Il est le vice-président du syndicat des industries chimiques et le fondateur de l'Association des industriels de Aley.


*Source : L'Orient Today/Agences


Le gouvernement présidé par Nagib Mikati et qui a vu le jour vendredi, 13 mois après la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée des explosions du 4 août au port de Beyrouth, est composé de 24 ministres répartis à parts égales entre chrétiens et musulmans. Loin d'être une équipe de "technocrates indépendants", comme l'espérait la communauté internationale et une large...

commentaires (12)

En fait c'st un gouvernement tota;lement affilie aux partis politiques qui nous ont amene la poisse. Je note surtout la presence d'iun certain Saade Chami du parti national Social Syrien... Un parti que prone la grande Syrie. Et ce mec est Vice President du Conseil? Non mais vous rigolez? Vous prenez les libanais, les vrais, pour des imbeciles?

IMB a SPO

17 h 32, le 14 septembre 2021

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Commentaires (12)

  • En fait c'st un gouvernement tota;lement affilie aux partis politiques qui nous ont amene la poisse. Je note surtout la presence d'iun certain Saade Chami du parti national Social Syrien... Un parti que prone la grande Syrie. Et ce mec est Vice President du Conseil? Non mais vous rigolez? Vous prenez les libanais, les vrais, pour des imbeciles?

    IMB a SPO

    17 h 32, le 14 septembre 2021

  • En tout cas, hormis un des ministres ayant des diplômes d’université arabe et islamique je crois… tous les autres ont des diplômes universitaires d’Europe ou des USA…. Pas 1 ministre ayant des diplômes iraniens ou même russe… comme quoi, ceux qui essaient de couper le Liban et libanais de l’occident … leurs efforts néfastes sont voués à l’échec

    radiosatellite.online

    14 h 14, le 11 septembre 2021

  • Le ministre des « affaires sociales » Hector Haddad… c’est celui qui a préconisé les familles de ne plus utiliser des couches papiers pour bébé… revenir aux couches à laver… Estimant que celles en papier jetables sont un luxe…. Ca promet …LOOOL

    radiosatellite.online

    14 h 03, le 11 septembre 2021

  • Vous connaissez qui est CHARLES INGRAM? 2001 : C’est le candidat dans la version britannique de QUI VEUT GAGNER DES MILLIONS  ? Il a réussi l'incroyable défi de remporter 1 million de livres sterling devenant ainsi, la troisième personne à remporter une telle somme dans toute l'histoire de l'émission. Mais en visionnant le programme, les producteurs ont remarqué le comportement étrange de Charles Ingram . Il donnait une bonne réponse après chaque crise de TOUX de sa femme . Les GAINS de Charles Ingram ont alors été annulés lorsque les SOUPÇONS de TRICHERIE ont été confirmés ?? LIBAN On devient MILLIONNAIRE ET ON NE TRICHE JAMAIS !!!! NOUS on observe ...

    aliosha

    12 h 57, le 11 septembre 2021

  • Est-ce parce qu’elle est la seule femme ministre que l’OLJ qualifie Najla Riachi de « minoritaire »? Par ailleurs, elle n’a pas de diplômes?

    Marionet

    12 h 24, le 11 septembre 2021

  • Je note que, parmi ces « élus », beaucoup sont issus de l’AUB ou d’autres universités américaines, ont travaillé ou travaillent encore aux US.

    Marionet

    12 h 22, le 11 septembre 2021

  • 1.On n a pas besoin de tout ce nombre de "Ministres " d abord...lourd fardeau de paiement pour rien. 2.et au moins,la moitié du nombre DOIT erre des ministres femmes!

    Marie Claude

    08 h 37, le 11 septembre 2021

  • Rêvons un peu ! Fasse le ciel que ces ministres aiment enfin leur pays plus que leur poche!

    Marie-Hélène

    06 h 00, le 11 septembre 2021

  • Priere de zoomer sur les montres de fakhamtoun

    Zampano

    05 h 16, le 11 septembre 2021

  • C'est bien un gouvernement fait de personnes indépendantes !!!! sous fifres de nos grands mafieux ... ils ont beaucoup de compétences pour piller et distribuer à leurs chefs ce qui est censé sauver le Liban...

    Zeidan

    22 h 19, le 10 septembre 2021

  • The formation of this new Cabinet shows that the politicians have been inspired by the example of Afghanistan - only one woman. It is shameful. Lebanon deserves a Government working for the interest of the people not for the interest of the political groups.. The Cabinet must draw on a wider section of Lebanese society including women. The world community is worried about the political future of Lebanon.

    Mme Pauline Davidson

    21 h 39, le 10 septembre 2021

  • Tiens, il n’y a plus de ministre de la corruption?

    Gros Gnon

    20 h 58, le 10 septembre 2021

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